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Hydro-Québec vend le bois de la Romaine à perte

27/04/2017 08:09 EDT | Actualisé 27/04/2017 08:09 EDT

Les milliers de mètres cubes de bois qui s'empilent sur un chantier d'Hydro-Québec, à plus de 100 km au nord de l'embouchure de la rivière Romaine sur la Côte-Nord, viennent de trouver preneur.

Un texte d'Anne Panasuk

Des montagnes de bois s’accumulent depuis trois ans, de quoi remplir 1500 camions semi-remorques.

Hydro-Québec avait donné des contrats de déboisement dans les futurs réservoirs et le bois coupé devait être transformé à l’usine de Rivière-Saint-Jean. Mais cette scierie a fermé lorsque le partenariat entre le géant forestier Remabec et les Innus a volé en éclats, laissant le bois coupé pourrir sur place.

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Depuis, Hydro-Québec s’est entendu avec le Groupe Remabec pour lui vendre le bois qui sera acheminé à son usine de Port-Cartier, à plus de 300 km du chantier.

Le bois est cependant vendu en dessous du prix courant, qui se situe entre 60 et 70 $. Une partie du bois est vendue à 35 $ le mètre cube et un autre lot à 45 $ le mètre cube, livré à l’usine. Il s’agit d’une perte sèche d’au moins 750 000 $ pour Hydro-Québec.

bois romaine hydro

Le transport du bois a déjà commencé. Il est fait par Remabec, mais payé par Hydro-Québec, au coût de 55 $ le mètre cube. Une facture qui devrait totaliser plus de 2 millions de dollars.

Au total, Hydro-Québec assumera donc une perte de près de 3 millions de dollars, selon nos calculs.

Hydro-Québec est bien conscient de perdre de l’argent, reconnaît son porte-parole Mathieu Rouy, mais voulait à tout prix trouver une solution pour valoriser ce bois pendant qu’il était encore temps.

L’automne dernier, dans un reportage diffusé par Enquête, Daniel Lauzon, d’Hydro-Québec, avait affirmé chercher une solution avant les Fêtes. Il y avait urgence pour éviter la perte définitive de ce bois.

Or, l’usine de Port-Cartier, qui appartient au Groupe Remabec, est la seule qui soit à proximité du chantier, depuis la fermeture de la scierie de Rivière-Saint-Jean.

Mais le feu couvait entre le géant forestier et les Innus de Nutashkuan, qui avaient créé un partenariat pour déboiser le chantier de la Romaine. Le patron de Remabec, Réjean Paré, avait reconnu que les Innus n’avaient pas reçu d’argent dans cette aventure. « Il n’y a pas d’argent qui est entré dans les coffres des Innus », nous avait-il dit.

Le groupe Remabec obtient ainsi du bois à bon prix. Mais il dédommagera les Innus de Nutashkuan en leur versant un montant global de 500 000 $, ce qui équivaut à 12,50 $ le mètre cube.

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