POLITIQUE

Julie Payette, la prochaine gouverneure générale, esquive une question sur la pertinence de la monarchie au Canada

« Je ne pense pas que c’est approprié pour moi de répondre à cette question-là à ce moment-ci. »

13/07/2017 20:02 EDT | Actualisé 13/07/2017 20:14 EDT
Chris Wattie / Reuters
L'ancienne astronaute Julie Payette prend part à une conférence de presse pour confirmer sa nomination comme 29e gouverneure générale du Canada, le 13 juillet 2017. (REUTERS/Chris Wattie)

OTTAWA – La prochaine gouverneure générale du Canada a esquivé une question sur la monarchie au Canada, jeudi.

Julie Payette – qui deviendra la représentante de la reine Elizabeth II au Canada – a été questionnée à savoir s'il est toujours pertinent pour le pays d'être gouverné par une monarque.

« Je ne pense pas que c'est approprié pour moi de répondre à cette question-là à ce moment-ci, a-t-elle répondu. [Dans] cette position, que des prédécesseurs incroyables ont occupée, et je vais faire de mon mieux pour faire avancer des sujets, des directions, d'avoir aussi beaucoup d'écoute parce que je pense que c'est vraiment important d'écouter ce que les gens ont à dire dans nos communautés et de faire du mieux que je peux dans le cadre qui nous est offert présentement. »

Mme Payette est la deuxième Canadienne à être allée dans l'espace. Elle a aussi travaillé au Centre de contrôle de mission de la NASA et a servi comme astronaute en chef de l'Agence spatiale canadienne.

Jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que la reine avait accepté la nomination de Mme Payette comme 29e gouverneure générale du Canada.

Tom Freda, un directeur du groupe Citoyens et citoyennes pour une République canadienne, dit qu'il espère que les commentaires de Mme Payette vont susciter une discussion à propos du besoin d'avoir un chef d'État qui vit au Canada et qui est citoyen canadien.

« Elle aurait pu dire qu'elle était fière de la connexion avec la monarchie. Elle a décidé de ne pas le faire. Je pense que c'est une preuve plutôt solide qu'elle a peut-être, à l'extérieur des cercles monarchistes, la vision universelle que le gouverneur général est notre chef d'État de facto et que notre lien avec la monarchie est un héritage colonial », a expliqué M. Freda.

Le ROC aime la reine

Un sondage Ipsos/Global News publié en décembre dernier suggère que les Canadiens sont attachés à la reine, mais une majorité – 53 pour cent – est prête à couper les liens avec la monarchie après sa mort.

Les groupes les plus enclins à vouloir couper les liens avec la monarchie sont les Québécois – 73 pour cent des répondants sont en faveur de cette option – et les milléniaux - qui sont en faveur d'une république à 58 pour cent.

La monarchie n'est pas que symbolique. La reine détient un réel pouvoir – elle peut nommer ou rejeter le premier ministre.

Andrew Milligan/Reuters

« Si [Mme Payette] dit, en fait, qu'elle pense qu'il est temps que l'on coupe nos liens avec la monarchie, elle ne serait pas trop décalée avec d'autres gouverneurs généraux dans d'autres pays du Commonwealth », a soutenu M. Freda en entrevue.

En 2013, la représentante de la reine en Australie, la gouverneure générale Quentin Bryce, disait qu'elle espérait qu'un jour, « une petite fille ou petit garçon puisse grandir et devenir le premier chef d'État de notre nation ».

En 2004, la gouverneure générale de Nouvelle-Zélande, Dame Catherine Tizard, a admis publiquement qu'elle soutenait l'idée d'une république, en principe, et qu'elle en avait même discuté avec la reine.

Les Québécois s'opposent au futur roi Charles

Robert Finch, le président de la Ligue monarchiste du Canada, dit qu'il ne s'en fait pas trop avec les commentaires de Mme Payette.

« D'une perspective monarchiste, bien sûr, nous aimerions toujours entendre un appui clair et fort de la reine et de la monarchie comme institution, mais je pense qu'il est approprié pour la gouverneure générale de ne pas s'engager dans cette conversation... »

« So vous demandiez à la reine elle-même, elle vous donnerait une réponse très, très similaire qu'il revient aux Canadiens de décider. Elle ne dirait pas : 'Bien sûr, la monarchie est la meilleure chose à faire.' »

M. Finch ajoute toutefois qu'il espère que Mme Payette ne partage pas l'opinion de la majorité des Québécois sur l'abolition de la monarchie.

Un sondage Angus Reid en 2016 révélait que seulement 42 pour cent des Québécois soutiennent la reine et que 67 pour cent d'entre eux s'opposent fermement à ce que son fils, le prince Charles, devienne le roi du Canada.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais par Catherine Lévesque.

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