FrancoFolies: IAM, toujours rappeur

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IAM
Frédérique Ménard-Aubin
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Lors de sa dernière présence aux FrancoFolies, en 2013, IAM avait affiché complet au Métropolis. Pas besoin d’indiquer qu’il y avait du monde à cette messe du rap sur la place des Festivals, dimanche soir. Plusieurs milliers de personnes étaient présentes pour entendre Shurik’n, Akhenaton, Kheops, Imhotep et Kephren chanter les morceaux du mythique album L’école du micro d’argent, dont on célèbre le 20e anniversaire.

Bien qu’il y avait foule pour le collectif féminin Louve, la place des Festivals s’est compactée de manière hallucinante avant le début de la performance de IAM. Tant mieux.

Les membres du légendaire groupe marseillais sont montés sur les planches à 20h30. Au milieu de la scène, trois monticules noirs gouvernés par les beatmakers. Estampé sur celui du centre, on ne pouvait manquer le logo du groupe. Derrière, un écran géant pour diffuser de la vidéo et des captations en direct.

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IAM aux FrancoFolies
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À peine le groupe avait-il envoyé les premiers mots du morceau Nés sous la même étoile (de l’album L’école du micro d’argent) que des milliers de fans entonnaient les paroles, les bras levés vers ciel. Belle entrée en matière.

Juste après, la récente chanson Monnaie de macaque, issue de l’album Rêvolution (2017), a quand même fait son effet.

Au son des platines, le morceau L’école du micro d’Argent a ensuite rajouté du piquant. Vieux rap français, certes, mais les gens ont adoré. La pièce suivante intitulée Samouraï a aussi répondu aux attentes. Sur des gros beats de basse, IAM a partagé l’histoire de cet homme qui partira avec honneur, comme un guerrier.

Au terme de trois chansons, on avait déjà bien compris la formule : des chanteurs cool qui utilisent les codes du rap pour passer les chansons, sans fioriture. Quoiqu’il en soit, jusque là, c’était sans bavure.

D’abord, L’école du micro d’argent

IAM a ensuite glissé un autre morceau de son récent opus, Chanson d’automne, dans lequel IAM dénonce le capitalisme, la cupidité, la haine, l’injustice… Pas mal. Or, les gens étaient visiblement venus pour entendre - surtout - les morceaux de L’école du micro d’argent.

Quoi de mieux, alors, que de livrer des pièces tirées du réputé disque ? C’est ainsi qu’on a entendu La saga, un autre morceau qui a fait grand plaisir aux festivaliers.

«Ça s’passe ?» a crié à pleins poumons Akhenaton avant d’envoyer «oh ouais, ça s’passe…» La chanson Chez le mac a été livrée d’un trait par lui et ses complices…

Un brin linéaire ?

Petit bémol : après une dizaine de chansons, on a remarqué que celles-ci se ressemblaient grandement de l’une à l’autre, du moins au plan musical. Beaucoup de mots, beaucoup de thèmes semblables et beaucoup de rythmes similaires.

«Faites du bruit pour Meryem Saci (auteure-compositrice-interprète et MC montréalaise originaire d’Algérie)», a lancé Akhenaton juste avant que celle-ci se présente à l’avant-scène pour interpréter (elle a livré seule les complets dans une ambiance très soul / R’n’B) avec le groupe le morceau Bien plus beau (aussi de Rêvolution).

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IAM a enchaîné avec L’empire du côté obscur, sorte d’hommage à l’ordre Jedi et aux vilains de l’univers Star Wars. Les quatre chanteurs avaient même en main un tube rouge symbolisant le fameux sabre laser utilisé par Luke Skywalker, Darth Vader et les autres adeptes de la Force.

Sur une lourde basse est arrivée par la suite Petit frère. Boum, boum, boum… «Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand / C'est pourquoi il s'obstine à jouer les sauvages dès l'âge de 10 ans / Devenir adulte, avec les infos comme mentor / C'est éclater les tronches de ceux qui ne sont pas d'accord»

 

…«Petit frère, petit frère, ouais…» Swicka swik swicka swick, l’un des beatmakers a balancé en même temps son scratch d’un autre temps. Réussi.

 

Le Mia

Oh, quand on disait plus haut que le show était plutôt linéaire, ce n’est pas tout à fait vrai : il y a aussi eu quelques adorables moments de divertissement singuliers, tels que le fameux concours de danse sur des airs de disco. D’autant plus que les gars ont poursuivi avec une version assez funky de Je danse le Mia (du maxi du même nom sorti en 1994).

À l’instar d’un peloton de combattants Jedi, les quatre chanteurs du groupe ont ainsi livré leur panoplie de compositions durant 90 minutes: unis et sans faux pas. Après, c’est un peu comme le monde de George Lucas, on adhère ou non à cet univers rap très typé, à la limite du surréel. Cela dit, ils ont été, comme toujours, de superbes entertainers. À cet égard, une mention spéciale pour Shurik'n qui s’est avéré une véritable bête de scène aux FrancoFolies. Et puis, franchement, L’école du micro d’argent, c’est du solide, même après 20 ans.

À noter que c’était officiellement le premier spectacle de la longue et nouvelle tournée L’École au micro d’argent.

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