POLITIQUE

De nouvelles révélations sur Violette Trépanier donnent des munitions à l'opposition (VIDÉO)

03/05/2017 11:15 EDT

Le gouvernement Couillard essuie un nouveau tir croisé des partis de l'opposition sur le front de l'intégrité, après de nouvelles révélations de Québecor concernant l'influence qu'aurait eue l'ex-responsable du financement du Parti libéral du Québec, Violette Trépanier, auprès du gouvernement Charest.

Un texte de François Messier

Une série de courriels de 2007-2008 publiés mercredi par le Journal de Montréal soulèvent de sérieuses questions sur des portions du témoignage que Mme Trépanier a livré à la commission Charbonneau en juin 2014, notamment quant à son influence sur des nominations effectuées par le gouvernement Charest.

Les courriels montrent par exemple qu’elle a vérifié, plus souvent qu’elle ne l’a affirmé sous serment, l’allégeance politique et les dons politiques effectués par des personnes susceptibles d’être nommées à des conseils d’administration de sociétés d’État, et qu’elle intervenait dans des dossiers politiques.

Enquête pour parjure à l'horizon pour Trépanier

Les partis d’opposition ont sauté à pieds joints dans cette nouvelle controverse. Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a dit s’attendre à ce que Mme Trépanier fasse l’objet d’une enquête pour parjure, tandis que le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, Éric Caire, a sommé le premier ministre Philippe Couillard de faire des vérifications.

«Si les policiers n'étaient pas au courant de la contradiction entre ses courriels et son témoignage, bien, maintenant, ils le sont », a commenté M. Lisée. «Alors, moi, je m'attends à ce qu'il y ait une réaction des forces policières pour dire : "Bon, bien, est-ce qu'on ouvre une enquête pour parjure?"»

«Quand on a vu le tableau qui lie Violette Trépanier, Jean Charest, Marc Bibeau avec des nominations et des contrats, on voit qu'on est au centre de la tentative de l'UPAC de démontrer l'existence d'un système de trafic d'influence, de contrats de nominations contre du financement» - Jean-François Lisée

Le chef péquiste croit que ces informations coulent possiblement dans les médias parce que des enquêtes de l’UPAC n’aboutissent pas.

«On veut tous tourner la page, mais notre difficulté à tourner la page, c'est qu'on n'arrive pas en bas de la page. On n'arrive pas au fond de l'affaire puis on n'arrive pas à tenir pour responsable, dans notre système de justice, ceux qui ont inventé ce système et ceux qui ont profité de ce système », a-t-il commenté.

«Ce que ça indique, surtout, c'est un système libéral de nomination partisane, un système rigoureux, un système strict, un système qui a bien été respecté, c'est-à-dire qu'il y a un don, un post-it, une job», a commenté le caquiste Éric Caire peu après. «On ne déroge pas de ce planning-là de la part du Parti libéral.»

«Si Philippe Couillard est sérieux, si vraiment il veut rompre avec l'ère Charest, il doit faire les vérifications nécessaires pour savoir qui, dans l'appareil public, a obtenu son poste en raison de son allégeance ou de donations au Parti libéral du Québec. Alors, soit il condamne, soit il cautionne, mais il ne peut pas rester assis sur la clôture» - Éric Caire

Philippe Couillard n’a pas commenté les nouvelles révélations concernant Mme Trépanier lors de son arrivée au caucus de son parti.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a pour sa part invité les journalistes à être «extrêmement prudents» et à ne pas «tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires». Les enquêtes policières sont du ressort de la police, a-t-il rappelé.

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