DIVERTISSEMENT

«Emmène-nous à La Ronde»: retour sur 50 ans d'histoire

12/05/2017 01:42 EDT | Actualisé 12/05/2017 01:42 EDT

Tristan Demers a eu l'idée de le célébrer le 375e anniversaire de Montréal d'une jolie et originale façon: en lançant le livre ''Emmène-nous à La Ronde 50 ans de plaisirs forains'' au terme de fouilles s'étendant sur deux années dans les archives nationales. Une ode à cette culture populaire qu'il aime tant et à La Ronde qu'il y présente comme personnage à part entière de l'évolution de la métropole et du Québec. 

L'histoire du Québec et de La Ronde

Scénariste, dessinateur et touche-à-tout, Tristan Demers avoue d'emblée aimer flairer à l'avance les anniversaires, la pertinence et les occasions de parler d'un sujet plutôt que d'un autre. Ce n'est donc pas un hasard si le lancement de son livre «Emmène-nous à La Ronde 50 ans de plaisirs forains» coïncide avec les festivités soulignant le 375e anniversaire de Montréal.

«J'adore la culture populaire et l'histoire, dont celle du Québec effervescent des années 1960 à aujourd'hui, explique-t-il. Une fois tous les cinq ou six ans, je me commets à faire un livre documentaire et je m'improvise - un peu à la blague, car je n'ai pas cette prétention - archiviste et journaliste. On dirait que l'exercice de fouiller dans de vieux documents me ground en fait.»

tristan demers

Pendant ces deux années de recherche - interrompues par de fort nombreux projets - l'auteur a eu accès à près de 4000 pages d'archives et de photos dénichées et étudiées à la Société du parc Jean-Drapeau, aux archives nationales, fédérales et provinciales, ainsi qu'à Radio-Canada.

«Écrire un livre comme celui-là, c'est comme faire un casse-tête, dit-il. Tu dois aller chercher tous les morceaux et t'organiser pour qu'ils aillent bien ensemble tout en racontant une histoire. J'adore les parcs d'attractions et je trouvais que, de nos jours, on se préoccupe moins de La Ronde. Elle est là et on ne pose plus vraiment de question à son sujet. Personnellement, je vois La Ronde comme un personnage qui a été témoin de tous les grands changements du Québec. C'est un lieu physique ou les gens se sont retrouvés lors de moments importants. La Ronde s'est adaptée à chacune des modes: la période disco, les années 1960 plus puritaines, les années 1980 avec son côté boîte de nuit et feux d'artifice. Puis, il y a eu les fameux spectacles sur la scène flottante, le combat pour la langue, les dauphins qui sont morts à la suite de grèves... Il y a, entre autres, un fort aspect politique à tout cela.» 

Si Tristan Demers avait envie de raconter ce personnage qui est La Ronde et qui vit au rythme de ce qu'on devient, il se défend bien de l'avoir fait dans son livre de manière complaisante, nostalgique ou tristounette. «Ce n'est pas un livre complaisant ni un livre souvenir sur La Ronde. Quand ça allait mal, quand ils en arrachaient, je le dis, avec des chiffres à l'appui», assure-t-il.

«Quand on sait d’où on vient, quand on jette un regard sur le passé, cela peut nous rendre fiers et peut même nous donner des idées afin de relancer certaines choses. Moi, dans la vie, je suis un gars qui tripe sur le Québec d'hier à aujourd'hui et qui a eu envie de le raconter. Je suis un conteur. Ce livre-là, c'est une histoire sur notre histoire. Et puis, je trouvais cela cool, car on n'est pas très loin de la BD, on est dans le récréatif, dans les barbes à papa, les sensations et l'humour. Pas de dessins par contre, mais près de 300 photos d'époque proposées sur 180 pages.»

«On y découvre un tas de choses surprenantes, ajoute-t-il, comme la collaboration de Walt Disney à la configuration du parc, la richesse des spectacles des grands de ce monde qui s'y sont produits (il y en a eu des milliers, dont le tout premier spectacle de Céline Dion sur la scène flottante, bien avant Une colombe), les histoires de profilage à l'entrée de La Ronde alors que les journaux prétendaient que La Ronde était devenue un champ de pot et un lieu d'orgies à ciel ouvert ou encore la rivalité entre La Ronde et le parc Belmont.»

«Ce livre sur les manèges se veut un prétexte pour parler des Québécois et de leur histoire à travers celle de La Ronde». 

D'impérissables souvenirs

En page 109 «d'Emmène-nous à La Ronde», une photo du jeune chroniqueur, chanteur et animateur Michel Girouard replonge les nostalgiques dans l'époque de la fièvre du disco et du Jardin des Étoiles. 

michel girouard

«Je suis très ému, explique le réputé journaliste. Quand on m'a demandé d'animer Le Jardin des Étoiles, c'était la première fois qu'on voyait autant de vedettes internationales à Montréal. Les stars du monde entier étaient là, dans cette salle de spectacle québécoise devenue mythique. Dalida, Grace Jones, Tony Bennett, 52 semaines par année pendant trois ans, cela a marqué l'histoire de la variété au Québec. On en parle encore aujourd'hui. Imagine, tu te promenais à La Ronde et les vedettes du monde entier étaient là. Je suis un peu nostalgique de l'époque de l'Expo. Cette époque pendant laquelle tu croisais Jackie Kennedy et ses deux enfants à Westmount, tu apercevais Grace Kelly manger avec le prince Rainier au Château Champlain et tu voyais la reine mère dans le lobby du Ritz. C'était ça le Montréal de l'Expo. Ce sont des moments qui ont marqué ma vie à jamais.»   

L'animatrice Christine Lamer fut quant à elle l'une des premières personnalités à interviewer Tristan Demers, à l'époque de Gargouille, alors que celui-ci n'était âgé que de douze ans. Le duo, qui a toujours gardé contact, trouve touchant la visite de Bobino et Bobinette à La Ronde racontée en texte et en images en page 42 du bouquin.

«J'ai un souvenir particulier de La Ronde, car mon père était réalisateur à Radio-Canada et toutes les images que l'on voit dans les documentaires sur l'érection des îles et la construction des pavillons de l'Expo, ce sont les images de mon père, explique-t-elle. Lorsque sont arrivés les tournages à La Ronde, il amenait ses enfants et nous étions les cobayes pour essayer les manèges. J'ai donc été dans les premiers enfants à prendre place dans les manèges de La Ronde avant l'ouverture. Nous étions habitués au parc Belmont, alors La Ronde pour nous représentait cet immense et fascinant parc d'attractions.»

-Le livre «Emmène-nous à La Ronde 50 ans de plaisirs forains» de Tristan Demers est en vente maintenant

VOIR AUSSI:

Lancement du livre «Emmène-nous à La Ronde» de Tristan Demers

LIRE AUSSI :

» 50 ans de l'Expo 67: l'événement qui a changé leur vie