NOUVELLES

France : décret sur la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire

09/04/2017 10:40 EDT | Actualisé 09/04/2017 10:43 EDT
SEBASTIEN BOZON via Getty Images
A man carries fake nuclear barrels during a demonstration to demand the closure of Fessenheim nuclear power plant on March 12, 2017 in Fessenheim, eastern France. / AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON (Photo credit should read SEBASTIEN BOZON/AFP/Getty Images)

Le décret autorisant la fermeture de la centrale de Fessenheim, doyenne du parc nucléaire français, a été publié dimanche, au grand dam tant des anti-nucléaire que des syndicats de l'énergéticien EDF, qui dénoncent un "enfumage" et promettent des recours.

Moins d'un mois avant la fin du quinquennat présidentiel, le gouvernement français pourra se targuer d'avoir honoré in extremis un engagement majeur du président François Hollande en actant le principe de la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire du pays.

"L'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim (...) est abrogée", prévoit l'article 1 du texte publié dans le Journal officiel, qui précise toutefois qu'elle sera abrogée "à compter de la date de mise en service de l'EPR (réacteur nucléaire de troisième génération, NDLR) de Flamanville" (nord-ouest), censée intervenir au plus tôt en 2019.

La ministre française de l'Ecologie et de l'Energie Ségolène Royal avait assuré vendredi que ce décret permettant l'arrêt de la centrale serait pris d'ici la fin du mandat de ce dernier, en parlant d'un processus désormais "irréversible".

"Le décret sur la fermeture de la centrale de #Fessenheim est signé et publié ce matin au JO. C'est dit c'est fait #transitionenergetique", s'est félicitée Ségolène Royal dans un tweet.

À la "grande déception" de l'Allemagne, EDF avait obtenu jeudi un nouveau délai dans le processus de fermeture de la centrale quadragénaire, située sur une faille sismique dans l'est de la France, près des frontières avec la Suisse et l'Allemagne.

Jeudi, le conseil d'administration d'EDF a donné son accord pour qu'une demande d'abrogation d'exploiter la centrale soit transmise à l'État. Mais cette demande ne sera faite que "dans les six mois précédant" la mise en service de la centrale nucléaire de nouvelle génération (EPR) de Flamanville, selon EDF.

"Une opportunité a été manquée. Nous attendons du gouvernement français qu'il prenne ses responsabilités et s'assure que la fermeture de la centrale de Fessenheim soit mise en place rapidement", a réagi jeudi Rita Schwarzelühr-Sutter, la secrétaire d'État au ministère de l'Environnement allemand, chargé de la sécurité nucléaire.

Après la publication du décret de dimanche, des syndicats d'EDF ont pour leur part dénoncé une opération de communication, préjudiciable aux 2000 emplois directs et indirects liés à la centrale alsacienne. "C'est un enfumage complet de la part de Ségolène Royal", a réagi auprès de l'AFP Marie-Claire Cailletaud, de la CGT, critiquant un "décret inutile" qui ne fait qu'entériner les décisions prises par un récent conseil d'administration d'EDF.

"L'enfumage continue", a également jugé Martial Château, du réseau d'opposants à l'atome Sortir du nucléaire, considérant que le fait de lier la fermeture de Fessenheim au démarrage de l'EPR permettra à EDF de remettre en cause "sans difficulté" cette fermeture.

En France, les écologistes militent depuis des années pour la fermeture de Fessenheim, en service depuis 1977.

Le nucléaire est la première source de production d'électricité en France, avec une part d'environ 75%. Une loi votée en 2015 prévoit de réduire cette part à 50% à l'horizon 2025.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Dix statistiques sur les déchets nucléaires