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Éduc'alcool met le cap sur l'impact économique de la consommation d'alcool

30/04/2017 02:13 EDT | Actualisé 30/04/2017 02:13 EDT
Regis Duvignau / Reuters
A glass of red wine is displayed at the Chateau La Louviere during the start of the Primeurs, a week of wine tasting, at the chateaux in Leognan, France, April 3, 2017. REUTERS/Regis Duvignau

L'organisme Éduc'alcool va désormais jouer la carte économique pour voir diminuer la consommation d'alcool au Québec.

Éduc'alcool estime que les campagnes passées visant à sensibiliser les politiciens aux dangers de la surconsommation d'alcool n'ont rien donné, alors on cherchera plutôt à convaincre les gens d'affaires des coûts énormes assumés par les entreprises, aux prises avec des employés ayant pris un verre de trop.

L'abus d'alcool coûte chaque année quelque 4 milliards $ aux entreprises québécoises, notamment en baisse de productivité et en journées de travail perdues, soutient le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, citant une étude canadienne sur le sujet datant de 2002.

"C'est un problème majeur qui a des conséquences extrêmement graves sur les entreprises" et sur l'économie, a-t-il fait valoir, en entrevue téléphonique à La Presse canadienne.

Dans le cadre de la prochaine campagne de sensibilisation à l'alcool, tous les décideurs économiques seront donc interpellés et invités à agir, à travers les organismes qui les représentent: Chambres de commerce, Conseil du patronat, etc.

Selon M. Sacy, depuis des décennies en croisade contre la consommation excessive d'alcool et depuis longtemps à la tête de cet organisme, seul le langage de l'argent semble compter.

Car il estime que le discours axé sur la santé et la prévention a le tort de n'être que ça, un discours, qui ne réussit jamais à se transformer en actions politiques, selon celui qui dit avoir tenté, en vain au fil des ans, de convaincre les élus de la justesse de ses revendications. Il se tournera donc vers les gens d'affaires, en priorité.

"Ils veulent qu'on parle d'argent. Ils ne s'intéressent pas à la santé publique. On va leur parler d'argent", dit celui qui considère que l'État manque à ses responsabilités en ce domaine.

"C'est le seul langage que le monde comprend", a-t-il déploré, en disant espérer que son message de modération passera mieux s'il touche le portefeuille des gens d'affaires.

En parallèle, l'organisme va aussi utiliser l'argument monétaire désormais pour faire pression sur le gouvernement, qui a fait la sourde oreille jusqu'à maintenant à sa revendication principale: rendre obligatoire par une loi une formation de quelques heures pour tous les serveurs et propriétaires de bars, comme ce qui se fait partout ailleurs au pays.

M. Sacy conclut de ce refus qu'en matière de prévention de la surconsommation d'alcool, le gouvernement se montre insensible et "fait exactement le contraire de tout ce qu'il doit faire".

Actuellement, le programme "Action Service", mis au point par Éduc'alcool et l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, est facultatif. Il vise à donner des moyens aux serveurs pour diminuer la surconsommation d'alcool de leurs clients. Ce programme a démontré son efficacité partout où il a été appliqué, selon celui qui ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement s'entête à ne pas le rendre obligatoire.

Pour l'essentiel, Éduc'alcool, dont le slogan bien connu est "La modération a bien meilleur goût", est financé par la Société de alcools du Québec (SAQ).

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