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Festival d'été de Québec 2017: Gorillaz, du virtuel à la réalité

Québec a plongé dans l'univers de la formation britannique.

16/07/2017 00:04 EDT | Actualisé 16/07/2017 00:08 EDT
ROGER PHOTO

QUÉBEC – Le public du Festival d'été de Québec a plongé dans l'univers de Gorillaz, le temps d'un spectacle fort attendu sur les Plaines d'Abraham.

Après le passage très remarqué de Metallica, une toute autre foule était venue voir la formation britannique samedi soir au Festival d'été de Québec. Un peu plus parsemée que la veille, elle n'a pas mis de temps à vibrer au son de l'électro-pop de Gorillaz.

"Hellooooo. Is anybody there?" Un Damon Albarn plein d'énergie est apparu sur scène, flanqué de six choristes, pour débuter en force avec M1A1 de son tout premier album. Il va sans dire que leurs personnages virtuels 2D, Murdoc, Russel et Noodle ont pris part à la fête.

La tournée Humanz, de l'album du même nom paru en avril dernier, varie au gré de la disponibilité des artistes. Quelques invités – Peven Everett, Jamie Principle, Kelela, Danny Brown – étaient disponibles pour chanter aux côtés du groupe à Québec.

ALICE CHICHE via Getty Images

Pour les autres, il y avait moyen d'apparaître en vidéo, sur l'écran géant de la scène. C'était le cas, entre autres, pour le rappeur Vince Staples, qui est apparu tel un hologramme pendant la chanson Ascension. Idem pour Popcaan pendant Saturnz Barz.

« Vous êtes fucking incroyables ! » a dit Damon Albarn, qui troquait le micro pour les instruments et qui est allé serrer les mains des spectateurs plus d'une fois.

Gorillaz avait élevé les attentes, visuellement parlant, pour cet immense spectacle sur les Plaines. Or, ce sont surtout des vidéoclips qui sont apparus pendant les chansons. Pour le reste, on a eu droit à des animations reliées aux thème des chansons, comme cet œil géant qui observait la foule pendant Rhinestone Eyes.

Pas de politique ce soir

Humanz est un album chargé sur le plan politique, qui aborde les thèmes du racisme, de la technologie, des interventions militaires au Moyen-Orient et la croyance trumpien que la Chine a fabriqué le phénomène des changements climatiques de toutes pièces.

Submission a fait honneur à cet esprit de rebellion, avec un diaporama d'images de la Chine communiste. Kelela et Danny Brown – qui ont assuré la première partie du spectacle (à lire plus bas) – ont formé un duo explosif sur scène. On en avait presque oublié Damon Albarn.

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Puis, Strobelite avec l'invité Peven Everett nous a fait oublier le monde politique étrange dans lequel nous vivons en 2017. Le plaisir a augmenté d'un cran avec Sex Murder Party, surtout lorsque le rappeur Jamie Principle s'est avancé sur la passerelle pour dire bonjour aux festivaliers.

Gorillaz s'est permis un moment de nostalgie en s'attaquant à DARE – au grand bonheur de la foule, qui a rugi d'approbation – avant de revenir avec We Got The Power de Humanz. Puis, le groupe a quitté la scène.

Mais pas pour longtemps. Clint Eastwood avait appelé et il voulait son moment de gloire à Québec.

Un généreux rappel

Le groupe est revenu sur scène pour un dernier tour de piste avec Stylo, de l'album Plastic Beach. Damon Albarn a poursuivi avec Kids With Guns, mais c'est réellement le succès Clint Eastwood qui a amené tout le monde à chanter en chœur.

Déjà fini ? Bien sûr que non. Gorillaz a poursuivi avec Don't Get Lost in Heaven, qui a envoûté les Plaines, avant de conclure en beauté avec Demon Days.

Damon Albarn avait sué à grosses gouttes pour faire honneur à la réputation virtuelle de Gorillaz dans ce spectacle live. La satisfaction se lisait sur son visage lorsqu'il a déclaré que lui aussi, aimait Québec. Il ne l'a pas répété autant que Metallica, mais on prend toutes les démonstrations d'amour qui passent.

Danny Brown boude les VIP

La chanteuse de R&B Kelela et le rappeur Danny Brown, qui ont tous deux collaboré à la pièce Submission, ont assuré la première partie de Gorillaz.

Discrète, Kelela a fait l'étalage de son talent pendant environ 30 minutes. L'Américaine d'origine éthiopienne était heureuse de voir que le public appréciait ses chansons, même si elles sont peu connues ici. « Si je n'étais pas noire, je serais en train de rougir », a-t-elle blagué pendant sa chanson Rewind.

Danny Brown a fait lever le « party » alors que le soleil se couchait à l'horizon. Son rap éclectique a surtout ravi la zone populaire – la zone VIP n'était que remplie au tiers – qui entonnait joyeusement Smokin & Drinkin.

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« Quebec, vous êtes des cool motherfuckers. Vous êtes bien le seul fucking festival à recevoir les Backstreet Boys et P!nk! s'est esclaffé le rappeur, avant de faire la leçon à la zone VIP en pointant la zone grand public. Le véritable spectacle a lieu ici! »

Les VIP ont bien tenté de démontrer qu'ils étaient eux aussi prêts à faire la fête, mais c'était peine perdue. Danny Brown les a ignorés pour le reste de son spectacle, ne jouant que pour ceux qui semblaient vraiment s'amuser.

Festival d'été de Québec - 15 juillet 2017

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