Piétons fauchés à Londres: «Je veux tuer tous les musulmans»

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"Je veux tuer tous les musulmans", a crié un homme de 47 ans en précipitant sa camionnette sur des fidèles sortant de la mosquée de Finsbury Park dans le nord-est de Londres dans la nuit de dimanche à lundi, ont raconté des témoins.

La foule était en train de quitter la mosquée peu après minuit en ce mois de ramadan où beaucoup de fidèles se retrouvent pour prier le soir, après la rupture du jeûne, quand la camionnette blanche a foncé sur un groupe de personnes en train de secourir un homme qui s'était évanoui.

"La camionnette a soudainement tourné à gauche et a délibérément percuté des gens", a raconté Abdiqadir Warra à l'AFP.

"Il s'est engagé dans une allée et il a roulé sur des gens. Il en a traîné certains sur plusieurs mètres", a-t-il ajouté.

"L'un d'entre eux était sous la camionnette et les gens se sont rassemblés pour soulever le véhicule afin de sortir l'homme qui était en-dessous", a-t-il poursuivi.

Selon Khalid Amin, un autre témoin interrogé par la BBC, l'auteur des faits a crié: "tous les musulmans, je veux tuer tous les musulmans!".

L'homme a été arrêté au motif d'avoir "commis, préparé ou incité à un acte de terrorisme, y compris le meurtre et la tentative de meurtre", a indiqué la police en fin de journée.

Elle a précisé effectuer une perquisition à un domicile de la région de Cardiff, dans le pays de Galles (sud-ouest).

Soutien du rabbin

Les passants ont réussi à l'immobiliser après qu'il eut essayé de fuir. "Les gens l'ont entouré" jusqu'à l'arrivée de la police qui l'a arrêté, selon M. Amin.

Selon la police, l'homme est âgé de 48 ans et aurait agi seul. Il a été conduit dans un hôpital pour subir une expertise psychologique.

"Les gens criaient: 'c'est une attaque terroriste, cet homme nous attaque'", raconte à l'AFP Athman, un autre témoin. "Je suis alors retourné sur mes pas pour essayer d'aider les gens, leur donner de l'eau, aider la police".

Selon lui, le responsable de l'attaque a fait "des signes de victoire dans le fourgon de police, il était très content".

Alors que l'inquiétude était palpable ces dernières semaines chez les musulmans britanniques à la suite de trois attentats revendiqués par le groupe jihadiste État islamique depuis le 22 mars, Athman souligne: "il a choisi le moment, il a choisi le lieu et il a choisi la cible. C'est le mois sacré du ramadan".

"Les gens ne se sentent pas en sécurité car depuis les attaques terroristes de Londres et Manchester, il y a eu une hausse de l'islamophobie et des crimes haineux", a dit le président de la mosquée de Finsbury Park Mohammed Kozbar.

"Notre communauté est en état de choc", a-t-il ajouté, condamnant cette "attaque terroriste haineuse" et appelant les fidèles qui assistent aux prières à se montrer vigilants.

Mendy Korer, le rabbin d'une synagogue locale, est venu manifester son soutien. "Nous vivons ensemble, il appartient à chacun d'entre nous de rompre ce cycle. Nous ne pourrons pas régler les problèmes du monde, mais nous devons régler ceux de notre quartier" a-t-il déclaré à l'AFP.

'Sang sur les mains'

Les habitants ont tenu à exprimer leur solidarité. Certains sont venus déposer des bouquets de fleurs devant la porte de la mosquée, un grand bâtiment en briques rouges avec un minaret orné d'un croissant doré, située à une centaine de mètres de l'attaque.

Certains bouquets sont accompagnés de messages. "Une seule communauté, rassemblée", peut-on lire sur l'un d'eux. "Nous ne serons pas divisés", est-il écrit, en lettres multicolore, sur une pancarte.

"Il faut que les gens sachent qu'à Londres, nous vivons tous côte-à-côte", souligne Jamal Ahmef, 23 ans. "Nous sommes tolérants, quelles que soient les religions, les ethnies, la couleur de peau. Nous sommes tous des êtres humains en fin de compte".

Dans ce quartier populaire, multiethnique, les autorités concentrent le mécontentement. Certains ont dénoncé la lenteur de la police à qualifier l'attaque de terroriste, estimant qu'il y avait deux poids deux mesures.

La Première ministre Theresa May est également visée. "Je ne veux pas la voir, qu'elle ne vienne pas ici, ou j'aurai deux mots à lui dire", se fâche Tinkerbell McDonagh, une jeune maman en larmes qui craint qu'un de ses amis figure parmi les victimes. "Elle a du sang sur les mains", accuse-t-elle, en allusion aux coupes dans les effectifs policiers opérées par les conservateurs.

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