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Trump veut un examen «en urgence» d'un décret anti-immigration «beaucoup plus strict»

05/06/2017 01:36 EDT | Actualisé 05/06/2017 01:36 EDT
Joshua Roberts / Reuters
U.S. President Donald Trump refers to amounts of temperature change as he announces his decision that the United States will withdraw from the landmark Paris Climate Agreement in the Rose Garden of the White House in Washington, U.S., June 1, 2017. REUTERS/Joshua Roberts

Le président américain Donald Trump a appelé lundi la Cour suprême des Etats-Unis a examiner "en urgence" son décret anti-immigration à l'encontre de certains pays musulmans, dont il demande une version "beaucoup plus stricte".

"Le ministère de la Justice doit demander un examen d'urgence de l'interdiction de voyager édulcorée devant la Cour suprême et demander une version beaucoup plus stricte", a-t-il déclaré sur Twitter.

L'administration Trump a saisi jeudi la Cour suprême pour faire rétablir ce décret interdisant temporairement l'arrivée sur le sol américain aux ressortissants de six pays (Iran, Libye, Somalie, Syrie, Soudan et Yémen) et à tous les réfugiés.

La justice fédérale avait déjà rejeté une première mouture de ce décret et une seconde version, rédigée de manière plus détaillée juridiquement, a également été suspendue.

Rompant avec la prudence sémantique adoptée par son administration pour défendre le texte, le dirigeant a déclaré: "les gens, les avocats et les tribunaux peuvent l'appeler comme ils le veulent, mais je l'appelle comme nous devons le faire, c'est-à-dire une INTERDICTION DE VOYAGE!"

Son porte-parole et son ministre de la Sécurité intérieure avaient pourtant pris soin de rejeter cette appellation au profit de descriptions plus techniques comme "une pause temporaire nous permettant de réexaminer le système de visas pour réfugiés".

Les tweets étaient peut-être une réponse à une séquence, vingt minutes plus tôt, de l'émission Morning Joe sur MSNBC, dont les présentateurs critiquaient ces tergiversations.

Donald Trump s'en est également pris à son propre ministère de la Justice, estimant qu'il aurait dû conserver la version originale de son décret "et pas la version édulcorée, politiquement correcte, qui a été soumise à la Cour suprême".

En parlant d'édulcoration, il affaiblit la position des avocats du gouvernement, qui cherchent à distancer le décret des propos de Donald Trump sur Twitter ou en campagne, quand il avait déclaré vouloir interdire aux musulmans de venir aux Etats-Unis.

L'avocat d'Hawaï, l'un des Etats ayant intenté une procédure en justice, a d'ailleurs ironisé sur cette série de tweets.

"C'est un peu étrange de voir (la personne visée par une action en justice) jouer le rôle de notre co-avocat. Nous n'avons pas besoin d'aide mais nous l'acceptons!" a tweeté l'avocat, Neal Katyal.

Au total, le milliardaire a tweeté quatre fois sur le sujet avant 07H00 du matin.

"De toute façon, nous procédons à des VERIFICATIONS EXTREMES des gens qui arrivent aux Etats-Unis pour que notre pays reste en sécurité. Les tribunaux sont lents et politisés", a-t-il aussi écrit.

Le décret initial visait une fermeture des frontières pendant seulement 90 ou 120 jours selon les catégories, un délai justifié par l'administration comme nécessaire pour mettre au point un nouveau système de "vérification extrême" des voyageurs.

Comme l'ont souligné plusieurs élus, dont des républicains, l'administration a donc à ce stade eu le temps de créer ce nouveau système, rendant le décret obsolète.

Et de fait, depuis la fin mai, les Etats-Unis ont commencé à exiger des demandeurs de visas, quelle que soit leur nationalité, des informations sur leur identité et leurs comptes sur les réseaux sociaux.

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