POLITIQUE

Le PQ invite les Québécois à manifester leur mécontentement envers Bombardier

06/04/2017 11:34 EDT

Les Québécois devraient "bombarder" leurs députés d'appels dans les prochains jours pour dénoncer les hausses salariales "faramineuses" des dirigeants de Bombardier, ont clamé tour à tour le Parti québécois et Québec solidaire, jeudi, après que quatre motions eurent été rejetées à l'Assemblée nationale.

C'est au tour des citoyens de prendre le relai et de faire pression sur le gouvernement, a dit le leader parlementaire de l'opposition officielle, Pascal Bérubé.

"Ce n'est pas terminé, l'indignation se poursuit, il n'y a pas de signe de ralentissement et les gens sont déçus de la réponse apportée par le gouvernement", a-t-il dit.

Les Québécois peuvent appeler leurs députés, signer une pétition et prendre part à une manifestation prévue dimanche à Montréal, a ajouté Amir Khadir, député de Québec solidaire.

"Il faut bombarder le bureau du premier ministre de téléphones (...) pour lui faire signifier ce qui se passe", a dit M. Khadir, ajoutant qu'une pétition électronique avait déjà amassé 33 000 signatures, ce qu'il a qualifié de "remarquable".

"Rappelons-nous dans les premières semaines il y a quelques années, quand on pressait le gouvernement Charest d'instituer une commission d'enquête (sur l'industrie de la construction), il se refusait, c'était une fin de non-recevoir, on avait l'impression qu'il y avait un blocage total. Mais quand la population s'est soulevée en quelque sorte, a fait pression, le rapport de force a changé", a-t-il dit.

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Mercredi, le gouvernement Couillard a bloqué une nouvelle tentative de l'opposition visant à inciter la direction de Bombardier à renoncer à ses augmentations pour 2016.

La motion de l'opposition officielle en ce sens a été battue à 61 contre 43 lors d'un vote en fin de journée. Les députés libéraux ont dû se lever tour à tour pour voter contre la motion, approuvant donc du même coup les hausses évaluées à 44 pour cent pour le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare.

Rappelons qu'à la suite du tollé, Bombardier a reporté de 2019 à 2020 le versement de la deuxième moitié des 32 millions $ US de hausses prévues au total pour ses hauts dirigeants, tandis que la première moitié, 16 millions $ US, allait cependant être versée comme prévu.

"C'est inacceptable ce qui se produit à l'heure actuelle", a renchéri le député péquiste Alain Therrien, "parce qu'on voit encore une fois les gens qui sont riches s'en mettre plein les poches et c'est de l'argent des Québécois. Chaque Québécois a donné dans ce deal-là 300 $ en moyenne."

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, s'est levée en chambre jeudi pour lire une lettre du Conseil du patronat adressée au chef du PQ, Jean-François Lisée. "Par la présente, nous voulons vous transmettre notre préoccupation réelle à l'égard des dommages collatéraux qui pourraient être causés par le débordement de la joute politique. Poursuivre dans cette veine risque de causer au final plus de tort à l'entreprise, à ses employés, à son image de marque internationale. Nous irions même plus loin. Cela pourrait avoir des impacts plus larges quant à l'appréciation de l'environnement d'affaires au Québec et à notre capacité d'attirer des investissements", a-t-elle dit, en lisant la lettre.

"Vous avez fait le choix de la joute partisane. Nous avons fait le choix des travailleurs (de l'industrie aérospatiale)", a conclu Mme Anglade.

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