DIVERTISSEMENT

Corneille, sa classe, ses chansons et ses histoires (PHOTOS)

10/06/2017 09:48 EDT | Actualisé 10/06/2017 10:15 EDT
Frédérique Ménard-Aubin

Avec classe: une célébration de 15 ans de chansons était un titre bien choisi pour le concert-anniversaire de Corneille au Club Soda que présentaient les FrancoFolies de Montréal, vendredi soir.

La classe, l’auteur-compositeur-interprète la trimballe toujours de tout son être, élégant qu’il était dans son smoking blanc au nœud papillon noir. Les chansons, elles sont encore bien vivantes, chacune évoquant une époque de la décennie et demie de métier de l’artiste au bagage difficile. Et la célébration a été à la hauteur, devant ce parterre d’admirateurs qu’on soupçonne être de la première heure du chanteur, et qui connaissait son répertoire pratiquement par cœur.

Seul élément qui n’était pas inclus dans l’invitation officielle du spectacle : les interminables histoires racontées par Corneille au micro, qu’il a étirées jusqu’à plus soif, jusqu’à en provoquer l’impatience chez certains spectateurs.

«Ce soir, on prend notre temps, parce que ça fait très longtemps que je ne vous ai pas vus», a lancé l’hôte en guise de convocation à poursuivre les festivités, après Les sommets de nos vies et Le jour après la fin du monde, servies en apéro.

Corneille n’aurait cru si bien dire. Il en avait tellement long à communiquer que c’en était parfois, justement, trop long ; certains commentaires entendus çà et là dans la foule laissaient entendre assez clairement qu’on préférait entonner ses classiques plutôt que de l’écouter s’épancher en récits divers, même intéressants et bien rendus.

Les salutations aux quatre musiciens, aux deux choristes et à son pote Marco Volcy, qui avait assuré sa première partie (avec ses rythmes chauds et sa remarquable énergie), en tout début de soirée, n’ont pas été spécialement concises, et on a particulièrement tiqué à la version beaucoup trop allongée inutilement, participation du public quémandée à l’appui, du Bon Dieu est une femme, avant même la mi-parcours du programme.

Corneille FrancoFolies 2017

Jusque-là, Des pères, des hommes et des frères, Le paradis, Les marchands de rêves (en duo avec Noémie Lorzema, finaliste à La voix IV) et Seul au monde (portée par une chorale élevée dans la salle, à donner le frisson) avaient toutes été introduites par de longs et soignés préambules.

Plus de vigueur

Heureusement, le matériel à l’honneur (pigé dans les six collections de la discographie de Corneille) était solide, connu, apprécié et, après ce long intermède du Bon Dieu, comme s’il sentait l’énergie de la foule baisser d’un cran, Corneille s’est empressé d’accélérer la cadence et de redonner un peu de vigueur à son enchaînement. Beaucoup de vigueur, même.

On a à peine entendu passer D’amour ou d’amitié (qui nous a valu une blague fort à propos sur le fait que Céline Dion avait été la première à chanter le concept de «friendzone»), Sans rancune, J’en sais assez et Tous les deux.

C’est ensuite sans répit qu’il a largué ce qu’on attendait avec le plus d’impatience, les Avec Classe, Rêves de star et Ensemble de ses belles années radiophoniques, qui ont été littéralement hurlées entre les murs de la petite bâtisse du boulevard Saint-Laurent. Et que dire de l’accueil réservé à Comme un fils et Parce qu’on vient de loin, au rappel!

Car, outre le bavardage qui semblait tenir à cœur à Corneille, rien à redire à la festive ambiance qui les a accueillis, lui et sa Célébration de 15 ans de chansons: dans le Club Soda où on se tient essentiellement debout, on a chanté et dansé, comme dans un beau grand karaoké où il fait bon cracher toutes ces paroles qu’on connaît inlassablement, même si elles sont parfois graves, comme dans l’œuvre de Corneille. On était là pour fêter, et on a fêté!

Vrai qu’on s’ennuyait peut-être de Corneille ces dernières années, pendant que celui-ci s’écartait, récemment, entre le projet Forever Gentleman, le lancement de sa biographie Là où le soleil disparaît et sa participation comme mentor de Marc Dupré à La Voix. Cette petite trempette dans les succès qui nous l’ont fait connaître était une très bonne idée; il y aurait peut-être même matière là à démarrer une tournée.

Vendredi, voulant sans doute trop se faire plaisir, Corneille a ainsi offert une prestation plus ou moins équilibrée, comme s’il avait réalisé trop tard qu’il devait garder son assistance captive, mais il s’est bien rattrapé en fin de parcours. À retenir, donc, pour ton rassemblement de 20 ans de carrière, cher Corneille : moins de jasette, et plus de musique!

Les 29e FrancoFolies de Montréal se poursuivent jusqu’au 18 juin.