Bertrand Charest aimait mordre les fesses de ses skieuses, dit une victime alléguée

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Une huitième victime alléguée a témoigné au procès de l'ex-entraîneur de ski alpin Bertrand Charest. Elle affirme que l'accusé avait l'habitude de mordre les fesses de ses athlètes « pour rire » sur les pentes de ski, au point où « tout le monde le savait ».

Un texte de Geneviève Garon, avec la collaboration de Julie-Anne Lapointe

Lors d'un anniversaire, dans les années 1990, les entraîneurs de Mia (nom fictif) auraient payé de l'alcool à toute l'équipe. Les jeunes, âgés de 14 à 16 ans, étaient intoxiqués, selon elle.

Vingt-cinq ans plus tard, Mia semble étonnée par ces événements. Les entraîneurs, Bertrand Charest et Charles Auclair, étaient « responsables de nous à l'autre bout du monde, affirme-t-elle. Ils devaient nous protéger des choses auxquelles ils nous ont exposés. »

À propos de Charles Auclair
Charles Auclair est un ancien entraîneur de ski alpin au mont Tremblant, qui a écopé d'un an d'emprisonnement en juillet 2009, à Ottawa, pour avoir posé des gestes de nature sexuelle à l'endroit d'un(e) adolescent(e) alors qu'il était en position d'autorité. Une probation de trois ans lui a aussi été imposée. Il a été inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 10 ans.

« On agace seulement ceux qu'on aime »

Bertrand Charest agissait plus en ami qu'en entraîneur, selon Mia. « Il avait une immaturité que les jeunes aimaient beaucoup. »

Régulièrement, sur les pentes de ski ou dans les chambres d'hôtel, Bertrand Charest se serait amusé à mordre les fesses de ses jeunes skieuses. « Les autres équipes le savaient, c'était complètement normal. Si on se choquait, c'est qu'on n'était pas capable de prendre une blague. » Elle aurait déjà eu un bleu en raison d'une morsure.

À l'époque, Bertrand Charest se serait souvent justifié en affirmant : « On agace seulement ceux qu'on aime. »

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Des gestes et des paroles déplacés

Alors qu’elle n’était même pas âgée de 16 ans, Mia affirme que Bertrand Charest lui posait souvent des questions afin de savoir si elle avait une vie sexuelle ou sur la taille de son soutien-gorge.

«Il me disait que j'avais des fesses de déesse, que j'étais bonne à marier, que je ferais une bonne femme un jour.» - Mia (nom fictif)

Après une course ou un entraînement, Mia raconte que Bertrand Charest lui faisait souvent des câlins qui la rendaient inconfortable. « C'était trop long, trop proche, et c'était souvent suivi d'un bec au coin de la bouche. »

Si elle le repoussait, l'ex-skieuse affirme que l'accusé cessait de l'entraîner. Cette réaction a aussi été décrite par plusieurs autres victimes alléguées.

Une erreur de jugement?

En contre-interrogatoire, l'avocat de la défense, Antonio Cabral, a questionné Mia à savoir si Bertrand Charest pouvait avoir commis des « erreurs de jugement ».

«Je pense que ce n'était pas un manque de jugement. Il savait ce qu'il faisait.» - Mia (nom fictif)

Selon Mia, Bertrand Charest faisait tout pour contrôler ses skieuses. Il interdisait les relations entre coéquipiers et coéquipières et alimentait la rivalité. « On était toutes dépendantes de lui. » L'adolescente avait constamment peur de le décevoir.

Tannée de cet environnement malsain, Mia dit avoir quitté l'équipe pour aller skier ailleurs. Malheureusement, ses performances n'étaient plus à la hauteur. « Je n'arrivais pas à skier sans lui. J'avais perdu confiance en moi. »

Une neuvième victime alléguée devrait témoigner vendredi.

Bertrand Charest fait face à 57 chefs d'accusation de nature sexuelle pour des gestes posés sur 12 skieuses, âgées de 12 à 19 ans, dans les années 1990.

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