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Les artistes en deuil de Nicole Leblanc

25/05/2017 01:26 EDT

Plusieurs artistes se sont montrés très attristés par le départ de Nicole Leblanc, décédée mardi, à l’âge de 75 ans, des suites d’une longue maladie.

Réunis mercredi matin au restaurant Montréal Plaza pour une ronde d’entrevues, les acteurs des pièces Boeing Boeing et Sylvia, qui seront respectivement présentées au Théâtre Hector-Charland de L’Assomption et à la Maison des arts Desjardins de Drummondville, cet été, n’avaient évidemment que de bons mots à déclamer à l’égard de l’inoubliable Rose-Anna du Temps d’une paix, qui a aussi tenu les rôles marquants de Bella Cormoran dans Cormoran et de Paméla Lalonde dans 4 et demi.

«J’ai joué avec elle il y a environ trois ans, dans Août, un repas à la campagne, de Jean-Marc Dalpé, au Théâtre Duceppe, a raconté Pierrette Robitaille. Je suis tellement, tellement surprise, je ne m’attendais tellement pas à ça! Peut-être qu’elle était alors déjà malade, mais je ne le savais pas. Ça me fait de la peine, parce qu’elle n’était pas vieille, elle était en forme. Ça part vite…»

Bernard Fortin a regretté à voix haute de n’avoir pas eu la chance d’échanger davantage de répliques avec Nicole Leblanc au cours de sa carrière.

«Elle était venue nous voir il y a deux ans, quand on jouait la pièce Boeing Boeing à Drummondville. Elle était déjà malade, apparemment, mais on ne le savait pas, elle ne le disait pas, elle ne voulait écœurer personne avec ça. C’était une femme formidable, que j’aimais beaucoup, que j’ai croisée quelques fois sur des projets. Je n’ai malheureusement pas travaillé assez avec elle, mais j’adorais cette femme. Je trouve ça triste, mais elle s’est prise en charge elle-même. C’était son combat, et elle l’a vécu à sa façon. La perception que j’avais de cette femme, c’est que c’était un bloc, un roc», a dépeint Bernard Fortin qui, comme Nicole Leblanc, a jadis joué dans Virginie, mais ne partageait pas de moment avec elle dans ce téléroman.

Conseils d’une pionnière

Martine Francke avait les yeux remplis d’admiration en détaillant les sages conseils que lui a prodigués Nicole Leblanc, alors qu’elle débutait tout juste son parcours de comédienne, au début des années 90.

«J’ai joué avec elle au théâtre pendant deux étés, dans une comédie. C’était une femme extraordinaire, que j’aime tendrement. J’ai appris énormément avec elle. C’était une grande, grande actrice, qui m’a appris l’écoute. À l’époque, elle jouait dans Cormoran, et les gens l’adoraient, ils venaient au théâtre pour la voir, elle. Moi, je sortais tout juste de l’école! Mais quand c’était mon tour sur scène, elle s’assoyait et me regardait, elle m’écoutait avec tout son respect. Elle m’a aussi aidée quand j’ai tourné Montréal PQ, mon premier téléroman. Je lui avais demandé quelle était la différence, quand on jouait à la télévision et sur scène, et elle m’avait dit : «C’est la même chose, Martine». Je sais qu’elle était très malade; elle est donc libérée de ses souffrances. Mais mon cœur est plein d’amour pour elle», a souligné Martine Francke.

Martin Héroux, qui a longtemps côtoyé Nicole Leblanc sur le plateau de 4 et demi, garde en mémoire ses premiers pas devant la caméra, qui se sont effectués sous l’œil bienveillant de celle qui incarnait la pétillante réceptionniste Paméla.

«Le rôle de Jean-René, dans 4 et demi, était mon premier grand rôle à vie. La toute première scène que j’ai faite était dans la clinique vétérinaire, et Nicole était là. Moi, Nicole, je la regardais quand j’étais petit dans Le temps d’une paix. C’était le téléroman qu’on écoutait, moi et ma mère. Le jour de ma première scène avec elle, j’avais une première de théâtre, le soir, au Théâtre Denise-Pelletier. Je tournais donc ma scène à Radio-Canada, je devais me dépêcher, et j’étais entouré de tout ce monde-là. Je parlais bien trop fort, j’étais nerveux. Et Nicole m’a dit : «Calme-toi, calme-toi un peu». Elle m’expliquait comment on faisait ça, à la télévision. Elle m’a donné des petits conseils. Puis, elle a interrompu tout le plateau, et elle a lancé : « C’est la première scène de ce petit bonhomme-là qui nous arrive…» Et elle a fait applaudir tout le monde! Ça m’a mis à l’aise, évidemment, ça m’a rendu heureux. Et depuis ce temps, c’était mon amie. Elle venait souvent souper à la maison quand je restais dans le nord, je suis allé souvent chez elle à Sainte-Françoise, dans le bout de Trois-Pistoles. On se connaissait quand même bien.»

«Je suis surpris de son décès, parce que je l’ai vue récemment, au mois de mars, quand on est allés voir la pièce Irène sur mars, que jouait Pauline Martin au Théâtre d’Aujourd’hui. Elle avait l’air malade, diminuée un peu, mais pas à ce point. Je ne sais pas ce qui est arrivé après… C’était une grande comédienne et une femme formidable. Une pionnière exceptionnelle, avec des rôles principaux, de femmes fortes. C’était une bonne vivante, avec un cœur généreux», a conclu Martin Héroux.

À Viens voir les comédiens

Par ailleurs, ARTV a annoncé mercredi, quelques heures après que la nouvelle du décès de Nicole Leblanc eut été rendue publique, qu’elle rediffusera l’entrevue que l’actrice avait accordée à René Homier-Roy à l’émission Viens voir les comédiens, en 2006.

Nicole Leblanc s’y confiait alors sur sa jeunesse en Gaspésie, son déménagement à Montréal et sa formation de comédienne, sa rencontre avec Jean-Claude Germain, qui deviendra son conjointe et complice de création, l’aventure des Belles-Sœurs, dont elle a été de la toute première mouture, en 1968, et les rôles marquants qu’elle a tenus dans Rue des pignons, Le temps d’une paix, Cormoran et 4 et demi. Et dire que le directeur du Conservatoire lui avait conseillé avec véhémence de ne jamais faire de théâtre en raison de son accent gaspésien!

Les tête-à-tête de Viens voir les comédiens, une production de Zone 3, ont été présentés à ARTV de 2002 à 2011. L’édition consacrée à Nicole Leblanc pourra être vue ou revue le lundi 29 mai, à 21h, le mardi 30 mai, à 10h et 19h, le vendredi 2 juin, à 14h, le samedi 3 juin, à 17h, et le dimanche 4 juin, à 9h. On peut également la visionner sur Tou.tv.

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