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Michel Tremblay: «Je ne pense jamais à la mort»

26/06/2017 01:52 EDT | Actualisé 26/06/2017 01:52 EDT
Paméla Lajeunesse

Michel Tremblay a célébré ses 75 ans avec un livre-somme réunissant les neuf romans de La diaspora des Desrosiers. Disponibles dans les bonnes libraires à partir du 29 juin prochain, l’œuvre littéraire de 1400 pages raconte trois générations de femmes du côté maternel de l’écrivain.

Le dramaturge aux lunettes rondes a reçu dimanche tout un hommage avec la présentation de sa pièce Demain matin, Montréal m’attend au Théâtre du Nouveau Monde. Entouré du gotha artistique, c’est là qu’il a découvert pour la première fois son «Thesaurus» de La diaspora des Desrosiers, fresque se déroulant de 1913 à 1941.

«J’ai mis neuf ans de ma vie pour écrire ces neuf romans, a-t-il lancé en entrevue. C’est un moment privilégier de les retrouver ainsi rassemblés. Ça m’étonne toujours même à mon grand âge de réaliser que j’ai écrit tous ces livres.»

Malgré tous les honneurs, Michel Tremblay trouve les anniversaires un peu «lourds», surtout depuis que l’homme a atteint l’âge vénérable de soixante-quinze ans. «Cinquante ans, je l’avais bien pris. Soixante ans aussi. Mais là à soixante-quinze ans, j’aurais sans doute évité cet anniversaire si je n’avais pas appris qu'on m'organisait une représentation spéciale de Demain matin, Montréal m’attend. Je me suis dit qu’il fallait quand même que je sois présent. Alors oui, je me laisse fêter cette fois-ci.»

Ses propres créatures

De tous les personnages de La diaspora des Desrosiers, seule une cousine éloignée demeure vivante, confie l’auteur. «Mes livres se déroulent dans le passé, alors à part elle, tout le monde a aujourd’hui disparu. Toutefois, il n’y a aucun sentiment de nostalgie, car je ne les ramène pas à la vie. À partir du moment où l’on s’empare de personnes qui ont véritablement existé, c’est pour en faire ses propres créatures. J’ai l’impression que tous ces gens sont davantage des inventions plutôt que des membres de ma famille.»

Comme tout le monde, mourir lui fait peur, bien sûr, mais l’écrivain assure ne pas y penser. «Je n’ai jamais été hanté par l’idée de la mort. En fait, je ne pense jamais à la mort. Je sais bien qu’il m’en reste moins à venir, mais je ne me pose pas de questions liées à ma finitude. C’est important de ne pas se poser trop de questions. J’ai des amis qui sont malheureux parce qu’ils pensent constamment à la mort. Cela ne mène à rien de savoir qu’il nous reste un an ou deux ou trois ans à vivre.»

Et puis au diable les années! L’homme ne chôme pas et s’apprête même à sortir dès l’automne un nouveau roman intitulé Le peintre d’aquarelle. «On ne peut pas se le cacher : soixante-quinze, c’est un sacré gros chiffre. Il reste que le jour où je n’aurai plus rien à écrire, je vais le faire. Si le robinet est fermé ou la source tarie, je vais avoir l’intelligence de m’arrêter», a-t-il conclu.

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