POLITIQUE

Cafouillage sur l'autoroute 13: les systèmes de vigie et d'alerte n'ont pas fonctionné (VIDÉO)

19/05/2017 06:00 EDT

En dépit du fait que la SQ et le MTQ disposaient des protocoles, du personnel et du matériel nécessaire pour répondre à la situation d'urgence sur l'A-13, le 14 mars au soir, rien n'a eu lieu, puisque les systèmes de vigie et d'alerte en place n'ont pas fonctionné. Et 300 automobilistes sont donc demeurés coincés dans leur véhicule pendant 12 heures, en pleine tempête hivernale.

L'ex-sous-ministre aux Transports et ex-patron de la Sûreté du Québec explique que c’était en premier lieu au Centre de gestion intégré de la circulation (CGIC) qu’il revenait d’alerter les autorités.

Ce centre névralgique, considéré comme le joyau du ministère des Transports du Québec (MTQ), est en effet chargé de surveiller en temps réel le réseau routier de la région de Montréal grâce à un vaste réseau chargé de recueillir de l'information et près de 450 caméras.

Ce centre doit d’alerter les ressources et autorités compétentes en cas d’incident ou de situation complexe. De toute évidence, le CIGC a failli à son rôle ce soir-là, constate Florent Gagné.

Voici pourquoi :

  • L’information recueillie par les préposés du centre, qui étaient littéralement débordés ce soir-là, n’a pas circulé entre les préposés du CIGC et les différents intervenants du MTQ sur le terrain, alors fortement sollicités sur les routes par divers incidents et considérablement ralentis par les conditions routières et météorologiques.
  • Aucun gestionnaire n’était sur place le soir du 14 mars pour coordonner les opérations du centre alors que les préposés étaient fortement sollicités et débordés d’appels. Qui plus est, révèle Florent Gagné, bien que les effectifs normaux étaient en place, aucun employé supplémentaire n’avait été appelé en renfort compte tenu de la tempête qui était annoncée.
  • Malgré la présence de centaines de caméras pour surveiller le réseau routier en temps réel, Florent Gagné a constaté, en visionnant les images de l’autoroute 13, qu’il était difficile de conclure à un blocage complet de l’autoroute au début de l’événement en raison d’un certain mouvement des véhicules sur les images.
  • Lorsqu’on a constaté la situation sur l’A-13, l’information n’a pas circulé verticalement, c’est-à-dire des subalternes vers les supérieurs en fonction, comme elle aurait dû le faire. Lorsque le MTQ a enfin réagi, tard dans la nuit, ce n’était plus une opération de circulation, mais bien une de sauvetage qu’il fallait déployer, souligne le rapport.

« Les deux grands constats qu’on fait c’est que ce sont les systèmes de vigie et d’alerte qui n’ont pas fonctionné », affirme Florent Gagné.

«Ce n’est pas par manque de ressources ce n’est pas en raison du fait que ces organisations n’ont pas les politiques et les procédures en place, ils ont tout. Mais dès le départ, les systèmes de vigie et d’alerte n’ont pas fonctionné.» - Florent Gagné

Chaîne de communication rompue à la SQ et à Tranports Québec

La Sûreté du Québec et le ministère des Transports écopent aussi de blâmes pour ne pas avoir engagé les procédures d’urgence prévues, ni déployé d’équipement sur le terrain pour prêter assistance aux automobilistes ou encore dégager rapidement les véhicules et la neige qui bloquaient la circulation.

Malgré l’existence de nombreuses procédures prévues en pareil cas, jamais la Sûreté du Québec ni le ministère des Transports n’ont bougé. Ce sont finalement les pompiers de Montréal, au petit matin, qui se sont portés les premiers au secours des automobilistes qui avaient passé la nuit dans leur véhicule, sans informations ni assistance aucune.

Le MTQ présente aussi son rapport

Un autre rapport commandé par le ministère des Transports sur cet événement au spécialiste en gestion de crise Michel Doré pour évaluer les processus administratifs à la suite du cafouillage sur l’autoroute 13 a été publié sur le site Internet du ministère des Transports après la conférence de presse de Florent Gagné.

Consultez ce rapport

autoroute13

La communication n'a visiblement pas été meilleure entre la SQ et le ministère des Transports, alors que de nombreux appels étaient faits aux autorités compétentes par les automobilistes qui voyaient les heures s'écouler dans leur véhicule sans que rien ne bouge ou qu'on ne les informe de quoi que ce soit.

En somme, toute l’affaire semble avoir été traitée comme un gros bouchon de circulation, comme on en voit régulièrement dans la région de Montréal les jours de tempête de neige.

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