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Plus d'hospitalisations dues à l'alcool par habitant dans l'ouest que dans l'est du Canada

22/06/2017 11:08 EDT | Actualisé 22/06/2017 11:09 EDT
Getty Images/iStockphoto

Une nouvelle étude de l'Institut canadien d'information en santé démontre que les méfaits de l'alcool qui mènent à une hospitalisation sont généralement plus présents dans les provinces de l'ouest que dans celles de l'est du pays. On y apprend de plus que l'alcool est à l'origine d'un plus grand nombre d'hospitalisations que les crises cardiaques.

L'étude se penche sur les hospitalisations entièrement attribuables à l'alcool qui s'élèvent à 77 000 au pays en 2015-2016 comparativement à 75 000 hospitalisations à la suite d'une crise cardiaque.

Cela représente une moyenne de 212 hospitalisations dues à l'alcool par jour, tandis que 13 hospitalisations par jour sont liées à une intoxication aux opioïdes, lesquels plongent l'ouest du Canada dans une crise sanitaire.

À l'exception de la Nouvelle-Écosse, toutes les provinces de l'ouest affichent un taux d'hospitalisation sensiblement plus élevé que celles de l'est, supérieur à la moyenne nationale de 239 hospitalisations par 100 000 habitants.

Des variations importantes sur le plan régional sont observées, ainsi qu'un taux d'hospitalisation plus élevé dans les régions rurales et éloignées par rapport aux villes. L'étude avance que le moins grand nombre d'options de traitement pourrait expliquer ce taux plus élevé.

L'Institut canadien de la santé souligne par ailleurs que les hospitalisations entièrement attribuables à l'alcool coûtent en moyenne 8100 $ alors qu'un séjour moyen coûte 5800 $, une différence qui s'explique par la durée moyenne plus longue des séjours. Il note que les méfaits liés à l'alcool étaient estimés à plus de 14 milliards de dollars en coûts économiques en 2002.

Caractéristique des consommateurs

L'étude s'est concentrée sur des caractéristiques de groupes ayant une consommation d'alcool et un taux d'hospitalisation causée par l'alcool plus élevés. Les hommes, particulièrement entre 20 et 34 ans, ont des taux plus élevés que les femmes.

Les deux sexes ont le taux d'hospitalisation le plus élevé entre 50 et 60 ans, mais les hommes subissent plus de deux fois plus d'hospitalisations que les femmes du même âge. Le taux d'hospitalisation est plus élevé chez les filles pour les jeunes âgés de 10 à 19 ans.

Forte consommation :

On définit une forte consommation par cinq verres ou plus chez les hommes et quatre verres ou plus chez les femmes en une même occasion au moins une fois par mois pendant un an.

Directives de consommation :

Il est recommandé aux femmes de ne pas boire plus de 10 verres par semaine (au plus 2 verres par jour) et aux hommes de ne pas boire plus de 15 verres par semaine (au plus 3 verres par jour).

L'étude confirme par ailleurs un phénomène déjà observé selon lequel les personnes ayant un plus faible revenu ont une prévalence de forte consommation moins élevée que les mieux nantis. Paradoxalement, les personnes moins favorisées ont un taux d'hospitalisation bien plus élevé que les personnes ayant un revenu élevé. Plusieurs explications environnementales et sociales sont avancées par la recherche pour expliquer ce phénomène.

Mesures de contrôle

L'étude se penche sur plusieurs mesures de contrôle de la vente et de l'accès à l'alcool. Elle note que des leçons peuvent être tirées de la lutte contre le tabagisme qui a permis de changer les normes culturelles et l'acceptabilité sociale de cette pratique.

Parmi les mesures de contrôle, l'étude note que le contrôle gouvernemental de la vente d'alcool peut réduire la consommation et ses méfaits. Elle indique que le démantèlement de monopoles gouvernementaux et la privatisation ont entrainé une hausse de ces indicateurs. En Colombie-Britannique, par exemple, la privatisation accrue s'est accompagnée d'une hausse de la mortalité liée à l'alcool.

Finalement, l'Institut canadien de la santé souligne que des analyses démontrent qu'une hausse de 10 % du prix de l'alcool a entraîné une diminution de 4,4 % de la consommation. Il constate donc que la hausse des prix est un mécanisme permettant de réduire les méfaits liés à l'alcool.

Voir aussi:


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