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La maternelle 4 ans n'a pas atteint ses objectifs, selon une étude (VIDÉO)

30/03/2017 08:35 EDT | Actualisé 31/03/2017 07:19 EDT

Une première étude sur la qualité éducative de la maternelle quatre ans, depuis son déploiement en 2013, démontre qu'elle n'a pas atteint ses objectifs.

Ceci s'explique par un manque de qualité, selon la psychologue et professeure Christa Japel au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM, qui a piloté l'étude.

«Si on met seulement en place un service sans s'occuper de la qualité, ce n'est pas surprenant qu'au bout de la ligne, on ne rencontre pas nos objectifs.» - Christa Japel, psychologue et professeure au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM

La conclusion de son étude est sans équivoque : l'initiative a raté sa cible, puisqu'elle ne réussit pas à favoriser la préparation à l'école des enfants issus de milieux défavorisés.

« On n'a pas alloué assez d'argent aux enseignants pour mettre en place un milieu qui est stimulant et accessible pour les enfants de quatre ans », explique Christa Japel, qui épingle au passage le manque de formation ciblée des enseignants.

La psychologue ne recommande pas pour autant l'abolition du service. Elle suggère plutôt au gouvernement de bonifier la qualité des services. « J'aimerais bien mettre en perspective le résultat parce que je veux bien qu'il serve à améliorer les maternelles, pas à les abolir, ce serait vraiment dommage », conclut-elle.

Le gouvernement a implanté la maternelle quatre ans en milieu défavorisé pour réduire l’écart entre les enfants de ce milieu et ceux qui sont plus nantis lorsqu'ils commencent leur scolarisation à cinq ans.

Dans leur méthodologie, la psychologue et son équipe ont choisi quelque 300 enfants dans 30 écoles différentes en milieu rural et urbain. L’année suivante, ces mêmes enfants ont été comparés avec un groupe témoin issus des mêmes écoles et des mêmes quartiers, qui n’avaient pas fréquenté la maternelle quatre ans. Les chercheurs n’ont observé aucune différence entre les deux groupes.

La psychologue salue l'énergie et les efforts du personnel de ces maternelles, mais constate que près d’un quart des enseignants n’a pas suivi de cours spécifiques en enseignement préscolaire. Elle note également le manque de personnel et de soutien matériel.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Sébastien Proulx, appuie le programme. « Ce que j'entend c'est que c'est un bon programme et qu'il faut continuer, dit-il, mais s'intéresser à la qualité. C'est ce que je fais en service de garde, c'est ce que je fais à l'école, c'est ce que je vais faire en maternelle tant quatre ans que cinq ans dans notre système. »

Il promet même d'augmenter prochainement le nombre de classes pour les enfants de quatre ans.

Quant au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, il estime que le gouvernement doit réinvestir dans le programme de maternelle quatre ans en milieu défavorisé.


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