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Nouvelle attaque contre les forces de l'ordre sur les Champs-Elysées (VIDÉO)

19/06/2017 10:25 EDT | Actualisé 19/06/2017 10:25 EDT

Un homme armé a percuté lundi volontairement avec sa voiture un fourgon de gendarmerie sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, sans faire de victimes, à quelques centaines de mètres de l'endroit où un policier avait été tué par un jihadiste il y a deux mois.

L'homme qui conduisait le véhicule est mort, a annoncé sans autre précision le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, évoquant une "tentative d'attentat".

"Une nouvelle fois les forces de sécurité en France ont été visées", a-t-il déclaré. Il a également précisé que la voiture "contenait un certain nombre d'armes, d'explosifs permettant éventellement de pouvoir faire sauter cette voiture".

Des bonbonnes de gaz, un fusil d'assaut kalachnikov et des armes de poing ont été retrouvées, a-t-on appris de source policière.

L'auteur était fiché depuis 2015 pour son appartenance à "la mouvance islamiste radicale", a-t-on appris de sources concordantes.

La famille de cet homme, âgé de 31 ans, était également connue pour faire partie de la mouvance "salafiste", a indiqué une source proche du dossier. L'attaquant n'était pas connu de la justice, selon une source policière.

Voiture qui fonce sur la gendarmerie sur les Champs-Élysées

Dans ce secteur, situé en plein coeur de la capitale française, un important dispositif sécuritaire a été déployé: circulation bloquée sur l'avenue, la station de métro la plus proche fermée, a constaté une journaliste de l'AFP.

Au milieu de la chaussée se trouvait une voiture blanche, la porte conducteur ouverte, selon un journaliste de l'AFP.

Alexandre, 51 ans, était assis sur un banc de cette avenue très fréquentée: il raconte à l'AFP avoir vu "des gens courir dans tous les sens, des touristes. Certains m'ont crié de partir. Il y avait du monde partout".

Forces de l'ordre visées

Cette attaque "montre une fois de plus que le niveau de la menace en France est extrêmement élevé", a rappelé le ministre de l'Intérieur, alors que le pays est sous le régime de l'Etat d'urgence depuis les attentats de novembre 2015.

Depuis janvier 2015, la France est visée par la violence jihadiste, avec une vague d'attentats qui a fait au total 239 morts, les dernièrs visant tout particulièrement les forces de l'ordre.

Le 20 avril, quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, les Champs-Elysées avaient été le théâtre d'un attentat: son auteur, Karim Cheurfi, avait tué par balles un policier et en avait blessé deux autres avant d'être abattu. L'attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Le 6 juin, Farid Ikken avait lui attaqué un membre d'une patrouille de police sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en plein coeur du centre-ville touristique, et s'était revendiqué "soldat du califat", un terme utilisé pour désigner le califat autoproclamé en juin 2014 de l'EI, selon une source proche de l'enquête. Le policier agressé avait été légèrement blessé au cou.

L'homme, qui était également muni de deux couteaux de cuisine, avait crié "c'est pour la Syrie" au moment où il frappait le policier, selon les autorités, sans doute en référence à la coalition militaire internationale à laquelle participe la France pour éradiquer l'EI en Irak et Syrie.

La Grande-Bretagne est également confrontée à une vague d'attentats jihadistes, avec trois attaques en trois mois revendiquées par l'EI, qui ont fait un total de 35 morts.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un véhicule a foncé sur des fidèles d'une mosquée du nord de Londres. Son conducteur, un homme de 47 ans, est "détenu pour terrorisme", a annoncé la police.

"Ça aurait pu être pire"

Des curieux agglutinés derrière les cordons policiers, des touristes continuant à se prendre en photo devant l'Arc de Triomphe : l'attentat raté contre des gendarmes a créé la surprise lundi sur les Champs-Elysées à Paris, mais la plupart des témoins faisaient preuve d'un certain fatalisme.

"On marchait et on parlait entre nous. D'un coup, une voiture a dépassé un camion de gendarmes et s'est arrêtée à sa hauteur", raconte à l'AFP Lazare, 16 ans, qui se trouvait avec ses amis sur la célèbre avenue au moment où une voiture contenant une bonbonne de gaz et des armes a foncé sur un fourgon de gendarmes mobiles, ne faisant pas de blessé. Seul l'assaillant, âgé de 31 ans, est mort au cours de l'attaque.

Le jeune homme dit ensuite avoir entendu "un bruit" qui ne ressemblait pas à une explosion, "mais plutôt celui quand on allume un briquet à côté d'un déodorant en spray". Puis il a vu "une fumée jaune" s'échapper des fenêtre de la voiture.

"Les policiers, avec un pied de biche, ont cassé les vitres. Ils ont sorti le conducteur, il était inconscient. Ils l'ont mis par terre. Mais ils ne l'ont pas frappé, il n'y a pas eu de coup de feu". "ça aurait pu être pire", résume-t-il.

Alexandre, 51 ans, était assis sur un banc lorsqu'il a vu "des gens courir dans tous les sens, des touristes. Certains m’ont crié de partir mais je n'ai pas bougé", dit-il, levant les bras en signe d'indifférence.

"Des fourgons de police ont descendu l'avenue en trombe", décrit Romain, un touriste de 26 ans originaire de Pau (sud-ouest) qui s'apprêtait à visiter l'Arc de triomphe. "On nous a dit de ne pas bouger et de ne pas traverser l'avenue. Tout le monde était bloqué".

'Ça arrive'

Deux heures après les faits, les magasins avaient repris une activité normale.

"On a tout de suite fermé le magasin. Et quarante minutes plus tard, c’était calme, on a rouvert", explique Abram, 40 ans, vigile au magasin Adidas situé sur la célèbre avenue.

Quelques mètres plus loin, un magasin de maroquinerie de luxe avait lui aussi rouvert, après avoir baissé son rideau de fer "par précauto" tout de suite après l'attaque, selon une des vendeuses.

En début de soirée, la circulation avait repris partiellement sur l'avenue et dans les rues adjacentes.

"Ça arrive, on est habitués maintenant", dit simplement un employé d'une entreprise située sur cette artère touristique, symbole de la capitale française.

"Pas surpris", il rappelle qu'"il y a déjà eu un attentat un peu plus haut il n'y a pas longtemps". Le 20 avril, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, avait tué un policier de 37 ans sur les Champs-Elysées, et blessé deux de ses collègues ainsi qu'une passante allemande avant d'être abattu.

La France est la cible répétée d'attentats jihadistes depuis les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts.

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