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Le tardigrade sera capable de survire à une collision d'astéroïdes

Cet étrange animal pourrait même battre l'espèce humaine en termes de longévité.

17/07/2017 17:38 EDT | Actualisé 17/07/2017 17:38 EDT
Getty Images/Brand X

Même pas mal! Le tardigrade, animal microscopique connu pour sa résistance, serait capable de survivre aux conséquences d'une collision de la Terre avec un astéroïde géant, contrairement à l'Homme, assure une étude.

Surnommé l'ourson d'eau, cet étrange animal boudiné à huit pattes griffues, qui mesure environ un demi-millimètre de longueur, "survivra jusqu'à la mort du Soleil", affirment des chercheurs dont l'étude est publiée vendredi dans Scientific Reports.

Le tardigrade peut donc espérer vivre encore pendant "au moins 10 milliards d'années", soit bien plus longtemps que l'espèce humaine, ajoute l'équipe réunissant des chercheurs de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni) et de l'Université de Harvard (États-Unis).

Sur Terre, on trouve ce superchampion un peu partout, y compris sur certains sommets de l'Himalaya et dans les profondeurs de l'océan.

Considéré comme l'animal le plus indestructible de la planète, le tardigrade — dont le nom signifie "celui qui marche lentement" — est capable de survivre pendant 30 ans sans manger ni boire. Il peut endurer des températures extrêmes, allant de -272 degrés Celsius jusqu'à 150 degrés Celsius, pendant quelques minutes.

Il supporte toutes sortes de pressions extrêmes, et peut vivre dans les profondeurs marines comme dans le vide glacial de l'espace.

Il présente aussi une bonne résistance aux radiations, contrairement à l'Homme.

Autant dire qu'il s'agit d'un cobaye virtuel idéal pour tester sur ordinateur la capacité de la vie à résister à des catastrophes venues du ciel.

"Sans notre technologie qui nous protège, l'Homme est une espèce très fragile. De petits changements dans notre environnement peuvent avoir des conséquences dramatiques pour nous", relève Rafael Alves Batista, de l'Université d'Oxford, coauteur de l'étude. "Il y a beaucoup d'espèces plus résistantes sur Terre. La vie est susceptible de se poursuivre bien après notre disparition", souligne-t-il.

Les chercheurs ont étudié les chances de survie du tardigrade (Milnesium tardigradum) à plusieurs catastrophes venues du ciel, au moyen de plusieurs modèles mathématiques.

De la vie ailleurs dans l'Univers?

Une collision entre la Terre et un gros astéroïde devrait obscurcir le ciel, déclenchant une sorte d'"hiver" brutal, avec une forte baisse de la luminosité et une chute des températures. Cela pourrait être catastrophique pour les espèces dépendantes de la lumière, mais la vie continuera près des cheminées volcaniques au fond des océans qui fourniront de la chaleur, selon les chercheurs.

Seuls les astéroïdes vraiment massifs, susceptibles de faire bouillir les océans, pourraient menacer les tardigrades. Mais aucun n'est susceptible de croiser l'orbite de la Terre, soulignent les chercheurs.

L'explosion cataclysmique d'une étoile (supernova) et les sursauts de rayons gamma (brefs jets de matière très énergétiques) se traduiraient notamment par d'intenses radiations qui détruiraient la couche d'ozone protectrice. "Mais la vie pourrait continuer sous Terre", considère l'étude.

Et la probabilité qu'une étoile massive explose assez près de la Terre pour tuer toutes les formes de vie sur la planète est "négligeable", selon elle. Même chose pour les sursauts de rayons gamma.

La résistance des tardigrades aux événements cosmiques "semble démontrer que la vie, une fois qu'elle a démarré, est difficile à éliminer complètement", souligne David Sloan, de l'Université d'Oxford, coauteur de l'étude.

Un constat qui nourrit l'espoir de trouver un jour de la vie ailleurs que sur notre planète. "Il est possible qu'il y ait d'autres espèces résistantes ailleurs dans l'univers", estime Rafael Alves Batista.

Sur Mars, "des organismes dotés d'une tolérance aux radiations et aux températures similaires à celle des tardigrades pourraient survivre longtemps sous la surface", relève Abraham Loeb, du département astronomie de Harvard et coauteur de l'étude.

Les probables océans sous la surface d'Europe, satellite naturel de Jupiter, pourraient eux aussi présenter des conditions similaires à celles des océans terrestres profonds où l'on trouve des tardigrades.

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