POLITIQUE

Sécurité routière: les amies d'une victime de l'A50 appellent à l'action

15/04/2017 06:49 EDT | Actualisé 15/04/2017 06:49 EDT
George Rose via Getty Images
GATINEAU, CANADA - JUNE 30: The Highway 5 freeway, across the river from Ottawa, is viewed on June 30, 2012 in Gatineau, Canada. Ottawa, the captial of Canada, is the fourth largest city in the nation and home to the largest Canada Day celebration. (Photo by George Rose/Getty Images)

Les amies d'une victime d'un accident sur l'autoroute 50 entre Montréal et Gatineau ont lancé une pétition sur le site de l'Assemblée nationale, et espèrent amener le gouvernement du Québec à respecter certaines promesses sur la sécurité routière.

Le 5 février, Sylvain Duguay est mort à l'âge de 41 ans dans une collision frontale sur l'autoroute 50, à Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides. Sa voiture a percuté de plein fouet un véhicule en sens inverse. Aucun terre-plein ne sépare les voies à cet endroit.

La pétition pour l'"élargissement de l'autoroute 50" souligne que des coroners dans d'autres dossiers _ le rapport sur le décès de M. Duguay doit être remis bientôt _ ont demandé l'ajout d'éléments dont des glissières de sécurité, une bordure médiane en béton et "bien entendu, l'élargissement à quatre voies sur la pleine longueur de cette autoroute ainsi que l'éclairage sur certains tronçons plus problématiques".

Samedi après-midi, la pétition sur le site de l'Assemblée nationale avait recueilli 1316 signatures en un peu plus d'un mois, et une telle pétition reste généralement active pendant trois mois. L'objectif initial était de 25 000 signatures, mais Julie Ouellette et sa conjointe Émilie B. Levesque ne baissent pas les bras et appellent les gens à réclamer des résultats tangibles.

La pétition est parrainée par le député libéral d'Argenteuil, Yves St-Denis. L'élargissement de l'autoroute 50 était déjà sur le radar du gouvernement, et Mme Ouellette se défend bien de "défoncer des portes ouvertes".

Le 15 février, une motion a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale pour qu'elle "prenne acte de la dangerosité de plusieurs tronçons de l'autoroute 50 (...) et qu'elle presse le ministre des Transports d'aller de l'avant rapidement avec le projet d'élargissement à 4 voies de l'autoroute 50, par phases". Déposé le mois dernier, le Plan québécois des infrastructures 2017-2027 inclut l'"amélioration de l'autoroute 50 entre Gatineau et Mirabel" comme faisant partie de huit projets majeurs "mis à l'étude".

"L'idée est de mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il respecte ses engagements. Ils ont fait des promesses, et c'est beau. Les gens peuvent avoir l'impression que nous défonçons des portes ouvertes, mais le but ce n'est pas ça. (...) Quand nous sommes des milliers à recommander et à exiger quelque chose, c'est un peu plus gênant de retarder les délais", a fait valoir Mme Ouellette en entrevue téléphonique.

"C'est le court terme que l'on vise pour l'instant. Déjà ce serait important d'installer des glissières et d'améliorer l'éclairage. Le but à long terme, c'est de l'améliorer complètement, mais sauf qu'on ne peut pas la laisser comme ça actuellement", a-t-elle poursuivi.

Le député St-Denis a souligné en entrevue que certains travaux avaient été entrepris, et qu'il faudrait probablement attendre après les prochaines élections pour une confirmation du projet d'élargissement à quatre voies.

Après les études dans le cadre du plan d'infrastructures, le projet doit être soumis au Conseil du trésor et au conseil des ministres.

"Ce n'est pas assez vite pour moi, mais je comprends depuis que je suis dans le système qu'il y a des étapes à franchir. D'ici un an ou deux ans, on devrait être en mesure de passer ça au conseil des ministres. Ça veut dire probablement après la prochaine élection, tant mieux si c'est avant", a dit M. St-Denis.

Le député a souligné que des travaux devraient être complétés cet été pour installer des glissières au milieu de la voie, sur une portion de "six ou sept kilomètres dans la zone industrielle de l'aéroport de Mirabel". Des fonds ont été annoncés dans l'Outaouais pour des travaux similaires sur un autre tronçon d'environ six kilomètres, a-t-il indiqué.

Mme Ouellette, Montréalaise âgée de 42 ans, était consciente des enjeux de sécurité avant la mort tragique de son ami, ayant elle-même emprunté à l'occasion l'autoroute 50, et ses parents s'y trouvant souvent pour se rendre à leur maison de Saint-Placide, dans les Laurentides. Elle a appelé les gens à se mobiliser pour une plus grande sécurité sur les autoroutes de la province.

"De voir une vie comme ça qui s'éteint... il n'y a jamais aucune bonne raison de mourir dans un accident, mais là on dirait que c'est un peu de notre faute", a laissé tomber Mme Ouellette.

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