DIVERTISSEMENT

Isabelle Boulay, la beauté de toutes les musiques

Isabelle Boulay célébrera ses 25 ans de chansons sur les plaines d'Abraham.

28/06/2017 12:03 EDT | Actualisé 28/06/2017 12:38 EDT
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En 25 ans de carrière, Isabelle Boulay en a vu passer, des admirateurs, au Québec comme en France. Alors qu'elle vient de lancer En vérité, son 14e opus, elle s'estime privilégiée d'entretenir une telle complicité, sincère et durable, avec le public.

«J'ai proposé toutes sortes de projets, et mes salles étaient toujours pleines, bénit la chanteuse. Quand je faisais les spectacles Comme ça me chante et Chants libres, je taquinais les gens en début de soirée en leur disant qu'ils devaient m'aimer beaucoup pour être là, parce qu'ils n'avaient aucune idée de ce que j'allais chanter, mais ils étaient là quand même.»

«C'est quelque chose que je trouve fantastique, d'avoir ce lien de confiance avec le public. Mais je ne prends jamais rien pour acquis. Et mon public me suit depuis des années. Il évolue, aussi. J'ai l'impression d'être avec le même public depuis mes débuts, et je trouve ça beau. J'ai l'impression qu'on grandit ensemble. Par exemple, en France, il m'arrive de voir des jeunes de 17 ou 18 ans qui venaient me voir avec leurs parents quand ils avaient trois ou quatre ans. J'ai des photos d'eux avec moi, quand ils étaient tout petits, ils étaient fans de moi, et ils sont encore là! C'est ça qui est beau à voir. Il y a des personnes qui sont à tous mes spectacles, en France. Ici, au Québec, il y a des gens que je reconnais, qui me suivent depuis des années. Ça fait plaisir, ça fait chaud au cœur. C'est très précieux», souffle Isabelle Boulay.

L'artiste affirme n'avoir jamais souffert de sa popularité. Elle ne saute pas de joie lorsque des paparazzis la croquent sur le vif dans un moment du quotidien avec son amoureux, comme c'est arrivé récemment, mais n'a jamais trouvé pesante la dimension publique de son boulot.

«Je me fais souvent poser des questions sur ma vie privée, mais j'ai toujours tenu ma vie intime à l'écart de mon métier. Moi, je fais des chansons pour les autres. C'est sûr qu'il peut y avoir des brèches qui s'ouvrent, des choses qui correspondent à ce qu'on vit, mais ça touche à la vie de plein de monde, aussi. Ce qui est important pour moi, c'est que les gens puissent se lover dans les chansons, qu'ils en deviennent les personnages principaux. Pas qu'ils connaissent ma vie et qu'ils m'imaginent, moi, dans les chansons. Ça ne serait pas une réussite pour moi...»

Pas de métal

L'authenticité reviendra souvent dans les propos d'Isabelle Boulay. Et on ne s'en étonne pas, parce que c'est avec la même vérité qu'elle s'emploie à chérir son attachement avec ses spectateurs qu'à concevoir ses albums. En vérité, le titre du quatorzième - qui s'est d'ailleurs retrouvé au sommet des ventes sitôt sorti, fin mai -, n'a rien d'hasardeux. Elle le décrit d'ailleurs «sans fard» et «vrai».

«Je pense que ça fait partie du processus naturel de la maturité. On vieillit dans la vie, et on mature dans notre travail. Du moins, j'espère (rires).»

L'interprète est allée chercher un à un les prestigieux collaborateurs dont les noms ornent le livret de son disque. À commencer par le réalisateur Benjamin Biolay, un grand complice, à qui la discographie d'Isabelle Boulay doit aussi Mieux qu'ici-bas, Tout un jour, Les grands espaces et une partie de Merci Serge Reggiani. Pour sa nouvelle collection, Biolay a offert à sa muse les textes Mon amour (la supplique) et Toi moi nous.

Les autres rencontres ont été les fruits de hasards déterminants, ou anticipées dans la tête et le cœur d'Isabelle avant d'être matérialisées : une discussion dans une loge d'une prestation piano-voix de Cœur de pirate à Paris a donné lieu à Nashville, une demande spéciale de «chanson de route» à Didier Golemanas s'est ouverte sur La route avec lui, Alex Nevsky a lui-même proposé Le train d'après. Puis, Isabelle Boulay rêvait d'avoir une chanson de la griffe de Carla Bruni. Lorsqu'elle a croisé cette dernière dans les coulisses d'un téléthon, elle l'a timidement approchée. Mais Carla Bruni a été plus rapide qu'elle à lui prendre les mains et à lui proposer une parcelle de son âme, magnifiquement composée avec Julien Clerc et intitulée Le garçon triste.

