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Abandon des séries originales à Séries+: le milieu de la télé réagit

23/05/2017 04:13 EDT
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Le Journal de Montréal a lancé une petite bombe dans le milieu de la télévision, vendredi dernier, en annonçant que Séries+, chaîne appartenant à Corus Média, n’a plus l’intention d’offrir de productions originales québécoises, après que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) eut aboli l’obligation de consacrer 1,5 million de dollars par année au financement de dramatiques originales de langue française, qui la tenait jusqu’à tout récemment.

Dans son article, le journaliste Marc-André Lemieux fait état de projets chapeautés par Encore Télévision (Les pays d’en haut, Les beaux malaises, Prémonitions, Lâcher prise) et Avanti (Mon ex à moi, Mes petits malheurs), qui ont été abandonnés par Corus quelques jours à peine après que le CRTC eut rendu sa décision, le 15 mai dernier.

Séries+, qui fait toujours un tabac avec ses fictions «fabriquées au Québec», nous a entre autres proposé, dans les dernières années, Malenfant (2011), Vertige(2012), Mon meilleur ami (2013), La marraine (2014), Le berceau des anges (2015), Mon ex à moi (2015 et 2016), Séquelles (2016), Mirador (2016), Sur-Vie (2017) et Plan B (2017). Depuis deux ans, l’antenne semblait même vouloir miser encore davantage sur les contenus créés chez nous, allant jusqu’à propulser deux titres du genre par saison, compte tenu de leur popularité.

Corus étant de surcroît propriétaire d’Historia, les inquiétudes sont vives dans le milieu de la télévision. Séries+ et Historia devront-elles désormais se contenter d’offrir à leur public des produits américains traduits?

«Effets pervers»

Mardi, la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (Sartec), l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et l’Union des artistes (UDA) ont conjointement dénoncé la nouvelle orientation de Séries+ dans un communiqué.

Déplorant que le refus du CRTC d’imposer aux grands groupes médiatiques (Corus, Bell Média, Groupe V Média et Québecor Média) des exigences précises pour soutenir la production originale de langue française lors du renouvellement de leur licence est dû aux «effets pervers» de la consultation Parlons télé - implantée par le CRTC en 2013, qui a donné la parole à plus de 13 000 citoyens et intervenants et qui visait à analyser, faire évoluer et moderniser le système de télévision canadien -, les trois regroupements ont fait part de leurs craintes quant à l’avenir de notre télévision, qu’ils souhaitent représentative de la culture québécoise distincte des marchés étrangers.

«Historia et Séries+, propriétés de Corus, sont parmi les canaux les plus rentables du secteur, peut-on lire dans la missive de la Sartec, de l’ARRQ et de l’UDA. Ils ont les ressources pour offrir à leur public des séries d’ici de qualité.»

«Fidèle à l’approche ''flexible'' mise de l’avant dans le cadre de l’instance Parlons télé, le CRTC a fait le pari que les groupes comme Corus investiraient dans de nouvelles productions de langue française pour satisfaire leur public. Le CRTC a donc considéré que les exigences de dépenses en émissions canadiennes (DÉC) étaient suffisantes pour assurer un niveau élevé d’émissions originales de langue française et n’a pas tenu compte du fait que Corus est aussi propriétaire de nombreux services de langue anglaise au sein desquels il pourra puiser pour alimenter ses canaux francophones. Plutôt que de maintenir des obligations précises en langue française, le CRTC a fait part de son intention de surveiller plus étroitement les dépenses pour ce genre d’émissions et s’est dit ''ouvert à la possibilité d’imposer des exigences en la matière au prochain renouvellement de licence…'', c’est-à- dire dans cinq ans.»

«À l’heure où la concurrence des séries étrangères se fait de plus en plus forte sur différentes plateformes, permettre aux diffuseurs de réduire l’offre d’émissions de langue française nous apparait culturellement inacceptable. Le CRTC ne peut laisser aux seules forces du marché l’avenir de la production nationale. Comme organisme règlementaire, il doit rappeler aux diffuseurs qu’ils ont l’obligation de contribuer de façon notable à la présentation d’une programmation nationale et respecter le caractère distinct du secteur francophone. Et cela ne peut attendre cinq ans. Le CRTC doit réagir dès maintenant», intiment la Sartec, l’ARRQ et l’UDA.

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