POLITIQUE

Constitution: Gaétan Barrette se sent «en exil» au Canada

03/06/2017 12:26 EDT | Actualisé 03/06/2017 12:26 EDT
PC/Jacques Boissinot

Le Québec doit relancer les discussions pour un jour signer la Constitution de 1982, ont convenu les membres du Parti libéral du Québec (PLQ) réunis samedi en conseil général à Trois-Rivières.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est allé jusqu'à dire qu'il se sent actuellement "en exil" au Canada.

"Bien sûr qu'on se sent exilés au Canada parce qu'on en fait pas partie", a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Il juge "malheureux" le refus du premier ministre Justin Trudeau d'ouvrir le dialogue sur cette question. "On ne peut pas balayer du revers de la main toute conversation sur le texte fondateur (...) Si le premier ministre du Canada n'a pas d'intérêt à la Constitution, c'est lourd de conséquences. M. Trudeau doit prendre acte du sentiment des Québécois et des francophones au Canada et amorcer une réflexion", a-t-il affirmé.

La nouvelle politique d'affirmation du Québec, présentée cette semaine par le premier ministre Philippe Couillard, vise à engager la conversation avec tous les Canadiens en vue d'éventuelles négociations constitutionnelles.

L'approche privilégiée est essentiellement pédagogique. Pas de couteau sur la gorge. Aucune échéance fixée. On veut surtout communiquer, convaincre, expliquer.

L'approche est rafraîchissante, selon le président de la Commission jeunesse du PLQ Jonathan Marleau, et vient rejoindre la nouvelle génération de milléniaux qui préfère le partage d'idées à la confrontation.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a ajouté que cette discussion était tout aussi importante que celle, plus terre à terre, sur les "infrastructures".

Parité

Par ailleurs, lors d'un discours devant ses militants samedi, M. Couillard a affirmé vouloir atteindre la "zone de parité" homme-femme aux prochaines élections.

Il aimerait que le nombre de candidates du PLQ en 2018 bondisse d'environ 10 points de pourcentage, pour atteindre au moins 40 pour cent.

"Il faut être en mouvement d'amélioration continue (...) On va demander à nos associations lorsqu'elles recrutent des candidatures possibles de tenir compte du fait qu'on veut s'approcher le plus possible de 40 pour cent de candidates", a-t-il maintenu.

Militantisme

Mais déjà, le PLQ fait face à un défi de taille en matière de recrutement; le premier ministre a reconnu que le membership était en baisse constante depuis quelques mois.

Après 13 colloques régionaux, le PLQ a approuvé samedi une dizaine de modifications au statut du parti, notamment pour créer un statut de "sympathisant" des membres accueillis gratuitement pour un an, avec un accès à toutes les communications du PLQ.

Un groupe de députés se voit aussi confier le mandat de sensibiliser les jeunes de plus de 16 ans à l'importance de l'implication politique.

Selon les derniers chiffres, le PLQ compte moins de 37 000 membres, comparativement à 11 500 membres pour la Coalition avenir Québec, 16 000 membres pour Québec solidaire et 90 000 membres pour le Parti québécois.

Éthique et intégrité

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, s'est dit "pas mal tanné" des articles de journaux établissant des "liens" entre le premier ministre Philippe Couillard et l'ex-ministre et organisateur libéral accusé de fraude, Marc-Yvan Côté.

Le premier ministre a passé la majeure partie de la semaine dans les câbles, affirmant mercredi "avoir tendu la main d'un être humain à un autre être humain", quand il a invité à sa maison en 2012 M. Côté pour l'aider à "relaxer", alors que celui-ci venait alors d'être éclaboussé par un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada.

M. Moreau a déclaré samedi que l'invitation de M. Couillard, qui n'était pas en politique à l'époque, n'avait rien d'un problème éthique. Les gens dans leur vie privée ont le droit de s'envoyer des courriels, a-t-il argué. Ceux qui ont soulevé la question, d'après lui, tentent de "créer un doute" dans l'esprit des gens, ce qui nuit à toute la classe politique.

Marc-Yvan Côté ne peut être banni du PLQ, comme le suggère la Coalition avenir Québec (CAQ), a-t-il dit, puisqu'il n'est même pas membre du parti.

Des militants libéraux ont ajouté craindre que les Québécois se "démobilisent". Le président sortant de la Commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, a qualifié les articles sur les questions d'éthique et d'intégrité d'"ennuyeux" et de "tristes" car ils ne font pas avancer le débat public.

En entrevue avec La Presse canadienne samedi, le député de Chomedey Guy Ouellette a réitéré son "écoeurement" face aux fuites répétées de courriels confidentiels par la police.

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