POLITIQUE

Réussite éducative: grandes orientations, peu de moyens concrets

21/06/2017 11:14 EDT | Actualisé 21/06/2017 11:14 EDT
Gloda via Getty Images
A large, empty classroom, lit by morning light.

Dans le cadre de sa nouvelle Politique de la réussite éducative, le gouvernement du Québec se fixe comme objectif d'atteindre un taux de diplomation d'au moins 85 % d'ici 2030, chez les élèves de moins de 20 ans, en faisant de la réussite des élèves la priorité du système d'éducation québécois.

Élaborée à partir de consultations publiques menées auprès de milliers de professeurs, de parents, d’élèves et de représentants du milieu éducatif, cette politique aura pour objectif principal de favoriser la réussite des élèves de la prématernelle jusqu’à l’âge adulte.

Il s'agit d'un objectif ambitieux qui vise des résultats à long terme, affirme le premier ministre Philippe Couillard, pour qui le 21e siècle sera celui de la réussite scolaire dans les nations modernes et industrialisées.

sebastien proulx philippe couillard

Sébastien Proulx et Philippe Couillard lors de l'annonce de la politique de réussite éducative

La nouvelle politique de la réussite scolaire des libéraux en sept points:

  • Porter à 90 % la proportion des élèves de moins de 20 ans qui obtiennent un premier diplôme ou un premier certificat de formation, et à 85 % la proportion de ces élèves titulaires d’un premier diplôme;
  • Réduire de moitié les écarts de réussite entre différents groupes d’élèves;
  • Augmenter à 80 % (d’ici 2025) la proportion d’enfants qui entrent à l’école sans présenter de facteurs de vulnérabilité;
  • Porter à 90 % le taux de réussite à l’épreuve ministérielle d’écriture, langue d’enseignement, de la 4e année du primaire, dans le réseau public;
  • Augmenter de 5 points de pourcentage la part de la population adulte du Québec qui démontre des compétences élevées en littératie;
  • Hausser la proportion d’élèves entrant au secondaire sans retard scolaire;
  • Améliorer la qualité des bâtiments scolaires.

Actuellement, le taux de diplomation réel au Québec se situe autour de 74 %. Dans les commissions scolaires anglophones québécoises, le taux de diplomation oscille autour de 85 %.

Pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, le gouvernement du Québec compte mettre sur pied un groupe de travail chargé de faire des recommandations en vue de la création d’un institut national d’excellence en éducation.

Trois chantiers d’analyses se pencheront aussi sur les façons de valoriser la profession enseignante et l’autonomie professionnelle des enseignants.

La modernisation des encadrements pédagogiques, l’évaluation des apprentissages et la contribution du milieu des affaires à la réussite des élèves québécois seront aussi à l’ordre du jour des travaux.

«Nous devons nous préoccuper des élèves ayant des besoins particuliers. Nous avons la responsabilité de les soutenir. Ils ont le droit à la réussite, actuellement ce n’est pas le cas pour tous»
— Sébastien Proulx, ministre de l'Éducation du Québec

Détecter les difficultés d’apprentissage dès le plus jeune âge

Pour Québec, il sera primordial de détecter dès le plus jeune âge les difficultés d’apprentissage chez les enfants afin de leur fournir l’assistance et les services nécessaires à leur réussite. La catégorie des 0 à 8 ans fera l’objet d’une attention « interministérielle » particulière, selon le communiqué du ministère de l’Éducation.

Au chapitre des besoins particuliers, Québec prévoit à terme :

  • Réviser le modèle de financement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage;
  • Établir un seuil minimal de services spécialisés dans les écoles et les centres;
  • Favoriser la contribution des établissements d’enseignement privés aux efforts pour l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage;
  • Consulter l’Office des professions du Québec sur la création d’un ordre professionnel des orthopédagogues;
  • Analyser l’opportunité de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, ou jusqu’à l’obtention d’un premier diplôme ou d’une première qualification.<

Des ressources pour le faire

Afin de fournir les ressources spécialisées qui font cruellement défaut actuellement dans le réseau scolaire public, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a déclaré que son gouvernement consacrera 1,8 milliard de dollars sur 5 ans pour embaucher plus de 7200 nouvelles ressources dans le réseau d’éducation publique, dont 1500 dès l’automne 2017.

Rappelant que les politiques budgétaires de son gouvernement ont permis de dégager les marges financières nécessaires pour intervenir en éducation, Philippe Couillard a promis des milliards de dollars d’investissement à venir en éducation au cours des prochaines années, en plus du milliard de dollars consacré l’an dernier à la réfection des infrastructures scolaires.

«La Politique de la réussite éducative que nous lançons aujourd’hui est le commencement d’un grand projet collectif. Elle se veut rassembleuse. Elle vise la réussite de tous les élèves sans exception, quel que soit leur âge ou leur statut. Cette politique, à nous d’en écrire la suite. À nous de partager le plaisir d’apprendre et d’offrir toutes les chances de réussir» -

Philippe Couillard, premier ministre

L’éducation c’est l’affaire de tous les citoyens

Soulignant que l’éducation est la pierre d'assise du développement économique, culturel et social, le gouvernement Couillard estime que la réussite académique des élèves ne doit pas être que la responsabilité du gouvernement, mais bien celle de l’ensemble de la population.

C’est pourquoi la politique de réussite scolaire de son gouvernement visera à favoriser l’implication des institutions, des organisations publiques, mais aussi du secteur privé et du milieu des affaires dans la réussite des élèves québécois.

Ultimement, Québec entend faire en sorte que chaque enfant puisse atteindre son plein potentiel, puisse évoluer dans un milieu scolaire « inclusif et propice à son développement » porté par « des acteurs et des partenaires mobilisés pour la réussite ».

«Plus que jamais, nous devons tous être mobilisés pour l’éducation, et nous sollicitons l’ensemble des Québécoises et des Québécois pour atteindre nos objectifs. C’est ensemble que nous construirons l’école de demain et que nous réussirons à opérer les changements qui s’imposent»
— Sébastien Proulx

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