NOUVELLES
29/05/2017 12:23 EDT

Macron accuse Russia Today et Sputnik de "propagande" pendant la présidentielle française

Les médias russes Russia Today et Sputnik, financés par le Kremlin, "ont été des organes d'influence et de propagande" pendant la campagne présidentielle en France, a affirmé lundi le chef de l'Etat français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Versailles avec Vladimir Poutine.

Pendant la campagne présidentielle française, l'équipe de M. Macron avait déjà accusé les deux organes de presse russes de faire "partie d'un dispositif destiné à nous atteindre", au profit des candidats favorables à un rapprochement avec Moscou, comme la rivale d'extrême droite du centriste au second tour, Marine Le Pen.

Les "sanctions" contre la Russie ne contribuent "aucunement" à régler la crise ukrainienne, a déclaré pour sa part le président russe Vladimir Poutine lors de la conférence conjointe avec le président français Emmanuel Macron au château de Versailles.

"Vous avez demandé comment les sanctions contre la Russie pourront aider à régler la crise dans l'est de l'Ukraine ? Et voilà la réponse: aucunement!", a déclaré M. Poutine. M. Macron a de son côté indiqué qu'il y aurait "une discussion" au format Normandie (Russie, Allemagne, France et Ukraine) dans les "prochains jours ou semaines" pour éviter "une escalade" des tensions.

Emmanuel Macron a tracé une "ligne rouge" sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, avec Vladimir Poutine, allié du régime de Bachar al-Assad.

"Une ligne rouge très claire existe de notre côté, l'utilisation d'armes chimiques, par qui que ce soit", a prévenu le chef de l'Etat français lors de cette conférence de presse à Versailles, près de Paris.

"Toute utilisation d'armes chimiques fera l’objet de représailles et d'une riposte immédiate", a-t-il dit, alors que Moscou est un allié indéfectible du régime de Bachar Al-Assad, accusé d'avoir plusieurs fois utilisé des armes chimiques dans le conflit qui dure depuis plus de six ans.

M. Macron a toutefois souhaité un "partenariat" renforcé avec Moscou pour lutter contre le terrorisme en Syrie.

"C'est le fil directeur de notre action en Syrie et ce sur quoi je veux, qu'au-delà du travail que nous menons dans le cadre de la coalition, nous puissions renforcer notre partenariat avec la Russie", a-t-il dit.

"Notre priorité absolue, c'est la lutte contre le terrorisme (...) c'est le fil directeur de notre action en Syrie", a insisté le chef de l'Etat français, qui s'est accordé avec M. Poutine sur la création d’"un groupe de travail" franco-russe pour lutter contre le terrorisme.

M. Macron a aussi plaidé pour une transition démocratique pour la Syrie, "mais en préservant un Etat syrien". Dans la région, "les Etats faillis sont une menace pour nos démocraties et on l'a vu, à chaque fois, ils ont conduit à faire progresser les groupements terroristes", a-t-il souligné en référence notamment à la Libye.

Le président français a indiqué qu'il faudrait "discuter avec l'ensemble des partis en présence" dans le dossier syrien, "y compris les représentants de M. Bachar al-Assad".

"Mon obsession c'est d'avoir une feuille de route diplomatique et politique claire qui permette de construire la paix et de stabiliser cette région en même temps que nous éradiquons les terroristes", a-t-il dit.

- Éviter 'une escalade' -

Concernant l'Ukraine, le dialogue a été plus ouvert.

A la fermeté de M. Poutine pour qui "les sanctions" contre la Russie ne contribuent "aucunement" à régler la crise ukrainienne, le président français a répondu en rappelant qu'il y aurait "une discussion" au format Normandie, réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, dans les "prochains jours ou semaines" pour éviter "une escalade" des tensions dans ce pays.

La levée des sanctions est liée à l'application par la Russie des accords de Minsk signés en 2015, a rappelé le G7 la semaine dernière.

Sur la question épineuse des droits de l'Homme, évoquée ouvertement, le président français a indiqué qu'il serait "constamment vigilant" sur leur respect en Russie et en Tchétchénie.

Selon l'hebdomadaire russe Novaïa Gazeta, les autorités de Tchétchénie, où l'homosexualité est considérée comme un tabou, ont arrêté plus de cent homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur".

Selon M. Macron, M. Poutine a promis la "vérité complète" sur la répression des homosexuels en Tchétchénie et indiqué "avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT" pour "régler les sujets les plus sensibles".

Les soupçons d'ingérence des hackers russes dans la campagne présidentielle française n'ont en revanche, selon les deux présidents, pas été abordées. "On n'en a pas parlé et de mon côté ça n'existe pas comme problème", a affirmé M. Poutine.

Vladimir Poutine, de son côté, a justifié sa décision de recevoir la candidate d'extrême droite Marine Le Pen en mars. "Pourquoi refuser une rencontre avec une personnalité intéressante pour nous?" a-t-il lancé, soulignant que "Mme Le Pen a depuis toujours travaillé au rapprochement avec la Russie".

Selon M. Macron, le dialogue a été "extrêmement franc et direct" avec le président russe même s'il y a eu "partage de désaccords".

INOLTRE SU HUFFPOST

La Russie célèbre la victoire sur l'Allemagne nazie avec une grande parade