NOUVELLES

Le Monténégro entre dans l'OTAN, sans fanfare

05/06/2017 12:43 EDT | Actualisé 05/06/2017 12:45 EDT
Derek Brumby via Getty Images
Flag of Montenegro in front of a clear blue sky

Le Monténégro est officiellement devenu lundi le 29e membre de l'OTAN, au moment où le président américain Donald Trump envoie des signaux ambigus à l'égard de l'Alliance atlantique.

Le ministre des Affaires étrangères Srdjan Darmanovic a remis lundi l'instrument d'accession de son petit pays de 620 000 habitants à l'Alliance, dans une cérémonie en milieu de journée au département d'Etat américain.

L'Alliance atlantique intégre une nouvelle fois un pays de l'ancien bloc soviétique, au grand dam de Moscou qui considère cette adhésion comme une "provocation".

L'OTAN contrôle désormais avec cette intégration tout le littoral nord de la Méditerranée, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'à la Syrie.

Mais cette nouvelle extension survient à un moment d'inquiétude en Europe sur l'engagement du président américain Donald Trump envers l'alliance, qu'il avait qualifiée pendant sa campagne électorale "d'obsolète".

Lundi, le site américain Politico est revenu sur la manière dont le président américain Donald Trump a infligé une sérieuse déconvenue à ses partenaires pour son premier sommet de l'OTAN à Bruxelles le 25 mai, en refusant de s'engager explicitement en faveur de leur défense collective.

Selon le site américain, qui cite plusieurs sources au sein de l'administration, M. Trump a décidé au dernier moment de ne pas affirmer son soutien à l'article 5 de l'Alliance, qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.

Et il a pris de court son équipe de sécurité nationale, persuadée jusqu'au dernier moment que le discours contenait bien cette référence en faveur de laquelle le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, le secrétaire à la Défense Jim Mattis, et le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster s'étaient fermement prononcés.

De manière plus anecdotique, le Premier ministre du Monténégro avait lui-même semblé faire les frais à Bruxelles de la tension entre M. Trump et ses partenaires de l'OTAN.

Sur des images qui ont fait le régal des réseaux sociaux, M. Markovic se voit écarter sans ménagement par un Donald Trump cherchant à se placer au premier rang.

Sanctions de Moscou

En 2015, l'annonce de l'adhésion de ce petit pays majoritairement slave et orthodoxe avait entraîné des manifestations émaillées de violences, organisées par l'opposition pro-russe.

Comme les négociations avec l'Union européenne, cet arrimage à l'Occident a été imposé par l'ancien premier ministre Milo Djukanovic, maître du Monténégro de 1991 à fin 2016, quand il a passé la main à Dusko Markovic.

Les autorités du Monténégro ont affirmé avoir déjoué un coup d'Etat quelques heures avant les législatives du 16 octobre 2016, accusant les comploteurs soutenus par des "organes d'Etat russes" d'avoir projeté d'entrer dans le parlement pour proclamer la victoire d'une coalition de l'opposition pro-russe.

La Maison Blanche a affirmé avoir avoir obtenu des informations crédibles selon lesquelles Moscou avait apporté son soutien au coup.

Moscou avait jugé en avril que l'adhésion du Monténégro à l'Alliance atlantique "reflète la logique de confrontation sur le continent européen, la mise en place de nouvelles lignes de démarcation".

La Russie a sanctionné le Monténégro notamment en bloquant l'importation de ses vins, soit un manque à gagner d'1,7 million d'euros sur les quelque 2,5 millions exportés vers la Russie.

Dans les Balkans, seules la Macédoine et la Serbie gardent leur distance vis-à-vis de l'OTAN, même si la première est formellement candidate, un processus bloqué depuis 2008.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter