POLITIQUE

Élèves en difficulté: Québec connaît-il vraiment l'ampleur des besoins?

13/06/2017 06:05 EDT | Actualisé 13/06/2017 06:06 EDT
Radio-Canada

Alors que le nombre d'élèves en difficulté d'apprentissage est à la hausse dans les écoles, la Coalition avenir Québec (CAQ) s'indigne du fait que le ministère de l'Éducation n'ait pas un portrait détaillé des besoins dans la province.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

À une demande d’accès à l’information destinée à obtenir les listes des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage (HDAA) en attente de services, le ministère répond que les documents demandés sont inexistants. Il suggère ensuite de faire cette requête aux commissions scolaires.

La CAQ a donc fait la même demande aux 72 commissions scolaires du Québec. Parmi les 45 commissions ayant fourni une réponse jusqu’ici, 22, dont la Commission scolaire de la Capitale à Québec, ont indiqué ne détenir aucune liste d’élèves HDAA en attente de services. Quant à la Commission scolaire de Montréal, elle ne fait que répertorier les élèves en attente de services en psychologie.

«C’est un fouillis total. Pendant que les élèves attendent des services et que les parents prient chaque soir dans l’espoir d’un orthophoniste ou d’un orthopédagogue pour s’occuper de leur enfant, les commissions scolaires improvisent totalement.» - Jean-François Roberge, porte-parole de la CAQ en matière d'éducation

Le porte-parole en matière d’éducation, Jean-François Roberge, s’explique mal comment le ministre Sébastien Proulx peut promettre l’ajout à la rentrée de 1500 nouvelles personnes en services directs aux élèves de maternelle et de première année en n’ayant « aucune idée des besoins ».

En réaction à ces informations, le cabinet du ministre de l’Éducation précise qu’il appartient aux commissions scolaires, en vertu de la loi, d’adapter les services éducatifs aux élèves en difficulté.

Nombre d'élèves HDAA en 2015-2016 : 207 016

Les commissions scolaires prônent l’autonomie

Pour expliquer l’absence d’une telle liste, la Commission scolaire des Patriotes en Montérégie écrit par exemple que « chaque école priorise les services à offrir à ses élèves, en tenant compte de leurs besoins, de façon autonome ».

À la Fédération des commissions scolaires du Québec, l’attachée de presse Caroline Lemieux reconnaît qu’un portrait détaillé de la situation n’existe pas. Elle indique toutefois que les commissions scolaires investissent en fonction des évaluations faites par les enseignants en début d’année, voire « davantage que les subventions du gouvernement destinées aux élèves HDAA ».

Le manque de ressources demeure toujours un enjeu préoccupant, ajoute Caroline Lemieux, qui souligne que les 1500 personnes additionnelles en septembre seront les bienvenues.

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