La légalisation du cannabis n'est pas un fardeau, selon la ministre Jane Philpott

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« La législation n'est pas un fardeau, mais bien une occasion de protéger nos jeunes », soutient la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, dans une lettre publiée dans La Presse plus, en réplique aux récriminations de son homologue québécois, Gaétan Barrette. Ce dernier déplore que les provinces hériteront des conséquences de la décision du gouvernement fédéral de légaliser la marijuana.

Mme Philpott qualifie de « trompeur » le discours des ministres Barrette et Lucie Charlebois (ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie) selon lequel Ottawa pelte les conséquences de la légalisation du cannabis dans la cour des provinces.

Loin d’être un fardeau pour les provinces, Mme Philpott voit dans la légalisation un changement d’approche, après quelque 100 ans de prohibition inefficace, qui permettra de mieux encadrer les jeunes. Elle semble avancer que cette sensibilisation s’effectuera à coût nul puisque les campagnes d’information - comme la consommation de cannabis - existent déjà en dépit de la prohibition.

« Ce n’est pas ce nouveau projet de loi qui vient créer la nécessité d’informer le public, d’agir contre la conduite avec facultés affaiblies et d’empêcher que les enfants aient accès au cannabis », avance Mme Philpott dans sa lettre d’opinion.

Mme Philpott convient toutefois que les provinces devront « adopter des règlements et prendre des décisions sur la distribution » du cannabis. C’est précisément ces aspects qui inquiètent les ministres Barrette et Charlebois.

Le gouvernement provincial devra ainsi encadrer :
  • le contrôle de la qualité (teneur en THC)
  • la détermination du prix de vente
  • la détermination de l’âge légal
  • le réseau de distribution

La fin du marché noir?

La ministre Philpott semble proposer que les économies dans les enquêtes criminelles générées par la légalisation de la substance permettront de financer tout cet encadrement de même que l’application de la nouvelle réglementation.

« L’approche actuelle coûte aussi très cher aux gouvernements provinciaux, ainsi qu’aux forces de l’ordre », explique-t-elle. Chaque année, les policiers arrêtent des milliers de Canadiens pour des infractions liées au cannabis et pourtant, le marché illégal continue sa croissance. Il est temps de changer d’approche. »

Sans remettre en question cette approche, les ministres provinciaux réclament du financement pour affronter l’ensemble des conséquences liées à la légalisation du cannabis.

Or, la ministre Philpott semble vouloir répondre à une partie de ces réclamations. « Des ressources supplémentaires, pour que Santé Canada, la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada et le ministère de la Sécurité publique puissent faire respecter tous les aspects de la législation proposée », détaille-t-elle dans sa publication.

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« En partenariat avec les provinces, les territoires, les municipalités et les communautés locales, nous ferons aussi des investissements pour équiper et former les forces de l’ordre, afin que les routes soient sécuritaires. » La ministre Philpott demeure toutefois muette sur le financement du réseau de distribution, du contrôle de la qualité, l’application de la législation provinciale.

Les deux paliers de gouvernements travaillent pour assurer la protection de la santé et de la sécurité des Canadiens, mais les différends émergent dans la mise en place des moyens pour y parvenir. Le gouvernement québécois prône la concertation entre les provinces et il a déjà amorcé des discussions en ce sens avec le gouvernement ontarien.

La taxation du produit fera également l’objet de discussions au cours des prochains mois entre le fédéral, les provinces et les territoires. Tout un chacun veut sa part du gâteau – sans compter la Ville de Montréal qui a déjà émis le souhait de recevoir son tribut – mais cette manne ne doit pas faire gonfler le prix du produit légal sans quoi le milieu interlope conservera son avantage.


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