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Un an après l'attentat, Nice se recueille et n'oublie pas

«C'est vrai que la vie continue, mais c'est terrible.»

14/07/2017 09:58 EDT | Actualisé 14/07/2017 19:37 EDT

Un an après l'attentat au camion-bélier qui a fait 86 morts, Nice, sur la Côte d'Azur, a pris le temps de se recueillir en cette journée de fête nationale en France.

La foule, composée de nombreux rescapés, s'est rassemblée en silence.

Les Niçois ont déposé, une à une, 12 000 petites tuiles bleu-blanc-rouge afin de former la devise française « Liberté, Égalité, Fraternité » sur le trottoir, à quelques mètres du lieu du massacre. Chacune des tuiles porte le nom des 86 victimes, calligraphié en forme de coeur.

Des livres d'or ont été mis à la disposition du public sur des tables face à la mer.

Quatre-vingt-six bougies ont également été allumées en souvenir des personnes tuées sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

Cette soirée-là, près de 30 000 personnes s'étaient réunies afin d'assister au traditionnel feu d'artifice de la fête nationale française.

Peu après 22 h 30, un camion de 19 tonnes qui roulait sur le boulevard pourtant fermé à la circulation automobile avait foncé sur plusieurs centaines de personnes. En moins de trois minutes, le conducteur, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, avait fait 86 morts, dont 15 enfants, et plus de 450 blessés.

L'attaque a été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI). Toutefois, l'enquête n'a pas confirmé de lien direct entre l'EI et le meurtrier, qui a été abattu à la suite de sa course folle.

Vendredi, après avoir participé aux célébrations du 14 Juillet à Paris, le président français Emmanuel Macron s'est rendu à Nice afin de rencontrer les familles endeuillées, ainsi que le personnel de sécurité et de secours.

Un concert était prévu en soirée, avant un envoi de ballons dans le ciel et l'allumage de 86 faisceaux lumineux. Mais aucun feu d'artifice n'allait retentir dans le ciel des environs.

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Effets post-traumatiques du massacre

En entrevue à ICI RDI, le psychiatre français Jérôme Palazzolo a affirmé que la plupart des réactions de ses patients « sont marquées par un état de stress post-traumatique », d'où la nécessité de prendre en charge ces personnes, de les aider à passer ce cap.

Pour étayer son propos, le Dr Palazzolo a dit avoir vu défiler dans son cabinet des militaires, des policiers et des professionnels de la santé qui avaient soigné des blessés de la tragédie.

« Moi-même, dans ma pratique, je fais ce qu'on appelle les thérapies comportementales et cognitives, c'est-à-dire on travaille sur les comportements et les pensées associées. J'ai eu énormément de personnel de santé, de pompiers, de policiers qui ont été choqués par ce qu'ils ont vu, choqués par ce qu'ils ont eu à gérer ce jour-là », a-t-il relaté.

Nous avons deux petites glandes qui se trouvent au-dessus des reins qu'on appelle glandes surrénales. Et lorsqu'on est dans un état de stress aigu ou un état de stress chronique, ces glandes se mettent à secréter de l'adrénaline, mais également du cortisol, une substance qui a tendance à diminuer les défenses.Jérôme Palazzolo, psychiatre

Il croit qu'il est important de continuer à vivre.

« Je dis souvent aux patients, il ne faut pas qu'ils s'empêchent de vivre; c'est-à-dire, il faut sortir, il faut faire la fête, et ça, sans culpabilité. Parce que c'est un point majeur. La vie continue », a souligné le psychiatre.

« On est sur une trajectoire au long cours. Certes, c'est une date de commémoration, mais il ne faut surtout pas que cela empêche les gens de faire la fête demain ou après-demain », a-t-il ajouté.

Le Dr Palazzolo a admis qu'il y a tout un environnement et toute une ambiance qui ont tendance à majorer les troubles, surtout pour les personnes qui ont un profil anxieux.

L'objectif ce n'est pas de dire "non cela n'existe pas", ce n'est pas vrai. Ce n'est pas non plus de se renfermer chez soi et d'être victime de crises d'angoisse majeures, en disant qu'il peut arriver n'importe quoi n'importe quand.Jérôme Palazzolo, psychiatre

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