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Le Canada est plus vulnérable à cause de l'endettement et du marché du logement

08/06/2017 10:05 EDT
Bloomberg via Getty Images
A mansion for sale listed at $23.8 million dollars stands in West Vancouver, British Columbia, Canada, on Wednesday, June 15, 2016. Vancouver has long been one of the world's most expensive places to live but price gains have reached a whole new level of intensity this year. Low interest rates, rising immigration, and a surge of foreign moneyparticularly from Chinahave all driven the increases. Photographer: Ben Nelms/Bloomberg via Getty Images

OTTAWA — La Banque du Canada a estimé jeudi que le système financier du pays était de plus en plus exposé aux chocs économiques, dans un contexte où le niveau d'endettement des ménages continue à grimper et où le marché du logement donne des signes de déséquilibre.

Mais même si ces vulnérabilités continuent de s'accentuer, le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, a estimé que le système financier restait résilient dans son ensemble et que les conditions économiques plus larges montraient des signes d'amélioration.

L'évaluation de la banque centrale s'inscrivait dans le cadre de sa revue semestrielle des principales vulnérabilités et des risques qui entourent la stabilité du système financier.

Les deux plus grandes inquiétudes de la banque centrale sont interreliées. Selon son analyse, la croissance des prêts hypothécaires à Toronto et à Vancouver a largement alimenté l'augmentation du niveau d'endettement d'ensemble des Canadiens depuis sa dernière évaluation, dévoilée il y a six mois.

«Les ménages fortement endettés disposent d'une moins grande marge de manœuvre pour faire face à des variations soudaines de leurs revenus», affirme la banque dans son rapport.

«Plus leur nombre augmente, plus il est probable que des chocs économiques négatifs dans le secteur des ménages entraînent des conséquences importantes pour l'économie et le système financier.»

La publication du document survient alors que les inquiétudes continuent de s'accumuler au sujet du marché immobilier canadien. Cette semaine, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a recommandé au Canada d'en faire plus pour limiter les risques associés à la surchauffe des marchés immobiliers, qui touche particulièrement Toronto et Vancouver.

Le rapport de la banque centrale a aussi noté la récente décision de l'agence de notation Moody's d'abaisser la note des six grandes banques canadiennes en raison de la hausse de la dette du secteur privé des prix élevés des logements.

Au cours de la dernière année, divers gouvernements à travers le Canada ont mis en place des mesures destinées au marché du logement et des changements de politiques qui devraient aider à assouplir ces vulnérabilités avec le temps, a prédit la banque centrale.

Les récentes mesures mises en place par le gouvernement fédéral ont amélioré la qualité du crédit des hypothèques assurées, mais le nombre d'hypothèques non assurées augmente et les caractéristiques de certaines d'entre elles témoignent d'un risque accru, a poursuivi la banque.

Le rapport fait aussi état de certains indices laissant croire qu'un nombre croissant d'emprunteurs réussissent à accumuler la somme nécessaire au versement d'une mise de fonds au moyen d'autres types de prêts, afin de ne pas avoir à souscrire un prêt assuré. La banque juge qu'il pourrait s'agir d'une nouvelle source de préoccupations, «tout dépendant de l'origine du prêt».

La banque a aussi identifié deux risques clés qui pourraient menacer le système financier.

Le premier est un «choc de demande étrangère négatif, persistant et de grande ampleur» qui entraînerait une profonde récession. Même si la banque a noté que la probabilité de voir un tel risque se concrétiser était faible, le fait que la vulnérabilité des ménages se soit accentuée fait en sorte que ses conséquences, s'il devait se matérialiser, seraient plus graves.

L'autre risque, que la banque centrale considère comme «modéré», est une correction régionale des prix des logements dans les marchés en surchauffe, comme ceux de Toronto et de Vancouver et leurs régions avoisinantes. Un tel développement nuirait à l'économie plus large et au système financier, a-t-elle précisé.

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