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Les jihadistes font exploser la mosquée Al-Nouri où le chef de l'EI avait fait sa seule apparition

21/06/2017 05:00 EDT | Actualisé 21/06/2017 05:01 EDT
NurPhoto via Getty Images
Die umkämpften Al-Nuri-Moschee in Mosul, in der Abu Bakr al-Baghdadi das sogenannte Kalifat ausgerufen hatte. //// The hardly embattled Al-Nuri-mosque in western Mosul (Photo by Sebastian Backhaus/NurPhoto via Getty Images)

Les jihadistes du groupe État islamique ont fait exploser mercredi le minaret penché emblématique de la vieille ville de Mossoul et la mosquée adjacente où leur leader Abou Bakr al-Baghdadi avait clamé son "califat" en 2014 lors de son unique apparition publique connue, a annoncé l’armée irakienne.

L’EI a rapidement réagi via son agence de propagande Amaq en accusant l’aviation américaine d’avoir détruit les deux monuments par un bombardement.

"Nos forces étaient en train d’avancer (…) dans la vieille ville, lorsqu’arrivées à 50 mètres de la mosquée al-Nouri, Daesh (le groupe État islamique) a commis un nouveau crime historique en faisant exploser la mosquée al-Nouri et al-Hadba", le minaret penché qui lui est adjacent, a déclaré le général Abdulamir Yarallah, le commandant irakien responsable de l’offensive de Mossoul, dans un communiqué.

C’est dans cette mosquée qu’Abou Bakr al-Baghdadi avait en juillet 2014 proclamé à la face du monde le "califat" sur les zones contrôlées par ses combattants en Irak et Syrie, sa seule apparition publique connue.

La destruction de deux de ces monuments les plus célèbres de la deuxième ville d’Irak intervient au quatrième jour de l’offensive menée par l’armée irakienne contre l’EI avec le soutien d’une coalition militaire menée par les États-Unis, dans les derniers kilomètres carrés de la vieille ville où les jihadistes sont retranchés et lui opposent une sanglante résistance.

Mercredi, des combats acharnés ont de nouveau opposé les forces irakiennes aux jihadistes de l’EI, dans la vieille ville de Mossoul, d'où des centaines de civils ont réussi à prendre la fuite. Les forces irakiennes disent y avancer lentement car les ruelles y sont étroites et densément peuplées.

Les forces de la police fédérale avaient poursuivi mardi leur progression sur le front sud et encerclé un hôpital à la périphérie nord de la vieille ville.

Depuis la proclamation de son "califat" entre les deux pays il y a trois ans, l’EI a détruit de nombreux monuments historiques en Irak et en Syrie.

Délimité historiquement par des remparts du XIe siècle (détruits au XXe siècle) et adossé au Tigre sur sa partie orientale, la vieille ville de Mossoul, un secteur de 3 km², était le coeur vivant de la deuxième ville d'Irak, qui fut durant plusieurs siècles un carrefour commercial entre l'Inde, la Perse et la Méditerranée.

Ce dédale de petites maisons en pierre était jalonné de boutiques de commerçants et artisans, de marchés, de mosquées et d'églises.

La mosquée al-Nouri, qui tient son nom de Noureddine al-Zinki, l'unificateur de la Syrie qui régna également un temps sur Mossoul et ordonna sa construction en 1172, a été détruite et reconstruite en 1942 dans le cadre d'un projet de rénovation.

Le minaret penché, que les habitants de Mossoul appellent "la bossue" (al-Hadba), est lui un des seuls vestiges du bâtiment d'origine. Décoré de motifs géométriques en briques, il était un emblème de la ville, imprimé sur les billets de 10 000 dinars irakiens, avant de devenir aussi un symbole du règne de l'EI lorsque les jihadistes y ont planté leur drapeau noir à son sommet, à 45 m de hauteur.

Historiens et architectes redoutent que les violents combats en cours dans la vieille ville ne ruinent la plupart de cet unique patrimoine.

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