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Au bord du Brexit, l'Écosse demandera un nouveau référendum d'indépendance

13/03/2017 08:14 EDT | Actualisé 13/03/2017 08:14 EDT

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé lundi qu'elle allait demander un nouvau référendum d'indépendance fin 2018 ou début 2019, au moment où le gouvernement britannique s'apprête à déclencher le Brexit, faisant planer une menace d'éclatement du pays.

"La semaine prochaine, je demanderai au parlement écossais de m'autoriser à trouver un accord avec le gouvernement britannique pour lancer la procédure qui autorisera le parlement écossais à légiférer sur un référendum d'indépendance", a déclaré Mme Sturgeon à Edimbourg.

"J'estime qu'il est important que l'Ecosse soit en mesure de décider de son futur (...) avant qu'il ne soit trop tard", a ajouté la première ministre et chef des indépendantistes du SNP.

Le gouvernement britannique a aussitôt répondu, jugeant qu'une nouvelle consultation serait un "facteur de division" et créerait "une énorme incertitude économique au pire moment possible".

L'annonce de Nicola Sturgeon, si elle n'est pas une complète surprise, fait ressurgir le spectre d'une division du Royaume. L'Ecosse s'était prononcée à 62% contre la sortie de l'Union européenne en juin dernier, 52% des Britanniques ayant choisi le Brexit.

Un précédent référendum en 2014 s'était soldé par un non à l'indépendance récoltant 55% des voix. Mais selon un sondage BMG publié lundi, 48% des Ecossais y sont aujourd'hui favorables.

Une telle consultation requiert toutefois l'accord du gouvernement conservateur britannique et de la Première ministre Theresa May, qui s'apprête à déclencher le Brexit.

Les députés britanniques réexaminent en effet à partir de lundi après-midi le projet de loi historique autorisant le pays à activer la sortie de l'UE. En cas d'adoption rapide, le divorce pourrait intervenir dès mardi.

- Sujets brûlants -

Approuvé en première lecture par les députés début février et amendé depuis par les Lords, le texte, sauf examen prolongé à la chambre des Communes, pourrait être adopté définitivement par les deux chambres du Parlement dès lundi soir. Une fois approuvé par la Reine, il reviendra à Mme May de notifier la sortie de Londres de l'UE à Bruxelles.

Le ministre du Brexit, David Davis, a exhorté dimanche les députés à ne pas "lier les mains" de Mme May avant l'entame des négociations devant marquer la fin de plus de quarante ans d'une relation tourmentée, les invitant à rejeter les deux amendements déposés par les Lords.

Les membres de la chambre haute du Parlement réclament la protection des droits des trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni et souhaitent que le Parlement ait le dernier mot sur l'accord final avec Bruxelles. Mais il est fort probable que les députés s'opposent à ces amendements.

Theresa May, qui surfe sur une vague de popularité, s'est engagée à activer avant fin mars l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera le compte à rebours des deux années de négociations, suite au référendum du 23 juin ayant décidé le Brexit.

"Nos partenaires européens m'ont fait clairement comprendre qu'ils voulaient aller de l'avant avec les négociations, et moi également", a-t-elle dit jeudi à Bruxelles.

Les dirigeants des 27 autres Etats membres pourraient dès lors se réunir le 6 avril pour un sommet visant à définir des "lignes directrices" des négociations à venir. Les Européens chercheront à faire corps, face à des Britanniques susceptibles d'exploiter les divisions au sein du bloc.

Parmi les sujets brûlants, outre l'avenir de l'Ecosse, figurera notamment la facture de la sortie de l'UE: Bruxelles pourrait exiger des Britanniques jusqu'à 60 milliards d'euros, selon plusieurs sources européennes, un montant correspondant aux engagements déjà pris par Londres en termes de contribution au budget européen.

Le sort des Européens installés outre-Manche devra aussi être tranché: Theresa May refuse pour l'heure de garantir leurs droits avant d'avoir obtenu des assurances similaires pour le 1,2 million de Britanniques vivant dans l'UE.

Les négociations sont censées durer deux ans, mais la tâche sera titanesque pour venir à bout du "divorce le plus complexe de l'histoire", selon l'ancien ministre conservateur William Hague.

Londres et Bruxelles devront se défaire de plus de quatre décennies de relation commune, au moment même où l'UE célébrera le 60e anniversaire du Traité de Rome, censé marquer une nouvelle étape dans la construction européenne.

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