POLITIQUE

Donald Trump ne sortira pas de l'ALÉNA, il veut plutôt renégocier

27/04/2017 05:43 EDT | Actualisé 27/04/2017 11:17 EDT

Le président des États-Unis Donald Trump a finalement fait volte-face et décidé, mercredi, de ne pas se retirer de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), au terme d'une journée où les rumeurs allaient bon train quant à la possibilité qu'il décide de mettre un terme à l'accord commercial.

Cette annonce surprise, faite en soirée, a suivi un entretien téléphonique avec le premier ministre canadien Justin Trudeau et un deuxième avec le président mexicain Enrique PeIna Nieto.

M. Trump a semblé satisfait de voir que ses pairs avaient accepté de négocier rapidement.

"Les deux conversations ont été plaisantes et productives", pouvait-on lire dans un communiqué transmis tard en soirée par la Maison-Blanche.

"Le président Trump a accepté de ne pas mettre fin à l'ALÉNA pour le moment et les leaders ont convenu de procéder rapidement, selon les différentes procédures internes, pour lancer la renégociation d'un accord qui sera bénéfique pour les trois pays."

Du côté d'Ottawa, l'attaché de presse du premier ministre a confirmé dans un courriel que Justin Trudeau s'était entretenu avec le président Trump mercredi soir.

"Les deux dirigeants ont poursuivi leur dialogue sur les relations commerciales (entre le Canada et les États-Unis), le premier ministre insistant sur l'importance d'axer nos relations commerciales sur la stabilité et la croissance de l'emploi", a précisé Cameron Ahmad.

Le gouvernement mexicain a aussi confirmé qu'Enrique PeIna Nieto et Donald Trump s'étaient entretenus, dans un communiqué publié mercredi soir.

"Les dirigeants ont convenu de l'utilité de maintenir l'Accord de libre-échange nord-américain et de travailler ensemble avec le Canada pour mener une renégociation qui profitera aux trois pays", peut-on lire dans le communiqué.

M. Trump a déclaré qu'il considérait comme un honneur de pouvoir négocier avec MM. PeIna Nieto et Trudeau, ajoutant que le résultat final rendrait les trois pays plus forts et meilleurs.

Cette déclaration a soufflé un vent de soulagement tant à Ottawa qu'à Mexico.

Au cours de la journée, la Maison-Blanche avait laissé entendre aux médias américains qu'elle planchait sur un avis de retrait de l'ALÉNA. Cela a été perçu comme un avertissement pour le Congrès, le Canada et le Mexique de se préparer à lancer les discussions sans quoi l'accord pourrait être annulé.

La Maison-Blanche avait déjà exprimé sa frustration en constatant que le Congrès ne partageait pas son sentiment d'urgence au sujet de l'ALÉNA.

Le temps presse, en partie en raison de l'élection mexicaine. Le gouvernement mexicain affirme en effet qu'il ne pourra conclure une entente au sujet de l'ALÉNA après le premier trimestre de la prochaine année, en raison de la tenue d'une élection dans 15 mois et de l'émergence de la gauche populiste dans ce pays.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, admet que les négociations seront plus ardues si elles persistent pendant une bonne partie de la prochaine année, ce qui signifie que les prochains mois pourraient être le seul moment propice à la renégociation.

La loi stipule que le Congrès américain doit être impliqué à plusieurs étapes: en approuvant l'avis formel de renégociation, en élaborant les positions de négociations, puis en votant pour ratifier l'accord.

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