POLITIQUE

Caribou forestier: la ministre fédérale de l'Environnement poursuivie par des environnementalistes

20/04/2017 12:19 EDT
Mosa'ab Elshamy/AP via CP

MONTRÉAL — Exaspérée par l'inaction d'Ottawa face à la protection du caribou forestier, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) intente une poursuite contre la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna.

Dans son recours déposé en Cour fédérale à Montréal, mercredi matin, la SNAP invoque l'article 63 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), dans le but de forcer la ministre à désigner les zones qui ne sont pas protégées et à faire rapport régulièrement sur les mesures devant protéger l'habitat essentiel du caribou forestier.

En vertu de la Loi, le gouvernement fédéral doit d'abord désigner ce qu'il considère comme étant l'habitat essentiel d'une espèce en péril ce qui, dans le cas du caribou forestier, représente un territoire chevauchant neuf provinces et territoires allant du Labrador au Yukon, ce qui a été fait en octobre 2012.

Par la suite, Ottawa a six mois pour identifier les parties du territoire qui ne sont pas protégées et doit ensuite, tous les six mois, faire rapport sur les mesures déployées pour préserver l'habitat essentiel jusqu'à ce qu'une protection efficace soit mise en place.

Or, quatre ans après la désignation du territoire, le gouvernement fédéral n'a toujours pas identifié les zones qui ne sont pas protégées et, donc, n'a fourni aucun rapport sur l'évolution des mesures de protection.

La SNAP explique que l'absence de mesures de protection a permis aux compagnies forestières d'exploiter la forêt boréale dans des zones extrêmement sensibles — notamment, au Québec, dans les secteurs des Montagnes Blanches et de la rivière Broadback.

L'organisme environnemental fait valoir que cette exploitation vient fragmenter l'habitat du caribou, ce qui est l'une des causes directes du déclin de l'espèce à travers le Canada.

Selon ses représentants, si la Loi avait été appliquée, la désignation des zones non protégées aurait forcé les gouvernements fédéral et provinciaux, les industries forestières, les populations autochtones et les groupes de protection de l'environnement à amorcer la discussion sur les mesures à prendre.

Plusieurs espèces sont dans la même situation, mais la SNAP a choisi le caribou forestier en raison de la vaste étendue de son habitat essentiel et que la protection d'un tel territoire protégerait une multitude d'autres espèces menacées.

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