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Trump croit bien aux changements climatiques, malgré son retrait de l'accord de Paris

03/06/2017 05:54 EDT | Actualisé 03/06/2017 05:54 EDT

Le président Donald Trump, qui vient de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, croit bien aux changements climatiques et à la responsabilité humaine dans celui-ci, a assuré samedi son ambassadrice à l'ONU Nikki Haley.

"Le président Trump pense que le climat change et il pense que les agents polluants font partie de l'équation", a déclaré la responsable américaine sur CBS et CNN, dans des entretiens qui doivent être diffusés dans leur intégralité dans les émissions du dimanche matin.

Le milliardaire républicain, qui avait qualifié durant sa campagne de "canular" le réchauffement climatique, "sait que cela évolue, que les États-Unis doivent agir de manière responsable et c'est ce que nous allons faire", a ajouté Mme Haley.

Après l'annonce-choc jeudi par Donald Trump d'un retrait de Washington de l'accord historique signé par 195 pays à Paris en décembre 2015 sous l'égide de l'ONU, la Maison-Blanche avait refusé vendredi de dire si le président croyait bien à la réalité du changement climatique.

Son ministre des Affaires étrangères Rex Tillerson, réputé favorable à ce que les États-Unis restent dans l'accord, avait assuré que la première puissance mondiale et second pollueur de la planète poursuivrait ses "efforts de réduction des gaz à effet de serre".

En revanche, Scott Pruitt, administrateur de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) et grand climato-sceptique, s'en est pris aux pays européens, accusés de vouloir affaiblir l'économie américaine, et aux "exagérateurs du climat".

Macron et Modi unis pour la lutte aux changements climatiques

Le président français Emmanuel Macron a reçu de son côté samedi le soutien appuyé du Premier ministre indien, dans sa volonté de défendre l'accord de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique, après le choc du retrait américain annoncé par Donald Trump.

L'Inde, l'un des pays les plus pollueurs de la planète," est pour l'accord de Paris, et travaillera dans ce domaine même au-delà", a déclaré le Premier ministre indien, Narendra Modi, lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Macron, à l'Élysée.

"Cet accord de Paris peut protéger des générations à venir", a souligné Narendra Modi. "Pour moi, pour les Indiens, la protection de l'environnement, de la planète, est un article de foi, car nous l'avons appris dans les Vedas (textes sacrés de l'hindouisme), qui existent depuis des millénaires".

L'Inde est le quatrième pays le plus pollueur en termes de gaz à effet de serre (6%), derrière la Chine (24%), les États-Unis (15%) et l'Union européenne (10%).

"Je veux ici redire que la France est pleinement engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique, que la France continuera à être engagée", a insisté M. Macron qui a annoncé qu'il se rendrait "avant la fin de l'année" en Inde "pour qu'ensemble nous puissions réunir un premier sommet de l'Alliance mondiale solaire".

Appel aux chercheurs

Depuis l'annonce du retrait américain de l'accord de Paris, M. Macron s'emploie à endosser le costume de champion de la lutte contre le réchauffement climatique.

"Make our planet great again" (rendez sa grandeur à notre planète), a d'abord lancé jeudi soir le président français en parodiant, dans un discours prononcé en anglais et en français, le slogan de campagne de M. Trump ("Make America great again"), fustigeant "une erreur pour son pays" du responsable américain, et "une faute pour l'avenir de la planète".

Vendredi, après s'être entretenu avec le pape du climat et des réfugiés, il a reçu à l'Élysée l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour les villes et le climat.

"Nous ne permettrons pas à Washington d'être sur notre chemin", a lancé ce dernier, assurant que villes, États fédérés, entreprises et citoyens américains se substitueront au gouvernement fédéral pour "satisfaire" malgré tout l'accord de Paris.

Dans une interview au quotidien Le Monde de samedi, M. Bloomberg a affirmé espérer "que Washington changera d'avis sur l'accord".

Dans la nuit, le ministère français des Affaires étrangères a continué à s'attaquer à la position américaine, via Twitter, en publiant des corrections en rouge sur la vidéo anti-accord de Paris publiée par la Maison-Blanche.

M. Macron a par ailleurs invité les chercheurs spécialisés dans l'environnement et la transition énergétique à venir travailler, comme il l'avait fait au cours de sa campagne présidentielle.

"À tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés que la décision du président des États-Unis a déçus", le président français a assuré qu'ils trouveraient "dans la France, une seconde patrie".

M. Macron doit réunir la semaine prochaine son gouvernement pour jeter les bases d'"un plan d'action concret" pour mettre en œuvre cette promesse.

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