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Fort McMurray: augmentation du stress post-traumatique, selon des chercheurs

30/04/2017 01:54 EDT | Actualisé 30/04/2017 01:59 EDT

Les résultats préliminaires d'une étude de l'Université de l'Alberta suggèrent une augmentation significative de cas de trouble du stress post-traumatique (TSPT) à Fort McMurray six mois après le feu de forêt qui a ravagé la ville. Les personnes qui n'ont pas le soutien de proches seraient davantage à risque.

Sithara Fernando a tenté de se convaincre que tout allait bien après le feu et son évacuation. Presque un an plus tard, elle comprend que ce n’était pas le cas.

Lorsqu’elle a commencé à plus pouvoir dormir et à avoir des cauchemars récurrents au sujet du feu, l’Albertaine a finalement consulté un psychologue et a reçu son diagnostic de TSPT. Après un épisode grave où elle a tenté de mettre fin à ses jours, elle a même dû être hospitalisée. Et son histoire n'est pas unique.

Les résultats préliminaires d'une étude qui n’a pas encore été publiée suggèrent que le taux probable de syndrome de stress post-traumatique à Fort McMurray a grimpé à 12,8 % de la population générale six mois après le feu de forêt. Or le taux de TSPT dans la communauté avant le feu de forêt était inférieur à 1 %, selon cette même étude.

Si on sépare les femmes et les hommes, les résultats sont de 15 % parmi les femmes, et 9 % pour les hommes.

Vincent Agyapong a été chercheur principal pour l'étude financée par le département de psychologie de l'Université de l'Alberta. Il se prépare à publier les résultats dans une revue académique.

Les Instituts canadiens de recherche en santé ont offert à Vincent Agyapong et à d'autres chercheurs une subvention de 500 000 $ pour étudier davantage l'impact du TSPT sur la population plus jeune de Fort McMurray.

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont constaté que les résidents qui avaient des antécédents de troubles anxieux étaient huit fois plus susceptibles de présenter des symptômes de TSPT six mois après le feu de forêt. Ceux qui n’avaient pas le soutien de famille ou d'amis étaient neuf fois plus susceptibles.

« Alors le message à retenir, ce qui est assez intéressant, c’est que nous avons pu établir qu'après un événement comme celui-ci, il est très important que les communautés se rassemblent. » - Vincent Agyapong, chercheur

Ça n’a pas été le cas pour Sithara Fernando. Elle raconte qu'elle n'avait pas dit à sa famille et à ses amis qu'elle avait besoin d'aide. Même si elle n'a pas reçu de diagnostic de trouble anxieux, on lui a diagnostiqué un trouble de la personnalité préexistant qui n'a été traité qu'après son hospitalisation.

Du soutien pour plusieurs années encore

Un an après les feux de forêt, Fort McMurray a encore un long chemin à parcourir, remarque la Dre Sandra Corbett, chef de la psychiatrie aux Services de santé Alberta - région du nord. Elle note que le personnel de santé est beaucoup plus occupé depuis le feu.

« Nous savons que ça va prendre plusieurs années avant que la communauté ne se remette complètement, dit-elle. C’est donc très important que nous continuions d'offrir le soutien que nous avons maintenant. »

Sandra Corbett a également participé à l'étude sur le TSPT et a observé une augmentation de personnes présentant des symptômes de chagrin, de dépression et d'anxiété. Bien que les taux de suicide n'aient pas augmenté, elle indique qu'elle a vu davantage de patients envisager de mettre fin à leur vie.

Sithara Fernando, pour sa part, suit maintenant une thérapie pour se reconstruire intérieurement. Elle a également lancé un blog pour partager son expérience, dans l'espoir d'aider les autres.

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