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Montréal reçoit son premier Festival de films féministes

18/04/2017 02:21 EDT | Actualisé 18/04/2017 02:23 EDT

Le tout premier Festival de films féministes de Montréal (FFFM) se déroulera du 20 au 23 avril prochain et présentera 24 productions retenues parmi 215 candidatures, provenant d’une dizaine de pays différents. L’événement se déclinera en trois soirées de projections mettant notamment en lumière le cinéma autochtone, noir, lesbien ou trans, et proposera un atelier de création cinématographique gratuit.

Une telle initiative a déjà vu le jour à Londres, Paris, Berlin ou encore aux États-Unis. Elle est toute nouvelle dans la Métropole où elle existe grâce au travail acharné et aux convictions de cinq femmes toutes bénévoles: Magenta Baribeau, cinéaste, activiste et réalisatrice du long-métrage documentaire, Maman? Non merci! (2015), Ariane Caron-Lachance, Kristen Brown, Marion Hubert et Érica Leblanc.

Qu’est-ce qu’un film féministe?

Ariane Caron-Lachance: C’est un film avec un propos anti-oppression et féministe, c’est-à-dire qu’il va dénoncer des injustices. En ce sens, ce festival est militant et engagé, il ne s’agit pas que de films de femmes ce qui pourrait être vu comme transphobe.

Magenta Baribeau: On veut mettre en avant le travail de personnes marginalisées, en opposition à la norme qui consiste à financer davantage le travail d’hommes cisgenres blancs. D’autres initiatives féministes comme Les Dames du doc ou les Filministes défendent aussi ce sujet. Ces vitrines sont très intéressantes, mais les associations ne communiquent pas toujours ensemble, on espère que le festival créera des liens entre tous.

festival de films feministes

Quel regard portez-vous sur l’industrie du cinéma?

M. B.: En tant que cinéaste documentaire, je soutiens des initiatives comme celles des Réalisatrices Équitables qui militent pour plus de visibilité et plus de financements accordés aux femmes. Depuis quelques années on voit apparaitre des programmes d’aide. Par exemple, l’ONF alloue 50% de ses budgets à des femmes. Ces 50% sont destinés aux artisans qui seraient productrices, réalisatrices et scénaristes. Mais pour les preneuses de son ou monteuses… ce ne sont pas des métiers traditionnellement occupés par des femmes et aucun programme ne favorise l’emploi dans ce sens. Ce milieu reste très genré.

A.C-L.: Pour ma part, je connais davantage le monde des festivals et notre mission est d’augmenter la visibilité des films choisis pour à la fois encourager leurs artisans, mais aussi faire plus de films subversifs. On veut que ce genre de productions se retrouvent dans les salles, c’est là tout le propos du Festival.

M. B.: Pour ça, on a décidé qu’il n’y aurait pas de compétition, on veut que tout le monde puisse rayonner avec ce qu’il a à montrer. Nous ne décernerons que des prix du public.

Quelles figures féminines vous inspirent?

M.B. : Toutes les femmes. Faire un film demande de la ténacité, du courage et de la persévérance. D’autant plus pour les cinéastes marginalisés. On n’entendait peu parler du cinéma inuit, mais de plus en plus de cinéastes se démarquent, le grand public apprend à les connaitre, en cela j’ai beaucoup de respect pour Alethea Arnaquq-Baril, la réalisatrice de Angry Inuk pour ne nommer qu'elle.

Le Festival de films féministes aura lieu du 20 au 23 avril.

Plus d’informations : https://www.facebook.com/pg/FFFMontreal/


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