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François Fillon a obtenu d'un homme d'affaires un prêt de 50 000 euros

07/03/2017 10:51 EST | Actualisé 07/03/2017 12:35 EST

Le candidat de droite à la présidentielle française François Fillon, fort du soutien arraché à son camp malgré ses déboires judiciaires, tente mardi de relancer sa campagne à moins de cinquante jours d'un scrutin où il est donné battu.

Au lendemain de la fin officielle de la crise politique déclenchée par des soupçons d'emplois fictifs visant sa famille, de nouvelles accusations publiées mardi par l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné pourraient relancer les spéculations sur sa capacité à maintenir sa candidature.

Selon l'édition datée de mercredi du Canard Enchaîné, qui avait déjà révélé fin janvier l'affaire des emplois fictifs, M. Fillon a obtenu en 2013 un prêt de 50 000 euros (environ 71 000 $CAN) de l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, et "n'a pas jugé utile" de le faire figurer dans sa déclaration de patrimoine à la Haute autorité pour la transparence sur la vie publique.

Ce prêt, accordé par celui qui avait déjà fourni un emploi controversé à Penelope Fillon dans une revue littéraire, a été "intégralement remboursé", a affirmé au Canard l'avocat de M. Fillon, Me Antonin Levy, refusant de préciser à quelle date.

Après des semaines de tourmente marquées par des appels insistants à renoncer, François Fillon doit aujourd'hui reconstruire une équipe de campagne laminée par les désertions, rassembler son camp au delà de l'unité de façade et faire face aux juges.

L'objectif majeur vise à reconquérir l'opinion: après avoir fait la course en tête des sondages depuis sa désignation à la primaire de la droite en novembre, M. Fillon, 63 ans, est donné éliminé au premier tour le 23 avril par la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron.

Derrière ce trio de tête figurent le socialiste Benoît Hamon puis le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui ne sont pas parvenus à trouver une entente pour une candidature commune.

Tous les candidats s'exaspèrent de voir cette campagne électorale, à l'issue encore très incertaine, vampirisée par le feuilleton judiciaire de l'affaire Fillon qui a tenu en haleine les Français.

Lundi soir, Benoît Hamon qui peine à imposer ses thèmes novateurs comme le revenu universel ou la transition écologique, a ainsi jugé "incroyablement régressif pour une démocratie que de ne faire campagne que sur les déboires de François Fillon".

"On regrette que tout ce bruit fasse obstacle à la clarté du débat", abonde Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, notant que "l'horloge tourne" pour pouvoir débattre "projet contre projet".

'Serrer les rangs'

Selon la presse mardi, le candidat de la droite a certes remporté une victoire à l'usure en obtenant la veille un "soutien unanime" de son parti après le renoncement de l'ex-Premier ministre Alain Juppé à jouer les candidats de remplacement. Mais, ajoutent les commentateurs, le plus dur reste à faire.

"Si elle veut sauver ce qui peut l’être, la droite doit repartir en campagne, et vite! Et donc serrer les rangs derrière le seul candidat encore debout: François Fillon", juge ainsi le quotidien conservateur Le Figaro.

Le carré de fidèles resté à ses côtés veut croire à une remise en selle immédiate.

"Maintenant, place à ce dialogue entre François Fillon, le candidat, et le peuple de France", a lancé mardi le coordinateur de sa campagne, Bruno Retailleau. Son entourage promet "un discours de mobilisation et de rassemblement de la droite et du centre" lors de son meeting prévu mardi soir à Orléans (centre).

Déjà secoué par les révélations sur des soupçons d'emplois fictifs visant son épouse Penelope et deux de ses enfants, François Fillon a lui-même donné une tournure dramatique à l'affaire en annonçant la semaine dernière qu'il serait convoqué le 15 mars par les juges en vue de son inculpation.

Cette annonce, lors d'une conférence de presse suivie par des journalistes du monde entier, a provoqué une cascade de désertions dans son camp dont son directeur de campagne, son conseiller à l'international, son trésorier et plus de 300 élus.

Mais le secrétaire général de son parti Les Républicains, Bernard Accoyer, assure qu'il y a déjà "un certain nombre de contacts avec ceux qui s'étaient éloignés" face au système de défense adopté par le candidat qui a crié à "l'assassinat politique" et mis en cause l'impartialité des juges.

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