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Molson va construire une nouvelle brasserie à Montréal

Et l'entreprise investira 500 millions de dollars.

05/07/2017 12:45 EDT | Actualisé 05/07/2017 16:29 EDT
PC/Lee Brown

Une page d'histoire est sur le point de se tourner alors que Molson Coors a choisi de construire une nouvelle brasserie dans la grande région de Montréal plutôt que de moderniser celle qui a ouvert ses portes en 1786 sur la rue Notre-Dame.

Au terme d'une réflexion de deux ans, le brasseur a annoncé à ses employés, mercredi, qu'il comptait investir jusqu'à 500 millions $, sans toutefois dévoiler le site du futur complexe brassicole.

Molson Coors (TSX:TPX.B) indique que les nouvelles installations devraient voir le jour d'ici cinq ans.

"On peut choisir Montréal ou les villes environnantes, a indiqué le directeur des affaires corporatives, Québec et Atlantique, chez Molson Coors, François Lefebvre. Nous désirons un terrain vierge."

Pour le président de la division canadienne, Fred Landtmeters, une nouvelle brasserie qui comprendra des installations d'emballage et de distribution sera plus efficace que l'actuel site sur lequel se trouve la plus vieille brasserie nord-américaine.

Il est toutefois hors de question pour le brasseur établi à Montréal et Denver de simplement plier bagage après 231 années sur les berges du Saint-Laurent.

"Chose certaine, nous voulons conserver une présence ici, a assuré M. Lefebvre. Nous voulons garder quelque chose afin d'honorer la famille Molson."

Pour le maire de Montréal, Denis Coderre, la volonté de l'entreprise de laisser un legs sur la rue Notre-Dame s'inscrit dans la revitalisation de secteurs comme celui entourant la tour de Radio-Canada.

En mêlée de presse, il ne s'est pas inquiété de la possibilité que le brasseur puisse choisir une banlieue de Montréal plutôt que la métropole pour son futur site.

"Nous travaillons ensemble depuis un bout de temps, a dit M. Coderre. Nous sommes en mode solution."

Molson Coors a déjà dit vouloir conserver des activités de microbrasserie et de ventes à son site historique à proximité du Vieux-Montréal. Le reste de l'installation serait vendu pour être redéveloppé sous l'égide de la Ville.

Selon M. Lefebvre, il est encore trop tôt pour dire si le déménagement aura un impact sur les quelque 1000 travailleurs - dont 700 sont syndiqués - répartis dans la brasserie et le centre de distribution, sur la rue Dickson.

Avec un bémol, le président du syndicat à Montréal, Éric Picotte, a affirmé que l'annonce était la "bienvenue" étant donné que Molson compte demeurer à long terme dans la région avec un complexe de trois à quatre millions de pieds carrés.

"L'entreprise ne s'est pas engagée à dire si elle optera pour la production en bouteille ou en canette, ce qui pourrait avoir un impact négatif majeur sur le nombre d'emplois", a-t-il expliqué.

Au cours des six dernières années, Molson Coors a entamé un virage plus prononcé vers la production de canettes au détriment de la bière en bouteille, ce qui s'est traduit par la perte de plus de 100 postes, estime M. Picotte.

L'entreprise assure qu'elle produira de la bière en bouteille ainsi qu'en canette, sans toutefois s'avancer sur les volumes.

Héritage Montréal a salué l'intention du brasseur de demeurer présent sur la rue Notre-Dame, ce qui devrait assurer la préservation du site.

"L'important pour nous est de conserver l'ADN de l'endroit", a dit son directeur général, Robert Turgeon.

Pour sa part, Jean-Claude Marsan, architecte, urbaniste et professeur émérite de l'Université de Montréal, a estimé que cette décision de Molson s'inscrit dans un mouvement qui s'est amorcé il y a plusieurs années dans la métropole.

"La brasserie fait partie de notre héritage mais date de la période des usines, a-t-il expliqué. On l'a vécu avec le canal de Lachine et cela se poursuit."

Tout en conservant l'empreinte de Molson aux abords du Saint-Laurent, M. Marsan s'attend à ce que l'on retrouve principalement des habitations dans le secteur lorsque la modernisation s'entamera.

L'architecte et urbaniste prévient toutefois qu'il faut éviter de faire une "gaffe" en ne réalisant pas d'études sur l'avenir du secteur.

"Montréal, autant que les Molson, devraient agir de la sorte pour identifier ce que l'on veut conserver, a-t-il estimé. Est-ce qu'il s'agit d'un lieu où il y aura des écoles? Est-ce que ça sera un quartier huppé? On ne le sait pas encore."

L'an dernier, Molson Coors s'était départie de sa brasserie à Vancouver. L'entreprise continuera de produire de la bière à cet endroit pour un maximum de cinq ans alors qu'elle construit de nouvelles installations à Chilliwack, en Colombie-Britannique.

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