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Attaque de Flint: les musulmans ont leur part de responsabilités, dit Couillard

22/06/2017 06:16 EDT | Actualisé 22/06/2017 06:40 EDT
ASSOCIATED PRESS
Quebec Premier Philippe Couillard speaks during a conference of New England's governors and eastern Canada's premiers to discuss closer regional collaboration, Monday, Aug. 29, 2016, in Boston. (AP Photo/Elise Amendola)

Les musulmans ont leur part de responsabilité dans la lutte au terrorisme et ils doivent dénoncer fortement la "perversion" de leur religion, a soutenu le premier ministre Philippe Couillard, jeudi.

M. Couillard réagissait à l'attentat survenu la veille à l'aéroport de Flint, au Michigan, alors qu'un Québécois de 49 ans, Amor Ftouhi, est accusé d'avoir commis un acte de violence dans un aéroport, en poignardant un policier.

La lutte au terrorisme est "une responsabilité partagée", a commenté en anglais M. Couillard, au cours d'un point de presse, en marge d'une annonce jeudi matin à Québec.

Plus tard, lors d'un autre point de presse, à l'occasion d'une cérémonie visant à souligner la Fête nationale des Québécois, M. Couillard a précisé sa pensée sur le sujet, cette fois en français.

Il a tenu à souligner qu'il était impossible de "dissocier cet acte-là de la version pervertie de l'islam radical que certains dans cette communauté religieuse font circuler. J'appelle à la responsabilité partagée de la société", a-t-il fait valoir, disant s'inspirer des propos tenus récemment par le président français Emmanuel Macron.

Il a insisté une fois de plus sur la contribution de la communauté musulmane, qui doit agir "de l'intérieur", pour dénoncer "la perversion de la religion que certains utilisent pour commettre des actes inexcusables, impardonnables, soi-disant au nom d'une religion qui est déformée de façon perverse".

Il a lancé un appel à cette communauté, pour qu'elle se dissocie de façon non équivoque de cette "perversion" de l'islam. "Il faut que ce soit dit très, très, très fortement, a-t-il insisté. Il faut que ce soit dit avec force."

L'État doit prendre des mesures de sécurité pour prévenir le terrorisme, tandis que la communauté musulmane doit rappeler à tous que ce n'est pas ce que l'islam enseigne, que ça ne correspond pas à ce qu'est cette religion, a-t-il indiqué.

Les autorités traitent l'incident de Flint comme un acte possiblement de nature terroriste. L'homme aurait agi seul.

Le policier a survécu à l'attaque au couteau et est hospitalisé dans un état stable.

À la demande du FBI, des perquisitions ont été menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) à l'appartement de l'accusé à Montréal.

Ce serait injuste de stigmatiser toute la communauté musulmane à partir de cet incident, a commenté le premier ministre, en anglais.

Puis il a ajouté que "malheureusement", on ne pouvait pas "déconnecter ce genre d'événements — le terrorisme — de l'islam en général".

"La responsabilité est partagée", a-t-il fait valoir, considérant que nous avions "tous une responsabilité dans cet enjeu du terrorisme".

Réaction mitigée

Haroun Bouazzi, coprésident de l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Qc), a eu une réaction mitigée aux propos tenus par M. Couillard.

Il convient que "si quelqu'un crie 'Allahou Akbar' avant de faire un attentat ou de tuer quelqu'un, il est évident que la personne voit son acte en relation avec la religion", a-t-il déclaré jeudi en entrevue téléphonique.

Mais il souligne que la communauté musulmane n'est ni responsable ni une extension des services de sécurité: ce rôle est celui de la police.

M. Couillard ne devrait pas mettre un tel fardeau sur les épaules de la communauté musulmane, qui remplit déjà très bien son rôle, estime M. Bouazzi. Lorsque ses membres voient un risque pour la sécurité ou des actes criminels, ils appellent la police et cela a mené à des arrestations, soutient-il.

Les musulmans, comme tous les citoyens, ont un devoir de citoyen, dit-il.

Là où il voit une erreur du premier ministre, c'est d'imposer une responsabilité à une communauté: "s'il se passait quelque chose, ce serait comme si elle serait responsable, qu'elle ne faisait pas bien son travail".

"Ça, en soi, c'est stigmatisant", tranche-t-il.

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