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Des commerçants de la rue Ontario craignent de perdre des dizaines de milliers de dollars à Montréal

L'arrondissement Ville-Marie les force à se départir de leurs terrasses pour accommoder les courses.

13/07/2017 14:04 EDT | Actualisé 13/07/2017 15:24 EDT
AFP/Getty Images

Un groupe de commerçants de la rue Ontario Est s'estiment lésés par l'arrondissement Ville-Marie, qui les force à se départir de leurs terrasses pour accommoder les courses de Formule E.

La rue Ontario n'accueillera pas les activités de la FE (autos électriques), mais le trafic du boulevard René-Lévesque et de l'avenue Viger y sera détourné. L'arrondissement a décidé de retirer le stationnement de rue pour accueillir davantage de voitures et de demander aux commerçants de retirer leurs terrasses, qui débordent sur la rue.

«C'est une très grosse perte pour nous sur la rue Ontario», affirme Fred Cormier, propriétaire du bar la Station Ho.st.

Olivier Robichaud

Celui-ci estime entre 20 000$ et 30 000$ les pertes de revenus s'il ne peut pas garder sa terrasse. À cela s'ajoutent des frais d'au moins 3000$ pour la démonter et l'entreposer.

L'arrondissement a offert de rembourser la valeur du permis de terrasse. Ville-Marie a aussi demandé à l'organisme Montréal c'est électrique de rembourser les frais de démontage jusqu'à concurrence de 2000$. Ces mesures sont toutefois insuffisantes pour M. Cormier.

«Ça ne couvre même pas les coûts!, dit-il. Non seulement ça, mais en plus on est dans les vacances de la construction. Je ne peux pas embaucher quelqu'un pour le faire!»

Il propose de faire passer la circulation sur le boulevard de Maisonneuve ou sur la rue Sherbrooke, deux artères qui abritent principalement des bureaux.

L'arrondissement répond que «les usages de type privatif sur le domaine public sont un privilège et l'arrondissement déploie des efforts considérables pour attirer sur son territoire des événements et activités qui développent le commerce et augmentent la rentabilité des gens d'affaires de Ville-Marie».

Pas dans ma ville

Victor Magalhaes, propriétaire du Grill Barroso, remet en question la pertinence de tenir la Formule E dans les rues de Montréal.

«Le circuit Gilles-Villeneuve, c'est la place pour ça. On dit à nos enfants que la maison n'est pas une piste de course, alors peut-être qu'une ville ce n'est pas une piste de course non plus», lance-t-il.

«Nous ne sommes pas opposés à la tenue de l'événement, précise M. Magalhaes. On en veut des événements, mais il faut que ce soit bon pour tout le monde.»

Eric Alan Caldwell, conseiller de ville pour le district d'Hochelaga, estime que la planification de la Formule E doit être revue de fond en comble.

«La réalité des commerçants locaux n'a pas été prise en ligne de compte dans la planification. Le Grand Prix de Formule E a été parachuté et vient écraser la vie de quartier plutôt que de la dynamiser», déplore M. Caldwell, élu sous la bannière de Projet Montréal.

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Inquiétudes pour les résidents

Le tracé de la Formule E enclavera environ 720 logements situés entre René-Lévesque et Viger, à l'ouest de la tour de Radio-Canada. Une résidente du secteur craint que ses concitoyens vivent des moments bien difficiles.

«Il y a une maison pour personnes âgées. On leur coupe leur service d'autobus», déplore Heidi Miller, tout en réclamant un service de navette pour rejoindre le reste du réseau de transports en commun.

La Ville a envoyé des billets gratuits pour les courses aux résidents enclavés en guise de dédommagement pour les inconvénients. Mme Miller souhaite vendre les siens pour se payer un massage et réduire «le stress vécu à cause de la Formule E».

«Dans notre secteur, nous perdons 14 jours d'été pour accommoder divers événements, comme le marathon. Avec la Formule E, on vient ajouter entre 9 et 30 jours de désagréments», déplore-t-elle.

Rappelons que la Ville accueillera les courses de voitures électriques pour la première fois cet été, les 29 et 30 juillet. L'installation et la désinstallation des équipements s'étalera toutefois du 15 juillet au 9 août, causant certaines fermetures de rues.

Olivier Robichaud

Les BIXI du 375e de Montréal