POLITIQUE

Bloc québécois: Martine Ouellet présente ses excuses à Rhéal Fortin

08/06/2017 11:55 EDT | Actualisé 08/06/2017 11:55 EDT
La Presse canadienne

La crise au Bloc québécois se résorbe. En point de presse à la sortie du caucus du parti, la chef Martine Ouellet a présenté ses excuses au député et ex-chef intérimaire Rhéal Fortin, qui les a acceptées.

À la sortie de la réunion du caucus qu’elle avait convoquée pour dénouer la crise au sein de son parti, Martine Ouellet a affirmé que le Bloc québécois est toujours uni et que cette crise est désormais chose du passé.

« On a eu des discussions extrêmement constructives, on a tous travaillé ensemble et c’est ce qu’on va faire dans l’avenir. On va se donner les moyens de travailler ensemble », a expliqué la chef bloquiste avant d’offrir des excuses à son ex-chef parlementaire Rhéal Fortin, éclaboussé mercredi par des allégations coulées dans les journaux par l'ex-chef de cabinet Louis-Philippe Dubois.

«Je veux lui présenter mes excuses pour ce qui s’est fait et c’est d’ailleurs pour cela que je me suis dissociée de ces propos, que j’ai jugé que c’était inacceptable, et que j’ai démis de ses fonctions le chef de cabinet»
— Martine Ouellet, chef du Bloc québécois

« Si ça lui a causé du tort, je m’en excuse. J’ai toute confiance en Rhéal qui a fait un excellent travail comme chef parlementaire par intérim à soutenir le Bloc québécois pendant 18 mois », a ajouté Mme Ouellet.

Debout à ses côtés, Rhéal Fortin a accepté les excuses de sa chef et assuré qu’il avait l’intention de travailler avec elle en ajoutant : « Je pense qu’on va continuer sur notre lancée et le Bloc sera d’autant plus efficace dans les mois qui viennent. »

« Le Bloc est uni, Martine c’est notre chef, elle a notre pleine confiance », a indiqué Gabriel Ste-Marie, député bloquiste de Joliette.

L'ambiance était pourtant moins solidaire quelques heures avant. Visiblement irritée par l'attitude de certains députés et par « le sabotage » au sein du parti, Martine Ouellet avait déclaré à son arrivée à la rencontre que « la récréation » est terminée et que « certains députés auront un choix à faire », sans en dire davantage sur le choix en question.

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Louis-Philippe Dubois affirme avoir agi pour protéger sa chef

Plus tôt ce matin, son ex-chef de cabinet, Louis-Philippe Dubois, au coeur de la crise, a rendu publique une lettre pour prendre la défense de Mme Ouellet.

M. Dubois a été limogé mercredi, peu avant une sortie publique de 7 des 10 députés bloquistes, qui l'accusaient de travailler contre le parti en ayant divulgué des informations dans les médias pour salir la réputation du député Rhéal Fortin.

Dans sa lettre intitulée « Pour protéger ma chef », il explique avoir tout fait pour prémunir Martine Ouellet contre les manœuvres du groupe de députés qui ont entrepris, selon lui, de l'intimider et de la discréditer au sein du caucus.

«Il y a eu du coulage dans les médias d’affirmations mensongères sur ma gestion des fonds parlementaires ou sur ma prétendue incompétence. Des points de presse ont été sabotés» - Louis-Philippe Dubois, ex-chef de cabinet de Martine Ouellet

D’après Louis-Philippe Dubois, des députés étaient offensés que Martine Ouellet l’ait nommé chef de cabinet sans les avoir consultés au préalable. Selon M. Dubois, il était clair qu’une mutinerie se préparait dans les rangs du parti.

Le groupe de députés aurait tenté de « faire comprendre à la chef qu’elle devait avoir leur aval avant de nommer les officiers du caucus ainsi que son chef de cabinet », ce qu’aurait refusé Mme Ouellet. Les trois mécontents auraient alors intensifié leur campagne de dénigrement au sein du caucus lors de « rencontres secrètes » où ils ont rallié quatre députés de plus à leur cause.

Crise de confiance

La crise a finalement éclaté au grand jour mercredi quand, dans la foulée du limogeage de M. Dubois, 7 des 10 députés du Bloc - Gabriel Ste-Marie, Monique Pauzé, Rhéal Fortin, Louis Plamondon, Michel Boudrias, Simon Marcil et Luc Thériault - se sont adressés à la presse pour exprimer haut et fort leur mécontentement.

« Notre lien de confiance [avec] Martine est affecté, et ça va prendre bien du travail pour le rétablir », déclarait alors Gabriel Ste-Marie. Ces élus ont accusé M. Dubois de travailler « davantage contre les députés du Bloc que pour le Bloc », ajoutant que sa nomination avait été « un immense manque de jugement ».

Trois conditions posées par les députés dissidents

Selon La Presse canadienne, les sept députés en rupture avec leur chef exigent trois gestes de Martine Ouellet :

  • Changer de ton;
  • Limoger son chef parlementaire Xavier-Barsalou-Duval;
  • Que la nomination de son prochain chef de cabinet fasse l’unanimité au sein du caucus.

Martine Ouellet victime « d'obstruction systématique », selon Mario Beaulieu

Le député bloquiste Mario Beaulieu a défendu, en entrevue à RDI, le leadership de Martine Ouellet. Il abonde dans le sens de l’ex-chef de cabinet de cette dernière en affirmant que, « dès l’élection de Martine Ouellet, il y a eu de l’obstruction systématique, des gens qui n’acceptaient pas le choix des membres ».

«Le fond de l’histoire, c’est plus qu’il y a des députés qui n’acceptent pas son élection comme chef» - Mario Beaulieu, député du Bloc québécois

Il déplore que Mme Ouellet n’ait jamais bénéficié de la « chance au coureur » et qu’elle ait dû travailler dans des conditions très difficiles; et « maintenant, ça éclate ».

Il refuse cependant d’embarquer dans les allégations concernant les fuites initiées par le chef de cabinet de l’aile parlementaire, se limitant à dire qu’elle a « fait ce qu’elle devait faire » en le démettant de ses fonctions.

Lisée appelle à l'unité et la cohésion

Interrogé lors de son point de presse matinal à l’Assemblée nationale, le chef du Parti québécois a tenu à vanter le travail des bloquistes, avant de les appeler à faire preuve de « cohésion » et « d’unité », dans « l’intérêt des Québécois qu’ils représentent à Ottawa ».

«J’ai bon espoir que, dans trois mois, on n'en parlera plus de cette crise-là. Trois mois, deux mois, deux semaines : vous savez, les choses vont vite en politique!»
— Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

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