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Québec investit 282 M$ dans le développement des Premières Nations et des Inuits

Québec a notamment dévoilé un tout premier plan d’action pour ces communautés autochtones.

28/06/2017 11:09 EDT | Actualisé 28/06/2017 13:20 EDT
Radio-Canada

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a annoncé mercredi des investissements de 282 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser le développement social, culturel et économique des Premières Nations et des Inuits. Un « geste d'envergure » qu'a salué l'Assemblée des Première Nations du Québec et du Labrador.

M. Couillard a ainsi dévoilé un tout premier plan d'action pour le développement social et culturel de ces communautés autochtones, doté d'une enveloppe de 147,3 millions de dollars, dont 60 millions en argent frais, et un réinvestissement de 135 millions dans le Fonds d'initiatives autochtones, destiné à encourager leur développement économique.

Selon le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, le plan d'action permettra de financer plus d'une centaine de mesures répondant à quatre objectifs : améliorer les services offerts aux Autochtones, faire la promotion de leurs cultures et de leurs langues, développer le « pouvoir d'agir » des individus et des collectivités, et faire la promotion de la consultation et de la recherche.

Le ministre Kelley a plus concrètement évoqué la nécessité de lutter contre les inégalités sociales, particulièrement celles dont les femmes autochtones sont victimes, d'offrir de l'aide aux Autochtones aux prises avec des problèmes de toxicomanie, d'accroître le soutien aux radios communautaires dans les communautés.

Il a également soutenu que le gouvernement veut encourager la rénovation de logements dans la communauté anicinape de Kitcisakik et réduire le coût des logements au Nunavik. Il a rappelé au passage la responsabilité du gouvernement fédéral à ce chapitre.

Ce qui nous importe, c'est de faire plus, de faire mieux, mais surtout de le faire maintenant et ensemble pour améliorer les conditions de vie des Autochtones.Geoffrey Kelley

M. Kelley a également mentionné que Québec financera une nouvelle initiative baptisée « Le chemin de mes rêves », qui sera portée par le chirurgien innu Stanley Vollant, dont le rayonnement dans les communautés autochtones a récemment été mis en lumière dans le documentaire De Compostelle à Kuujjuaq.

Le Fonds d'initiatives autochtones, qui est renouvelé pour une seconde fois, contient pour sa part des sommes destinées à soutenir le développement économique de chacune des communautés autochtones du Québec.

Ces sommes pourront par exemple servir à encourager le développement d'infrastructures communautaires, à soutenir des organismes comme les centres d'amitié autochtones, à lancer des entreprises et à appuyer l'organisme Femmes autochtones du Québec.

Les ministres de la Justice et de l'Éducation, Stéphanie Vallée et Sébastien Proulx, ont également profité de la conférence de presse pour annoncer quelques mesures concernant leur champ de compétence.

Un exemple de la « fédération plurinationale » proposée, dit Couillard

« On vit ensemble un jour très important dans l'histoire des relations entre les Autochtones et le gouvernement du Québec, a commenté M. Couillard. On a la conviction de contribuer plus efficacement et surtout plus durablement à l'épanouissement des Autochtones pour mieux construire ensemble le Québec de demain. »

Le développement économique et le développement social vont de pair pour tout le monde, pour tous les peuples. Si on a l'assise de développement économique autonome, on devient beaucoup plus libre d'action sur le plan social et culturel.Philippe Couillard

Le premier ministre a indiqué que le nouveau plan d'action constitue « un point de départ, pas un point d'arrivée » et que son gouvernement est ouvert à « l'enrichir avec de nouvelles mesures », notamment en fonction des recommandations que devra formuler la commission Viens.

Le premier ministre a profité de l'occasion pour rappeler que la politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes qu'il a récemment dévoilée reconnaît explicitement « la contribution des Premières Nations à la construction de l'identité québécoise et la place des Autochtones dans l'histoire et dans l'avenir du Québec ».

« Aux deux peuples fondateurs de 1867, il aurait fallu ajouter – mais le contexte, on le sait, était très différent – les Premières Nations et les Inuits, qui nous ont précédés sur cette terre d'Amérique », a-t-il fait valoir.

C'est donc la vision d'une fédération plurinationale qu'on propose. [...] La nation du Québec et les Premières Nations veulent être connues et reconnues pour ce qu'elles sont.Philippe Couillard

À ce sujet, le premier ministre a notamment souligné l'importance de reconnaître que les Premières Nations ont « le même désir, la même légitimité » de protéger leur langue que les francophones.

« C'est vraiment le premier geste d'envergure que pose le gouvernement du Québec dans son intention d'enrichir ses relations avec les Premières Nations et les Inuits », a commenté le chef de l'Assemblée des Première Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Ce dernier n'a pas manqué de rappeler que d'autres revendications des Premières Nations devront être considérées par le gouvernement du Québec, dans le respect de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

« Nous nous réjouissons de cette volonté du gouvernement du Québec de voir plus loin, de faire mieux, de faire plus. Mais en même temps, il faut aussi comprendre et accepter le fait qu'il y aura des discussions importantes à avoir sur toute la notion du territoire, des ressources, de l'exploitation et d'une participation significative de la part des Premières Nations », a-t-il laissé tomber.

Elijah Harper, champion de l'unité canadienne

S'exprimant avant le premier ministre Couillard, le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, a fait une sortie remarquée contre le « vieux mythe dépassé des deux peuples fondateurs, les Anglais et les Français », et a salué le « regard nouveau » que le premier ministre Couillard jette sur la Constitution canadienne avec sa politique d'affirmation. « Dans cet esprit-là, vous avez notre appui. Il ne faudrait pas, par exemple, que le résultat soit le même qu'avec Charlottetown ou avec Meech », a-t-il prévenu.

« Elijah Harper [chef autochtone qui a joué un rôle-clé dans l'échec de l'accord du lac Meech] n'a pas été un traître à l'endroit du Québec. C'est un héros pour nous autres. [...] Il fallait qu'il dise non. Non à quoi? Au fait que, pour les prochains 100 ans, on allait refaire une constitution avec encore deux peuples fondateurs, encore deux ordres de gouvernement, et qu'on allait être laissés pour compte. C'est pour ça qu'Elihah a dit non. Il a dit non au nom de nous tous : Québécois, Canadiens, Premières Nations, Inuits, peu importe. Il a dit non pour maintenir l'unité. »

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