POLITIQUE

Promesse brisée sur la réforme électorale: un choix «difficile mais nécessaire», selon Justin Trudeau

Il a relégué aux oubliettes la réforme du mode de scrutin promise en 2015

27/06/2017 16:29 EDT | Actualisé 27/06/2017 17:31 EDT
La Presse canadienne/Justin Tang

Le premier ministre Justin Trudeau accuse les partis d'opposition de l'avoir confronté au "difficile, mais nécessaire choix" de reléguer aux oubliettes la réforme du mode de scrutin.

En conférence de presse de fin de session à Ottawa, mardi, il a reproché à l'opposition d'avoir fait preuve d'une intransigeance qui a selon lui empêché les libéraux de livrer l'une de leurs promesses électorales les plus limpides.

Car dans le camp conservateur, on voulait le statu quo et rien d'autre _ en plus d'exiger de soumettre tout changement à un référendum _ tandis que dans les rangs néo-démocrates, on était "fixé" sur une préférence pour le mode de scrutin proportionnel, a soutenu M. Trudeau.

Le système électoral avait besoin d'être "amélioré", mais cela ne pouvait passer par la proportionnelle, un modèle qui provoquerait une fragmentation au sein des grands partis qui "serait mauvaise pour le pays" et "affaiblirait" son système démocratique, a-t-il plaidé.

Face à ce dilemme et au "manque d'ouverture" de l'opposition, le premier ministre a fait valoir qu'il n'avait eu d'autre choix que de rompre cette promesse formulée à maintes reprises avant, pendant et après la campagne électorale.

"L'absence d'une voie à suivre pour notre pays m'a confronté au difficile, mais nécessaire choix, de mettre cette promesse de côté", a-t-il insisté.

"Je n'allais pas tirer profit de ma majorité (parlementaire) pour implanter un système juste pour cocher une case dans une plateforme électorale", a ajouté le premier ministre lors de cette conférence de presse où il a dressé le bilan des derniers mois de son gouvernement.

L'enjeu de la réforme électorale a déchiré les partis pendant des mois à Ottawa jusqu'à ce que la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, annonce officiellement en février dernier que les libéraux abandonnaient l'idée de rénover le mode de scrutin.

Toute mention du projet a simplement disparu de la lettre de mandat rédigée par Justin Trudeau à l'intention de celle qu'il avait choisie en janvier dernier, lors d'un remaniement, comme successeure à Maryam Monsef à la barre du ministère.

La jeune ministre s'était attiré les foudres de l'opposition après avoir désavoué le travail du comité sur la réforme électorale, accusant ses membres d'avoir "abdiqué" au lieu "prendre les décisions difficiles". Elle avait présenté ses excuses en Chambre dès le lendemain.

La promesse rompue des libéraux a mené au dépôt en Chambre d'une pétition signée par plus de 130 000 personnes, en mars dernier. Elle a été parrainée par le député néo-démocrate Nathan Cullen, l'un des députés qui ont mené la charge dans ce dossier.