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Emmanuel Macron promet un «changement profond» (et beaucoup moins de parlementaires)

Il propose de réduire d'un tiers le nombre des sénateurs et des députés.

03/07/2017 15:56 EDT | Actualisé 03/07/2017 15:57 EDT

Le président français Emmanuel Macron a promis lundi un "changement profond", avec des réformes incluant une réduction d'un tiers du nombre des parlementaires, dans un discours-fleuve solennel devant le Parlement réuni en Congrès, au château de Versailles.

"Ce que nous avons à accomplir, c'est une véritable révolution", a lancé le chef de l'État devant les députés et les sénateurs.

Réforme des institutions, "mesures renforcées" pour la lutte antiterroriste, refonte du droit d'asile, "pacte" de décentralisation, réveil du "désir d'Europe"... sa longue intervention lui a permis de passer en revue les grandes orientations de son quinquennat, à la veille du discours de politique générale de son premier ministre.

M. Macron a notamment proposé de réduire d'un tiers le nombre des sénateurs et des députés (348 et 577 respectivement aujourd'hui). Il veut aussi modifier le mode d'élection du Parlement, en introduisant "une dose de proportionnelle" afin que "toutes les sensibilités y soient justement représentées".

"Un Parlement moins nombreux mais renforcé dans ses moyens (...), c'est un Parlement qui travaille mieux", a-t-il affirmé, prônant "action" et "efficacité" à tous les niveaux du pouvoir.

Il a dit sa volonté de "parachever" sa réforme des institutions "d'ici un an", en soumettant les nouvelles dispositions à un référendum "si nécessaire".

Élu le 7 mai au second tour de la présidentielle face à la candidate de l'extrême droite, conforté par une majorité franche aux législatives marquées par une abstention record, ce centriste pro-européen veut convaincre "tous ceux qui nous font confiance du bout des lèvres", "tous ceux que la colère et le dégoût devant l'inefficacité de leurs dirigeants politiques ont conduit vers des choix extrêmes".

Face au "scepticisme croissant" que suscite l'Europe, il souhaite "reprendre l'idée européenne à son origine". "La décennie qui vient de s'achever a été pour l'Europe une décennie cruelle. Nous avons géré des crises mais nous avons perdu le cap", a-t-il regretté.

Le visage grave, le chef de l'État avait parcouru à son arrivée la longue galerie menant à la salle du Congrès entre deux rangées de gardes républicains, dans le cadre fastueux du château de Versailles, près de Paris.

Certains sièges sont restés vacants. Les députés de La France Insoumise (gauche radicale) et du Parti communiste ont en effet boycotté la convocation, dénonçant une pratique "monarchique" du pouvoir.

"Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel", a commenté le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, sur son compte Facebook. La chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen a pour sa part dénoncé le "flou lyrique" du discours présidentiel.

«Rendre compte»

Emmanuel Macron a été le troisième président français à s'exprimer devant les parlementaires sous les ors de Versailles. François Hollande (gauche) y avait fait une allocution solennelle trois jours après les attentats du 13 novembre 2015, après Nicolas Sarkozy (droite) en juin 2009.

Le nouveau chef de l'État compte faire de ce format exceptionnel un rituel annuel, abandonnant la traditionnelle interview télévisée du 14 Juillet, le jour de la fête nationale.

"Tous les ans, je reviendrai devant vous pour vous rendre compte", a-t-il dit après avoir, au passage, égratigné les médias en les appelant à "en finir avec la recherche incessante du scandale". Après une campagne présidentielle marquée par les affaires, quatre ministres de son premier gouvernement ont été contraints de renoncer à leur poste après l'ouverture d'informations judiciaires les visant.

Mardi, il reviendra au Premier ministre Edouard Philippe de détailler devant l'Assemblée la feuille de route gouvernementale. Le tout sous forte pression budgétaire. En l'absence d'économies "sans précédent", le déficit français devrait déraper à 3,2% du PIB en 2017, a prévenu jeudi la Cour des comptes.

"Nos équilibres financiers sont dégradés, notre dette considérable. L'investissement productif est faible. Le chômage atteint des niveaux insupportables. La pauvreté s'étend, et aussi la dureté de la vie", a reconnu M. Macron, promettant de ne pas "baisser les bras".

Enfin, le président a confirmé que l'état d'urgence en France, en vigueur depuis les attentats meurtriers du 13 novembre 2015, serait levé "à l'automne".

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