Musicalement, En vérité sonne avec franchise dans plusieurs genres ici complètement assumés – folk, country, rock, sud-américain -, en français, en anglais et en italien.

«Je suis convaincue que c'est le plus beau disque que j'ai fait jusqu'à maintenant. C'est celui, en tout cas, dans lequel je sens que je me suis vraiment accomplie. Je ne sais pas quel écho il aura dans le cœur du public, mais pour moi, c'est le plus grand disque que j'ai fait, celui qui rassemble le plus de choses qui me tiennent à cœur», souligne Isabelle Boulay.

Les téléspectateurs de La voix la taquineront peut-être en lui faisant remarquer qu'il n'y a pas de métal sur sa nouvelle offrande, elle qui a pris le sympathique Louis-Paul Gauvreau et son timbre caverneux sous son aile au concours de TVA cet hiver. En rigolant, Isabelle Boulay explique que, bien que très intéressée par ce mouvement musical, dont elle a jadis été carrément entichée, elle n'a pas les capacités vocales de pousser des envolées gutturales à la Louis-Paul.

«Ce que ça m'a permis de voir avec Louis-Paul, c'est que le courant métal est encore très fort, d'autant plus fort. J'ai été impressionnée de voir la qualité des textes des chansons. À l'époque où moi j'en écoutais, c'était surtout en anglais. Il y avait des groupes français, mais ce n'était pas vraiment du métal, c'était plus du punk, comme Bérurier noir. J'ai écouté à la fois du punk et du métal dans la même période. Ce que les gens ignorent souvent, c'est que les gars et les filles qui font du métal sont vraiment de très, très grands musiciens. Ça demande beaucoup de dextérité, ce n'est pas une musique facile d'exécution. On pourrait même comparer ça aux difficultés de l'opéra. Moi, je pense que la musique, quand c'est bien fait, c'est toujours beau et toujours gagnant, peu importe le genre.»

Une relève en fiston

Marcus, le petit garçon d'Isabelle Boulay, a compris combien la musique pouvait être magique. À huit ans, il a déjà cette passion en lui.

«Il m'a déjà demandé s'il pouvait s'asseoir avec moi dans le fauteuil de La voix, à la télévision, s'attendrit la maman. Je pense qu'il a un tempérament d'artiste, il aime la musique, il aime dessiner. Il va dans une école à vocation musicale. C'est grâce à lui : il a passé le test dans son école, il a réussi et il a été sélectionné. Mais nous, on n'a rien à voir là-dedans! On l'encourageait mais, en même temps, on ne lui a pas prescrit ça du tout. C'est venu de lui. Moi, tout ce qui vient de lui, j'essaie de l'encourager, tout en étant vigilante. Quand tu commences à jouer de la musique, tu ne sais pas trop si tu préfères le violon, le piano, la guitare, les flûtes... Alors, pour l'instant, il n'a pas encore d'instrument de prédilection. Mais il essaie tout. Quand on va au magasin, il veut une flûte traversière, il veut une clarinette. Et je lui dis : «Attends une minute, tu vas me donner ton argent de poche! Ce sont des cadeaux, on ne peut pas en acheter un par semaine! (rires)»»

Le 6 juillet, Isabelle Boulay célébrera ses 25 ans de chansons sur les plaines d'Abraham, dans le cadre du Festival d'été de Québec. Le concert Isabelle Boulay – Noces d'argent marquera non seulement son anniversaire professionnel, mais la dame franchira également le cap de ses 45 ans ce soir-là. Plusieurs de ses succès-souvenirs seront au rendez-vous.

«J'adore la ville de Québec, lance spontanément celle qui a fait ses études au cégep de Limoilou. J'y ai eu des professeurs vraiment exceptionnels, qui m'ont éveillée à plein de choses. Si je pouvais vivre à Québec, je le ferais. Chaque fois que j'y vais, j'ai l'impression de retomber dans la plus belle époque de ma jeunesse. Le coin Limoilou, Saint-Roch, le Vieux-Québec... c'était mon territoire!»

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