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Les femmes de la génération Z sont aussi susceptibles de subir des agressions sexuelles

04/05/2017 04:45 EDT | Actualisé 04/05/2017 04:45 EDT
airdone via Getty Images
Little girl suffering bullying raises her palm asking to stop the violence

Les jeunes femmes canadiennes risquent tout autant de subir des agressions sexuelles et d’être exposées à la violence que leurs aînées. C’est ce que croient quatre Canadiens sur cinq selon une nouvelle étude de la Fondation canadienne des femmes.

Selon le sondage mené auprès de 1004 répondants, 79 % considèrent que les femmes de la génération Z, qui sont nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, sont aussi susceptibles que les femmes des générations précédentes d’être victimes d’agressions sexuelles.

Les chiffres sont aussi pessimistes quant aux autres formes de violence que peuvent subir les femmes. Selon les sondés, les jeunes femmes ont autant de chance d’être exposées au harcèlement en ligne (87 %), à la violence physique entre partenaires intimes (81 %), au harcèlement sexuel en public (70 %) et en milieu de travail (64 %).

« Les chiffres sont surprenants, mais pas tant que cela », soutient la directrice des programmes de prévention de la violence de la Fondation canadienne des femmes, Anuradha Dugal. Celle-ci estime que les résultats sont défaitistes puisque la population n’a pas encore saisi toute la complexité et l’ampleur de la violence faite aux femmes, malgré un plus grand souci de sensibilisation ces dernières années.

« On commence peu à peu à comprendre la quantité et les types de violence auxquelles les femmes sont exposées comme la violence financière, indique-t-elle. On est en train de vivre un changement social, mais ce n’est pas fini. »

Quatre Canadiens sur cinq interrogés croient aussi que les femmes de la génération Z sont aussi susceptibles que celles des générations précédentes de vivre de l’insécurité en raison de leur genre.

Lutter pour l’égalité des sexes

« On ne peut pas atteindre l’égalité des sexes sans éliminer la violence faite aux femmes. Il y a un lien direct », affirme Anuradha Dugal. Selon l’étude, beaucoup craignent que la lutte reste vaine.

La moitié des Canadiens estiment que le Canada risque d’échouer dans ses efforts visant à atteindre l’égalité. Chez les femmes, 59 % ont peur qu’il soit impossible de réaliser de nouvelles avancées. Du côté des femmes de la génération Y (18-34 ans), ce chiffre grimpe à 69 %.

Le tiers des sondés juge que la collectivité risque de subir des reculs en matière d’égalité des sexes en raison du climat social et politique actuel. Cette impression est partagée chez 42 % des femmes et 28 % des hommes.

« Les jeunes femmes nous disent très clairement qu’elles s’inquiètent de l’avenir de l’égalité des sexes au Canada. Nous avons réalisé des avancées considérables jusqu’à maintenant, et nous ne pouvons pas nous permettre de revenir en arrière ou d’arrêter cette progression », indique la présidente et directrice générale de la Fondation canadienne des femmes, Paulette Senior.

L’étude réalisée par la fondation coïncide avec le lancement de sa campagne annuelle pour mettre fin à la violence qui se déroule du 1er au 31 mai. L’organisme, qui espère recueillir entre 1,5 et 2 millions de dollars partout au Canada, souhaite sensibiliser la population canadienne et soutenir financièrement plus de 450 centres d’hébergement d’urgence et programmes de prévention de la violence.

Le sondage a été réalisé en ligne par la firme Maru/Matchbox entre les 13 et 17 avril auprès d’un échantillon de 1004 Canadiens âgés de 18 ans ou plus et représentatifs de la population.

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