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Turquie : Washington «préoccupé» par l'arrestation du responsable d'Amnesty

07/06/2017 06:20 EDT | Actualisé 07/06/2017 06:37 EDT
uschools via Getty Images
The United States Capitol Building

Les États-Unis ont exhorté mercredi la Turquie à respecter les procédures judiciaires après l'arrestation la veille du responsable d'Amnesty International en Turquie.

Washington est "extrêmement préoccupé" par l'arrestation de Taner Kiliç, président du directoire de la branche turque d'Amnesty, a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.

Dans un communiqué, cette dernière estime que Taner Kiliç n'est "que le dernier d'une série de défenseurs des droits de l'homme, journalistes, d'universitaires et de militants arrêtés en Turquie".

"Nous suivons de près ces cas et soulignons l'importance de respecter les procédures établies et les droits inscrits dans la constitution turque et conformes aux propres engagements internationaux de la Turquie", poursuit le communiqué.

"Les arrestations d'individus tels que M. Kiliç nuisent au débat public et sapent la qualité de la démocratie", met encore en garde la porte-parole.

L'avocat Taner Kiliç a été interpellé à Izmir avec 22 confrères soupçonnés comme lui, selon l'ONG, de liens avec la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué en juillet dernier.

Amnesty International a appelé à la libération immédiate des détenus, et à l'abandon des poursuites "en l'absence de preuves crédibles", estimant que cette arrestation démontrait le caractère "arbitraire" des purges lancées après la tentative de putsch du 15 juillet.

L'ONG indique dans son communiqué que l'interpellation de M. Kiliç, qui dirige Amnesty en Turquie depuis 2014, "ne semble pas liée aux activités d'Amnesty International".

Après le putsch avorté, les dirigeants turcs ont lancé des purges d'une ampleur inédite visant initialement les partisans présumés de M. Gülen, avant de s'étendre à la mouvance prokurde et à des médias critiques. Environ 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des militaires, des magistrats et des enseignants.

Dans son communiqué, le département d'État estime que les 23 dernières arrestations, "souvent soutenues par peu de preuves" et dont le processus manque de "transparence" dénotent d'une "tendance inquiétante".

"Comme nous l'avons dit au gouvernement turc en de nombreuses occasions, les restrictions persistantes à la liberté d'expression et aux autres libertés sapent les fondations de la société démocratique", écrit Heather Nauert.

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