POLITIQUE

Roméo Saganash s'excuse d'avoir plagié des portions de sa lettre d'opinion

La lettre avait été publiée dans le «Globe and Mail» et «Le Devoir»

05/07/2017 06:08 EDT | Actualisé 05/07/2017 06:08 EDT
Blair Gable / Reuters

Le porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires autochtones, Roméo Saganash, s'est excusé, mardi, d'avoir plagié des portions d'autres déclarations dans une récente lettre d'opinion publiée dans les médias concernant le 150e anniversaire de la fédération canadienne.

La lettre a été publiée le jour de la fête du Canada dans le «Globe and Mail» sous le titre en anglais «150 years of cultural genocide: Today, like all days, is an insult», ainsi que dans «Le Devoir», sous le titre «Remuer le fer dans la plaie».

Dans ce texte, M. Saganash — un survivant des pensionnats autochtones — expose les raisons pour lesquelles il n'a pas le coeur à la fête pour les célébrations du 150e.

Par communiqué, le député fédéral d'Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou a dit mardi avoir commis une erreur en ne donnant pas le «mérite approprié» à des personnes ayant exprimé des idées qui se trouvaient dans son texte.

M. Saganash a affirmé mardi assumer l'«entière responsabilité de cette omission».

Le député fédéral a soutenu qu'il y a une importante leçon à tirer de cette affaire, soit que chacun devrait faire tous les efforts possibles pour s'assurer de donner «la pleine reconnaissance à ceux et celles qui nous fournissent des idées».

«Pendant trop longtemps, les Autochtones ont été privés de voix, et par conséquent j'offre mes excuses aux auteurs pour avoir failli à leur donner le mérite auquel ils avaient droit», a-t-il déclaré.

Dans une note de l'éditeur publiée à la fin de la lettre d'opinion, mardi, le «Globe and Mail» indique qu'une version antérieure du texte n'attribuait pas correctement des écrits à deux auteurs.

Le journal mentionne que la version antérieure incluait en grande partie une citation de l'étudiante et organisatrice communautaire Erica Violet Lee sans attribution, en reprenant cette déclaration en anglais dans la note de l'éditeur.

En français, tel qu'incluse dans les pages du «Devoir», elle se lit comme suit: «Que veut dire être en sécurité et libre dans le contexte d'un État colonial qui célèbre son 150e? Aujourd'hui, on voit partout les lignes de front du combat des Autochtones: qu'il s'agisse des prairies, de la forêt boréale, des rivières, des rues dans les villes, des salles de classe ou des édifices du Parlement. Dans un monde où notre simple existence est un crime et notre présence, une provocation.»

Une citation d'Eric Ritskes est aussi incluse dans le texte signé par M. Saganash sans attribution, indique le «Globe and Mail», qui affirme que de telles omissions enfreignent le code de conduite du journal.

«Le Devoir» publiera mercredi dans sa page Idées une note de la rédaction, une note d'excuse de M. Saganash ainsi que les passages attribués aux deux étudiants. Le texte de M. Saganash ne sera pas repris dans son intégralité.

Dans un «rectificatif» publié mardi soir sur son site internet et signé par la directrice de l'information, Marie-Andrée Chouinard, «Le Devoir» dit ne pas pouvoir «passer sous silence les omissions qui ont été commises».

«Le député néodémocrate Roméo Saganash a puisé dans des écrits rédigés par deux étudiants sans toutefois leur en attribuer le crédit, ce qui est bien sûr contraire aux règles éthiques les plus élémentaires», affirme «Le Devoir».