DIVERTISSEMENT

Montréal en lumière: le retour de Suuns

08/03/2017 06:05 EST | Actualisé 08/03/2017 06:18 EST

Le groupe montréalais de musique rock-électro Suuns donnera son premier concert dans la métropole québécoise depuis son spectacle-lancement offert en avril 2016. Le rendez-vous est au Club Soda, le 10 mars, dans le cadre de Montréal en lumière. Le chanteur, guitariste et parolier Ben Shemie raconte le plaisir manifeste qu’ont les membres de la formation à «boucler la boucle» chez soi, après une folle aventure de plus de 100 concerts sur la route.

suuns

Suuns a offert au printemps passé un excellent album intitulé Hold/Still, qui a été très bien reçu. Dans la foulée de cette sortie, il avait partagé les nouvelles pièces de l’opus lors d’un spectacle au cabaret La Tulipe, le 20 avril. Après, le quatuor a parcouru l’Amérique et l’Europe, notamment, pour faire rayonner sa musique.

LIRE AUSSI »L'excellent «Hold/Still» du groupe rock-électro Suuns

Une tournée intense

En effet, Suuns a offert une panoplie de spectacles depuis la parution de ce troisième disque. Ce fut une cadence haletante et rassurante à la fois, aux dires de Ben Shemie. «Nous avons été souvent à l’extérieur de Montréal. C’est comme ça, c’est intense. Et c’est bien ainsi. C’est mieux de jouer beaucoup quand le groupe est sur la route. Particulièrement en Europe. Ça coûte cher et ça prend beaucoup d’énergie [d’organiser une tournée de l’autre côté de l’Atlantique].»

C’est d’ailleurs en Europe que la demande est la plus forte pour les concerts de Suuns. Environ 65 % des prestations de Hold/Still ont été livrées dans le vieux continent durant les dix derniers mois, selon le leader du groupe. Mentionnons des participations au Pitchfork festival de Paris (salle La Villette), au festival Primavera Sound (salle Apolo) à Barcelone ou encore au festival Le Guess Who? à Utrecht, aux Pays-Bas. Évidemment, Suuns n’a pas joué que dans des festivals. La formation a aussi attiré les foules au Cabaret Sauvage de Paris ou à La route du rock à Saint-Malo (il y a donné plusieurs concerts au fil du temps). «Mon spectacle préféré de 2016 s’est passé au Berghain, affirme Shemie. C’est très connu comme endroit à Berlin. En plus, la salle était pleine.» À vrai dire, le Berghain est considéré comme le temple de la techno de la capitale allemande.   

Outre cette passion des Européens à l’endroit du travail de Suuns, il y a les Américains.

«Ça marche pas mal aux États-Unis, souligne le chanteur. Nous y étions d’ailleurs la semaine dernière. On a déjà fait les deux côtes [Ouest et Est] plusieurs fois. J’aime beaucoup tourner dans ce pays, même si c’est plus difficile. C’est différent de l’Europe. Les salles sont moins belles, mais elles ont plus de caractère, en général. De toute façon, c’est important de rencontrer différents publics.»

Certes, cette récente tournée a été intense. Or, elle sera légèrement plus courte que celles entourant les précédents albums. «Pour les autres albums, on a fait deux ans de tournée, explique Shemie. Cette fois, ce sera plutôt 18 mois. C’est le début de la fin du cycle Hold/Still pour les spectacles. On a fait tellement de shows… Si tu voulais nous voir, tu en avais l’opportunité. On est même passés plusieurs fois dans les mêmes villes européennes. Pour rejouer encore dans les mêmes lieux, on a besoin d’un incitatif. De toute façon, on veut présenter des nouveaux morceaux.»

La suite

Contrairement au dernier enregistrement, les musiciens de Suuns souhaitent revenir à leurs vieilles habitudes, à savoir réaliser et enregistrer eux-mêmes le futur disque, qu’ils aimeraient proposer au printemps 2018. Rappelons que le groupe avait fait appel au réalisateur américain John Congleton (il a collaboré entre autres avec Swans, St. Vincent, Angel Olsen, Sigur Rós, The War on Drugs, David Byrne, Brian Wilson) pour assurer l’enregistrement de Hold/Still. Le groupe s’était installé dans son studio de Dallas, au Texas, durant quelque temps.

«On a commencé un nouvel album. On ne sait pas encore exactement comment tout ça va se passer pour la production. Chose certaine, on a choisi de superviser la production nous-mêmes. On va louer quelques semaines [des plages d’enregistrement] aux Breakglass Studios, à Montréal. On va engager un ingénieur (Dave Smith ou Jace Lasek, les fondateurs du studio) une seule journée pour qu’il puisse assumer le setup.»

«Le reste du temps, on aimerait se retrouver entre nous. Et aller à notre rythme. C’est plus fun comme ça. C’est génial d’avoir deux semaines avec un réalisateur [chevronné de surcroît]. J’ai aimé mon expérience avec John. C’était old school et romantique. On a appris beaucoup. Mais c’est vraiment prenant. Et quand c’est fini, c’est fini. Cette fois-ci, j’aimerais collaborer avec un réalisateur qui viendrait seulement donner son avis, sans plus. On n’est pas fermés à engager quelqu’un comme ça, de Montréal ou de l’étranger.»

Club Soda

De toute évidence, Ben Shemie et ses acolytes sont impatients de retrouver leurs fans montréalais. En plus, Montréal, c’est la maison pour Suuns. «On n’a pas joué ici depuis un an. On aurait aimé jouer à Pop Montréal, à l’automne, mais on était trop dans le jus avec la tournée.»

«Ce spectacle au Club Soda, annonce un peu la fin de la tournée Hold/Still, même si on continue encore pour quelques mois à donner certains spectacles, dit-il. C’est un wrap up avec nos amis et les membres de nos familles. En comparaison avec l’autre concert donné l’année dernière, ça peut juste être meilleur! On a tellement offert de performances. On maîtrise chaque morceau. Il y aura plus de subtilités. Ce sera certainement plus senti aussi. En plus, la foule est toujours particulière. J’ai toujours hâte de jouer à Montréal. C’est the best! J’espère juste que ce sera assez fort…»

//

Suuns – Club Soda – le 10 mars, dans le cadre de Montréal en lumière.

Sarah Davachi assurera la première partie de la soirée.

INOLTRE SU HUFFPOST

Soirée d'ouverture du festival Montréal en Lumière 2017